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Coronavirus : "Vaccinons aussi les personnes de moins de 50 ans si ça permet de passer l’hiver plus tranquillement" explique Marius Gilbert

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Le revoilà au-devant de l’info alors qu’on l’avait presque oublié avec la chaleur de l’été : le Covid-19 est de retour…

Les derniers chiffres le prouvent, la vague automnale se renforce jour après jour – on est en ce moment à environ 3000 nouveaux cas et une centaine d’hospitalisations chaque jour. Pas de quoi engorger les hôpitaux et pas question non plus pour l’heure de prendre des mesures.

Alors comment appréhender ce nouveau pic de contaminations ? Marius Gilbert, épidémiologiste et directeur de Recherches FNRS à l’ULB nous aide à y voir plus clair.

On peut s’attendre à une reprise des hospitalisations, mais moins forte que les vagues précédentes…

Selon Marius Gilbert, même si l’inquiétude de voir une vague de l’ampleur de ce que l’on a connu par le passé est présente, il faut être rassurant : "On n’est plus dans le même contexte en termes de protection collective, conférée par différentes campagnes de vaccination et par les vagues d’infection. Il faut rappeler que l’immunité diminue un peu avec le temps, d’où les rappels de vaccination utile aux personnes de plus de 50 ans. Les personnes à l’hôpital aujourd’hui le sont car elles ont un vrai besoin d’hospitalisation". Il ajoute " On peut s’attendre à une reprise de ces hospitalisations, mais dans une amplitude comparable aux vagues qu’on a connues dans les quelques mois qui ont précédé l’été".

Des symptômes qui évoluent

La fièvre et la perte d’odorat ne seraient plus les symptômes les plus fréquents, mais bien le mal de gorge. "Ces différences de symptômes peuvent être expliquées par le fait qu’on est mieux vacciné aujourd’hui et par l’évolution biologique du virus lui-même" explique-t-il. "Son affinité à infecter telle ou telle cellule peut expliquer ces variations". Mais pas question de tirer conclusions générales, les différences entre les individus sont trop importantes.

"Par contre, chaque fois que l’on a des symptômes proches de ceux-ci, on peut suspecter un covid. Il est donc préférable de prendre des mesures de précautions pour éviter de contaminer les autres. J’entends rester chez soi et se faire tester – il existe des tests bon marché."

Maintenir une attitude responsable

"Le covid reste une maladie sérieuse. On ne doit pas oublier qu’on a autour de nous des personnes dont la vaccination remonte parfois à fort longtemps ou dont le système immunitaire répond peu ou mal à la vaccination" explique Marius Gilbert. "Pour ceux qui ont une bonne couverture vaccinale, la maladie est devenue beaucoup moins grave, mais on ne doit pas oublier qu’on peut croiser quelqu’un pour qui le covid pourrait s’avérer nettement plus sérieux".

Il ne faut pas avoir honte de ressortir le masque

L’épidémiologiste nous rappelle que nous sommes habitués au masque, notamment dans les transports en commun. Pour lui, son utilisation est utile et avérée : "Il ne faut pas avoir honte de ressortir le masque parce qu’on est dans une période de circulation du virus plus intense, parce qu’on est soi-même plus vulnérable ou parce qu’on a des symptômes qui feraient penser à ceux du covid".

Un vaccin qui évolue

"Pour l’instant le vaccin est un vaccin qui a été déjà adapté. Il ne l’est pas au BA.5, mais à un variant qui n’est plus le variant originel de Wuhan. Donc le vaccin a tenu compte d’une certaine évolution génétique depuis la toute première vague d’infection". Marius Gilbert explique qu’au fil du temps, les variations génétiques du virus font que des variants échappent un peu à protection immunitaire donnée par les vaccins. "Comme avec les grippes et ses rappels de vaccins, on se dirige sans doute vers un modèle un peu analogue où, périodiquement, on sera amené à faire des rappels pour réactiver la protection qu’on a face aux variants en circulation".

Pour cette quatrième dose, l’avis du Conseil Supérieur de la Santé a été de donner priorité aux personnes de 50 ans et plus. Marius Gilbert rappelle tout de même que "certains jeunes font un covid où ils sont vraiment malades pendant une semaine. S’ils peuvent en réduire les effets avec un vaccin qui, rappelons-le, est globalement très très inoffensif, ça peut être une bonne chose pour traverser l’hiver plus tranquillement".

Retrouvez chaque vendredi de 17h à 19h, Sébastien Pierret et Patrick Weber dans "On n’a pas fini d’en parler" sur VivaCité

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On n'a pas fini d'en parler

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