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Coronavirus : le cri de détresse des médecins-chefs des hôpitaux des provinces de Brabant wallon, Hainaut et Namur

28 oct. 2020 à 15:29Temps de lecture2 min
Par Geoffroy Libert

C’est un véritable cri de détresse, mais aussi d’impuissance, que lancent ce mercredi les médecins-chefs des hôpitaux des provinces de Brabant wallon, Hainaut et Namur. Ils ont rédigé une lettre ouverte adressée à tous ministres ayant des compétences touchant à la Santé à tous les niveaux de pouvoir. Ensemble, ils soulignent l’insuffisance des moyens dont disposent les hôpitaux wallons face à la situation sanitaire actuelle.

Des hôpitaux en manque de moyens

Dans cet appel au monde politique, les médecins mettent en garde contre le danger que représente l’insuffisance des moyens dont ils disposent pour faire face à la deuxième vague de la pandémie. Les signataires notent dans leur communiqué que les hôpitaux et leur personnel ne parviennent pas "à poursuivre les soins adéquats, qualitatifs et éthiques, non seulement aux patients atteints d’une infection à Covid-19, mais aussi à tous les autres patients, conformément à leur mission". Et d’en tirer une conclusion alarmante : "Actuellement, nos hôpitaux ne sont plus en capacité de soigner tous les patients".

Des soins typiques d’une médecine de catastrophe

Une situation bien expliquée par le docteur Xavier Muschart, médecin-chef du CHU UCL Namur et signataire de la lettre ouverte : "Pour le moment, nous arrivons à éviter une situation encore plus chaotique grâce à la mobilisation du personnel soignant, mais la situation est extrêmement préoccupante. Les soins idéaux, de qualité, ne sont pas réalisables pour différentes raisons, comme le manque de personnel ou de matériel spécifique". Une situation dans les institutions hospitalières provinciales qui génère "le spectre à très brève échéance de soins de qualité dégradée, typique d’une médecine de catastrophe".

Des décisions urgentes s’imposent

Les médecins-chefs réclament cinq décisions immédiates afin d’éviter une situation qui les obligerait à devoir procéder à un tri des patients, comme cela avait été le cas lors de la première vague :

  1. L’harmonisation et l’intensification des mesures de protection de la population
  2. Une régulation immédiate centralisée à l’échelle nationale (et internationale si nécessaire) de la répartition des patients dans les différents hôpitaux de toutes les régions du pays
  3. Une mise en pratique et un contrôle de la stratégie de dispersion, régulation et transfert des patients pour les hôpitaux belges
  4. Le renfort d’une main-d’œuvre externe, en l’occurrence de la protection civile et de l’armée
  5. L’appel national aux ressources professionnelles de la santé ayant terminé leur carrière ou n’étant plus engagées dans la filière des soins et, au besoin, un pouvoir de réquisition

►►► À lire aussi : L’évolution en temps réel de l’épidémie de coronavirus en Belgique en chiffres et graphiques


 

En attente de gestes forts pour sauver des vies

Par cette démarche commune des hôpitaux des trois provinces, les médecins-chefs espèrent peser avec plus de force sur les décideurs politiques. Et, d’après le docteur Xavier Muschart, il y a urgence : "Nous voulons être entendus rapidement ! Nous avons besoin de décisions immédiates et fortes, pour sauver ne fût-ce qu’une seule vie".

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