Coronavirus: ne pas confondre test rapide et autotest à la fiabilité et l'efficacité limitées

Les autotests ne doivent pas être confondus avec les tests rapides.

© JUSTIN TALLIS - AFP

23 sept. 2020 à 09:43 - mise à jour 24 sept. 2020 à 15:12Temps de lecture3 min
Par Céline Biourge

Depuis le week-end dernier, les autotests sont autorisés à la vente en Belgique (ils avaient été interdits dès le mois de mars). Vu les files d’attente devant les centres de dépistage et les délais parfois très long avant d’avoir les résultats, certains sont ou seront sans doute tenté d’utiliser ces autotests. Mais attention, avant de l’utiliser, et même de l’acheter, mieux vaut savoir ceci :

Qu’est-ce qu’un autotest ?

L’autotest est un dispositif médical que le patient peut réaliser par lui-même. Donc seul, à la maison, par exemple. Généralement, il s’agit de se prélever une goutte de sang que l’on applique sur une petite bande imprégnée de réactifs et qui au bout d’un certain temps affiche si on est positif ou non, un peu comme les tests de grossesse.

Mais, attention, et c’est là toute la nuance, ces autotests ne vous disent pas si vous êtes infectés ou non par le COVID-19. Ils vous permettent juste de savoir si vous avez développé des anticorps au cas où vous auriez été en contact avec le virus.

Des autotests à ne pas les confondre avec les tests rapides

Il est primordial de ne pas confondre les autotests avec les tests rapides, affirme Alain Chaspierre, porte-parole de l’association pharmaceutique belge (APB) : "Un test rapide, c’est un test d’orientation de diagnostic rapide qui est réalisé par un professionnel de la santé qui interprète les résultats. Donc, ce n’est pas réalisé par le patient lui-même".

D’ailleurs, "plusieurs de ces tests rapides sont validés aujourd’hui par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé en Belgique (AFMPS)", comme de nouveaux tests salivaires. Ce qui n’est pas le cas des autotests. Actuellement, aucun d’entre eux n’est certifié (c’est-à-dire qu’il comporte le marquage CE avec 4 chiffres, signe de fiabilité du produit) sur le marché belge.

De plus, dans les tests rapides, contrairement aux autotests, certains peuvent nous dire si on est malade. Autrement dit, il en existe deux sortes : ceux qui testent si on est positif ou non au COVID-19 et ceux qui mesurent nos anticorps. Ces tests rapides ont notamment déjà été utilisés dans des homes, des hôpitaux et des aéroports.

Les tests rapides peuvent nous dire si on est positif ou non au COVID-19, ce qui 'est pas le cas des autotests.
Comme les auotests, les tests rapides peuvent mesurer la présence d'éventuels anticorps, mais pas seulement...

Une efficacité et une utilité limitées

Non seulement, ces autotests ne servent qu’à mesurer les éventuels anticorps, mais aussi, ils ne sont pas fiables à 100%. Beaucoup moins encore que les tests PCR, sérologiques et antigéniques.

Et cela même si, on nous dit que leur fiabilité s’est améliorée ces dernières semaines.

"Si c’est positif, c’est positif, mais il pourrait y avoir beaucoup de faux négatif puisque tous les gens qui ont été en contact avec le virus ne développent pas nécessairement une immunité détectable par les autotests et on ne sait toujours pas combien de temps on a une immunité", explique Paul De Munck, médecin généraliste et président du GBO, groupement belge des omnipraticiens.

"A ce stade, qui peut affirmer à 100%, parce que vous avez des traces d’anticorps par un autotest dans votre sang, vous êtes strictement plus du tout susceptible d’être contaminé ? Personne ne peut encore affirmer ça ! On pense que… Mais est-ce que c’est certain à 100% qu’on ne peut pas refaire une nouvelle contamination ?", ajoute-t-il.

Notons que dans le mode d’emploi de ces autotests, il est mis qu’il faut contacter son médecin ou un professionnel de la santé en cas de réponse positive. Et ça, pour éviter les mauvaises interprétations.

Ne pas acheter ces autotests n’importe où

Tous les professionnels de la santé à qui nous avons posé la question nous le disent : n’achetez pas cet autotest sur internet, mais chez le pharmacien, normalement beaucoup plus fiable.

"Le pharmacien, lui, a déjà un rôle important", explique Marnix Denys, directeur de beMedTech, la fédération belge de l’industrie des technologies médicales. "En principe, si le pharmacien fait son job comme il le faut, lui, il sélectionne vraiment les tests qui, selon les pharmaciens, sont les plus valables".

Précisons qu’aujourd’hui aucune des pharmacies que nous avons contactées ne propose à la vente ces autotests. Seule une nous a déclaré qu’elle étudiait les produits.

Reste que s’il n’y a pas de gros dangers à utiliser ces autotests, leur efficacité est quand même assez limitée. Ils pourraient, par exemple, servir pour des études scientifiques dont l’objectif serait d’analyser le niveau d’immunité d’une population face au coronavirus.

Journal télévisé : Le Scan 11/05/2020

Les autotests pour le coronavirus sont-ils fiables ?

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