Tennis

Coupe Davis : Deux juniors, dont Gilles-Arnaud Bailly, intégrés à l'équipe belge, pour apprendre

Gilles-Arnaud Bailly, invité dans l’équipe belge de Coupe Davis

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Cette semaine, à Hambourg, l’équipe de Coupe Davis de Johan Van Herck a décidé d’inviter deux juniors à intégrer le "Team Belgium", pour déjà voir comment se passait une rencontre internationale de haut niveau. Gilles-Arnaud Bailly (bientôt 17 ans) et Alexander Blockx (17 ans) ne font pas officiellement partie de l’équipe, qui ne peut être composée que de cinq joueurs. Mais ils se voient offrir l’occasion d’apprendre, de voir ce qui se passe dans les coulisses, et de s’entraîner avec les professionnels.

Une belle récompense, pour ces deux garçons, qui arrivent tout droit de New York, où ils ont disputé l’US Open. Gilles-Arnaud Bailly a disputé deux finales, cette saison, dans des tournois majeurs, à Roland-Garros et aux Etats-Unis. Alexander Blockx vient d’atteindre les quarts de finale du dernier tournoi du Grand Chelem de l'année. Il avait joué un troisième tour à Wimbledon, et un deuxième tour à Roland-Garros.

Rencontre avec Gilles-Arnaud Bailly…

Gilles-Arnaud, cela t’a fait quelque chose, quand tu as enfilé ce sweat-shirt "Belgium Davis Cup", il y a quelques jours ?

Oui, c’est une sensation incroyable d’être ici, et d’avoir la chance d’être dans cette équipe, de voir les matches, de s’entraîner avec les joueurs. C’est une super-expérience.

Gilles-Arnaud Bailly et Alexander Blockx, à Hambourg

Vous êtes tous les deux là pour apprendre. Mais que peut-on apprendre ?

Ici, je peux voir les autres styles de jeu, comme celui de Zizou Bergs. Et quand je regarde David Goffin, c’est très enrichissant. J’ai un peu le même jeu que lui, j’adore sa façon de jouer, il prend la balle très tôt. J’essaie de voir comment il bouge sur le court, comment il frappe, ce qu’il fait de bien. J’ai déjà beaucoup appris, lors des premières rencontres des Belges. Ok, cela n’a pas été une réussite, mais David jouera peut-être des meilleurs matches vendredi et samedi.

Et on ne voit pas si bien ce genre de choses quand on regarde les matches à la télévision ?

On peut apprendre, oui, mais c’est un peu plus difficile. Ici, on voit le joueur de près, on voit la trajectoire de la balle, c’est très différent.

Et puis, on voit ce qui se passe à l’intérieur d’un groupe, et on écoute les conseils de Johan Van Herck…

Pendant les matches, je l’ai vu discuter de la tactique, avec les membres de son staff. C’est très important pour moi de voir cela, d’entendre ce qu’il dit, de comprendre ce qu’il tente de faire. Et c’est intéressant d’assister à son speech dans le vestiaire, après une défaite. J’aime être présent pour tout cela.

Gilles-Arnaud Bailly avec David Goffin, à Hambourg

Et tu constates sans doute aussi la différence qu’il y a encore entre toi et les professionnels…

Oui, et il est très important que je reste les pieds sur terre. J’ai encore un très long chemin à parcourir, pour y arriver. Je vois une grande différence entre Zizou, qui est top 150, et moi. Et il y a encore une différence entre lui et David. Je sais que je dois encore travailler très dur, pour arriver, peut-être, à ce niveau-là. On verra où j’en serai, dans quelques années.

Que représente la Coupe Davis, pour toi ? Tu avais douze ans, quand la Belgique a joué la première de ses deux finales, à Gand. Comment avais-tu vécu cela, à l’époque ?

J’avais vu David et Steve jouer, j’avais vu le double. C’était incroyable. Je me souviens que quand je m’entraînais, et que des matches de Coupe Davis étaient retransmis à la télé, je quittais le court, pour voir les rencontres. Et maintenant, de vivre cela, je n’aurais jamais pu en rêver. Et fun jour la jouer, la Coupe Davis, ce serait incroyable.

Gilles-Arnaud Bailly, récent finaliste de l'US Open, chez les juniors

On va revenir sur ce qui vient de se passer à New York. Tu as joué ta deuxième finale, dans un tournoi du Grand Chelem. Est-ce que là, tu restes sur la déception de ces deux défaites, ou la joie d’avoir joué ces deux finales ?

C’est plutôt la joie. Mais c’était quand même dur de gérer la deuxième finale. J’ai eu beaucoup d’opportunités. J’ai eu deux fois le break dans le premier set, et j’ai servi pour le gagner. Dans le deuxième set, j’ai vraiment très bien joué. Dans le troisième set, il a élevé son niveau. Lors de ma première finale, à Roland-Garros, j’étais surtout content de l'avoir jouée. Lors de ma deuxième, j’avais plus d’expérience. Je me dis que c’est incroyable, ce que j’ai fait, mais il y a quand même de la déception, d’avoir perdu cette finale de l’US Open.

Peut-on dire que le fait d’avoir été en finale à deux reprises est une garantie que tout se passera bien, pour toi, dans les prochaines années ? Ou il vaut mieux ne pas s’emballer ?

Il ne faut surtout pas s’emballer. Mon coach me l'affirme, il est très important de rester les pieds sur terre. Il me dit d’encore beaucoup travailler. Etre la meilleure version de moi est très important. Il y a beaucoup de juniors qui ont été numéro un ou numéro deux, et qui ne font rien du tout plus tard. Il y en a bien sûr aussi qui réussissent, comme Ruud et Tsitsipas. Ils étaient au top dans les juniors, et ils sont maintenant au top à l’ATP. Cela ne veut rien dire pour l’avenir. Je dois en tout cas travailler, et le meilleur arrivera peut-être.

Toutes les expériences que tu vis depuis quelques semaines te prouvent sans doute que c’est vraiment cela que tu veux faire, jouer au tennis…

Oui, c’est vraiment cela. Quand je dois retourner à l’école, ce n’est pas facile.

Carlos Alcaraz a deux ans de plus que toi, et il vient de gagner l’US Open. Tu le connais un peu ? Tu t’es parfois retrouvé dans les mêmes tournois que lui ?

Pour être honnête, je ne le connais pas du tout. Mais au printemps dernier, j’ai gagné un tournoi à Villena, en Espagne. Et lui, il l’avait gagné trois ans avant. Je m’étais dit que c’était quand même bien, ce que j’avais fait. Mais quand on voit où il est maintenant et où je suis moi, c’est une énorme différence. C’est incroyable, de voir les progrès qu’il a faits. Ca fait rêver.

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