Coupe du Monde 2022 : les travailleurs immigrés au Qatar toujours victimes d'abus, selon Human Rights Watch

Coupe du Monde 2022 : les travailleurs immigrés au Qatar toujours victimes d’abus, selon Human Rights Watch
24 août 2020 à 08:06 - mise à jour 24 août 2020 à 08:06Temps de lecture2 min
Par Belga

Les travailleurs immigrés au Qatar sont toujours exploités par des employeurs qui les menacent d’expulsion, ne leur versent pas leur salaire ou font des retenues, a dénoncé Human Rights Watch dans un rapport publié lundi.

Des abus persistent malgré l’engagement du Qatar à réformer sa législation du travail, qui fait régulièrement l’objet de critiques concernant les conditions de travail des immigrés, notamment dans le cadre des chantiers du Mondial-2022 de football.

Les travailleurs immigrés représentent plus de 90% des 2,75 millions d’habitants du Qatar.

"Malgré quelques réformes ces dernières années, la pratique des salaires retenus et impayés, ainsi que d’autres abus de rémunération, est persistante et généralisée chez au moins 60 employeurs et entreprises du Qatar", a relevé HRW dans un communiqué.

L’ONG a interrogé 93 travailleurs immigrés, employés par plus de 60 sociétés ou individus, et a consulté des documents officiels et des rapports pour effectuer son enquête.

Doha a pris des mesures pour protéger les travailleurs, dont la création d’un système électronique de protection des salaires visant à détecter les impayés. Mais son efficacité a été entachée par de nombreux cas de grandes entreprises n’ayant pas versé des salaires.

"Je meurs de faim, ma famille à la maison meurt de faim", a confié à l’ONG un gardien de sécurité ougandais qui n’aurait reçu qu’un mois de salaire de 329 dollars (environ 278 euros) entre septembre et décembre 2019.


►►► À lire aussi : Coupe du Monde 2022 : pour Amnesty international, le Qatar exploite les travailleurs migrants


Le Qatar est l’un des rares pays qui devrait dégager un surplus budgétaire en 2020 selon des prévisions mais la pandémie de nouveau coronavirus a affecté l’économie et laissé de nombreux employeurs incapables de payer leurs employés.

Doha a annoncé en mars une aide de 75 milliards de rials (63,5 milliards d’euros) aux entreprises, dont 3 milliards pour couvrir les salaires. Mais "les abus de rémunération ont encore empiré depuis le Covid-19", a souligné HRW. "Certains employeurs se sont emparés du prétexte de la pandémie pour retenir des salaires ou refuser de payer les traitements dus aux travailleurs qui sont détenus et rapatriés de force".

L’ONG a appelé Doha à mettre en œuvre les recommandations de l’Organisation internationale du travail, notamment l’introduction de jugements accélérés pour les affaires de non-versement de salaires.

Les autorités qataries ont affirmé que HRW "avait intentionnellement trompé les lecteurs de son étude tout en portant préjudice à ceux qu’il prétend soutenir", affirmant qu’elle contenait des inexactitudes et ne reflétait pas les conditions actuelles.

"Presque aucun individu venant travailler au Qatar ne subit d’abus" concernant le paiement des salaires, a affirmé le service de communication du gouvernement dans un communiqué, ajoutant que "les cas isolés […] ont diminué avec les lois ayant apporté un changement durable et fondamental".

Des chantiers qui font polémique au Qatar, sujet JT du 1er mars 2020:

Qatar 2022 : des chantiers qui posent question

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

L’Europe ouvre son marché à Qatar Airways : un accord aérien équitable ou déséquilibré ?

Monde

Amnesty appelle le Qatar à enquêter sur la mort de travailleurs migrants sur les chantiers du Mondial

Articles recommandés pour vous