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Cour d’appel de Bruxelles : le procès d’agents pénitentiaires prévenus pour traitements inhumains débutera mercredi

La cour d’appel de Bruxelles examinera, dès mercredi matin, le dossier relatif à des traitements inhumains commis sur des détenus à la prison de Forest, dont sont soupçonnés plusieurs agents pénitentiaires. En première instance, en mars 2019, le tribunal avait établi la plupart des faits dénoncés et avait prononcé des peines entre deux et 20 mois de prison avec sursis.

L’enquête dans cette affaire avait débuté en 2015 après que des plaintes eurent été déposées par des détenus pour violences répétées, perpétrées par des gardiens, à la prison de Forest. Les agents visés par les plaintes étaient alors en service depuis plusieurs années dans l’aile D et à l’annexe psychiatrique de la prison. Pendant deux ans au moins, c’est l’omerta qui a été la règle parmi les agents, mais en 2015, à la suite des plaintes, les faits ont été dénoncés.

Insulter, humilier, provoquer…

Surnommés les "SS" par des détenus, des agents auraient considéré comme un jeu le fait de les insulter, de les humilier ou de les provoquer, organisant des paris sur le nombre de prisonniers qu’ils parviendraient à envoyer en cellule d’isolement sur une journée. Ils auraient aussi coupé régulièrement l’électricité ou fermé l’eau des douches alors que les détenus étaient en train de se laver.

En première instance, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait estimé que 14 des 21 agents prévenus étaient coupables de plusieurs des faits dénoncés par le ministère public et la partie civile. Il avait prononcé à leur encontre des peines entre deux et 20 mois de prison avec sursis.

Un agent surnommé "Hitler"

Le ministère public avait requis des peines beaucoup plus sévères, entre six mois de prison, notamment un agent qui était surnommé "Hitler" par les détenus, et cinq ans de prison pour quatre autres gardiens. Il ne s’était cependant pas opposé à une suspension du prononcé pour deux agents qui avaient alerté les médecins quant à l’état de santé alarmant d’un détenu atteint de troubles psychiques.

Dans ce même dossier, une directrice de la prison a également été reconnue coupable de négligence dans l’entretien d’une personne vulnérable, pour avoir laissé à l’isolement un détenu dont l’état physique et mental était critique. Elle a bénéficié de la suspension du prononcé en première instance, mais elle a fait appel. "Dire que ma cliente a été négligente, c’est demander l’impossible à des directeurs de prison qui disent depuis des années qu’il n’y a pas suffisamment de gardiens, de médecins, d’infirmiers et que les prisons sont surpeuplées", avait commenté son avocat, Me Dimitri de Béco, à l’issue du jugement.

Sur le même thème : JT du 13/04/2022

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