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Coronavirus : le gouvernement bruxellois n'exclut pas de nouvelles mesures sanitaires dans la capitale

Coronavirus : le gouvernement bruxellois n'exclut pas de nouvelles mesures sanitaires dans la capitale
18 août 2020 à 07:42 - mise à jour 18 août 2020 à 15:31Temps de lecture3 min
Par RTBF avec Agences

Le port du masque est imposé à Bruxelles depuis mercredi dernier à toute personne âgée de 12 ans ou plus. Mais, si elle est utile, la mesure ne suffit pas à endiguer le rebond de l'épidémie dans la capitale selon le groupe d'experts Celeval, qui assiste le gouvernement dans les mesures à adopter pour lutter contre le coronavirus. Ces experts demandent donc qu'au port du masque obligatoire, s'ajoutent des mesures complémentaires. 

Contacté, le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort explique ne pas "exclure de nouvelles mesures". "Mais à l'heure d'aujourd'hui, rien n'est encore décidé", nous ajoute-t-on. Des discussions, des réunions se tiennent tous les jours avec les autorités compétentes pour analyser l'évolution de l'épidémie à Bruxelles et l'impact du port du masque généralisé. Un impact difficile à estimer nous dit-on à seulement quelques jours de l'application de cette nouvelle règle dans les rues. Mais il y a bien "des inquiétudes et des réflexions sur d'éventuelles mesures"

Sur Radio 1 ce mardi matin, la ministre de la Santé au sein du collège de la Commission communautaire commune, Elke Van den Brandt (Groen), a déjà annoncé de façon plus catégorique, que si les chiffres de l'épidémie de coronavirus dans la capitale ne faiblissent pas, de nouvelles mesures seront mises en place pour infléchir la courbe des contaminations. Pour l'écologiste, les mesures actuelles doivent également être maintenues. Et d'ajouter, elle aussi, qu'en cinq jours, l'impact de l'obligation de porter un masque en rue et dans les lieux privés accessibles au public ne peut être mesuré. "Pour cela, il faut généralement attendre deux semaines", ajoute-t-elle. "Cette mesure doit être respectée et, pour le moment, l'important est de veiller à ce qu'elle le soit", souligne l'écologiste.

Quelles nouvelles mesures? 

Selon nos informations, les autorités bruxelloises subissent un forte pression pour mettre en place de nouvelles mesures à l'instar de celles qui ont été décidées à Anvers fin juillet. Des mesures comme un couvre-feu qui, dans la province anversoise, débute à 23h30. Mais d'une part, les experts ne sont pas unanimes concernant l'impact positif d'un couvre-feu sur l'évolution de l'épidémie, et d'autre part, les autorités bruxelloises craignent que cela n'ait des conséquences dévastatrices au niveau socio-économique et psycho-social. Ce ne serait donc pas ce type de changement qui se profile. 

L'une des pistes envisagées est plutôt de prendre des mesures au niveau local, dans les communes les plus impactées par le coronavirus. "Les autorités locales ont aujourd'hui des chiffres plus précis concernant les foyers et la situation dans les communes", nous assure-t-on du côté du cabinet de Rudi Vervoort. Ces nouvelles mesures pourraient également être décidées avant même le Conseil national de sécurité de jeudi. 

Sur la même longueur d'onde, le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) souhaite renforcer davantage le suivi des clusters, des foyers de contamination. Ceci permettrait de cibler certains quartiers à Bruxelles dans lesquels les autorités accentueraient leurs campagnes de prévention. Une opération loin d'être simple puisque ces foyers sont souvent concentrés au sein de noyaux familiaux et ne seraient, du coup, pas forcément représentatifs de la réalité de l'épidémie au sein du quartier ciblé. 

Au-delà des campagnes de prévention, un testing effectué lui aussi davantage à des niveaux locaux pourrait être mis en place. Les quartiers les plus touchés disposeraient d'une antenne ouverte pour effectuer des tests. Mais là aussi, la concrétisation d'un tel projet, notamment parce qu'il n'y a aucune base légale à cela, risque d'être difficile nous indique-t-on. 

Enfin, les autorités bruxellois devront également définir de nouveaux repères leur permettant d'évaluer la gravité de la situation dans la Région. Car si avant, la capacité d'accueil en soins intensifs servait à savoir s'il fallait ajuster les mesures sanitaires, il est aujourd'hui plus compliqué de s'y référer tant le nombre d'hospitalisations est faible par rapport aux mois derniers. Reste que ce rebond important à Bruxelles inquiète. Une nouvelle réunion entre les autorités de la Région bruxelloise devrait se tenir avant le Conseil national de sécurité de jeudi pour déterminer si de nouvelles mesures seront prises dans l'immédiat. 

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