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Coronavirus : les galeries d'art face à la crise

Coronavirus : les galeries d'art face à la crise
08 oct. 2020 à 14:09Temps de lecture2 min
Par Valentin Boigelot

Loin d'être des besoins de première nécessité, en ces temps de crise, les œuvres d'art n'ont plus la cote. De nombreux collectionneurs préfèrent attendre avant d'acheter. Résultat : malgré leur réouverture, les galeries d'art voient très peu de visiteurs et connaissent d'importantes difficultés financières. Certaines sont même très inquiètes. "C'est beaucoup plus que préoccupant", détaille Amaury de la Moussaille qui tient la galerie Flore à Ixelles. "L'impact du coronavirus est colossal. Les collectionneurs étrangers n'osent plus se déplacer jusqu'en Belgique. Certains ne sont pas autorisés à le faire, d'autres craignent de venir et de ne pas pouvoir repartir". 

Une inquiétude partagée par de nombreux galeristes. Pour Alain D'Hooghe, fondateur de la Box Gallerie, consacrée à la photographie, "Il ne faudrait pas un nouveau confinement. Ce serait catastrophique, probablement même que ce serait un coup de grâce pour une galerie comme la mienne. Plus généralement, ce serait très dur pour tout le secteur culturel".

 

 

Des oeuvres invendables via internet

Pour apprécier cette œuvre, il faut nécessairement l'avoir devant soi

Certains tableaux, généralement très demandés, ne trouvent aucun acquéreur. Une situation d'autant plus difficile que certaines œuvres s'avèrent impossibles à vendre via internet. "Il y a de nombreuses œuvres qui ne s'y prêtent pas du tout", explique Amaury de la Moussaille, "Toute la subtilité de certains tableaux par exemple, leur finesse et les émotions qu'ils suscites sont imperceptibles via un écran d'ordinateur ou de smartphone. Rien ne remplace la présence physique et le contact direct avec l'œuvre d'art".

Le constat est le même dans de nombreuses autres galeries. Pour ce secteur, le présentiel est particulièrement important. Or de nombreux évènements tels que des foires, qui attirent généralement de nombreux acheteurs potentiels, ont été annulés. Un véritable coup dur pour le secteur, qui tente tant bien que mal de trouver des solutions pour sortir de cette crise sans fin.

Se tourner vers de nouveaux publics

Les galeristes tentent de séduire de nouveaux profils

Pour pallier ces difficultés, les idées ne manquent pas. A commencer par celle d'attirer un nouveau profil d'acquéreur. Quitte à proposer des œuvres dix fois moins coûteuses qu'habituellement. Alain D'Hooghe raconte la stratégie qu'il a mise en place : "J'ai essayé de rassembler d'autres œuvres, toujours de qualité mais qui demandent un investissement moins important. Là, pour le moment, on est plutôt à quelques centaines d'euros plutôt que quelques milliers d'euros".

Il y a donc actuellement de nouvelles opportunités pour des budgets moins importants. Mais les galeristes visent aussi des professions qui ont une sensibilité artistique. Ainsi, pour Lise Coirier, de la galerie Spazio Nobile, "On essaye aussi d'approcher les architectes et les architectes d'intérieur, pas seulement les collectionneurs qui quelque part sont dans le même cas que nous, assez confinés et en télétravail. On essaie ainsi d'avoir plus de projets".

Une note d'espoir

Face à la crise, les galeristes doivent donc faire preuve de créativité. Pour survivre, il est nécessaire d'ouvrir de nouveaux horizons. Néanmoins, cette période est teintée d'un peu d'espoir. Car elle est aussi propice à la créativité. "Finalement, pour les artistes, c'est une période qui leur permet d'explorer davantage, d'expérimenter", explique Lise Coirier. 

C'est sans doute le seul réel effet positif du coronavirus sur ce secteur : de nombreuses nouvelles œuvres d'art devraient bientôt voir le jour. De quoi peut-être susciter un regain d'intérêt du marché.

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