Couverture, équipement et capacités financières sont les principaux freins au DAB+

© © Tous droits réservés

Les Belges écoutent encore la radio principalement via les ondes FM mais le DAB+, son "équivalent" numérique (gratuit et sans besoin de connexion internet), gagne peu à peu du terrain depuis son lancement en novembre 2019. Pourtant, plusieurs freins subsistent encore à son déploiement, en particulier pour les petites radios indépendantes, ressort-il d'un débat retransmis en ligne mercredi à l'occasion du "Digital Radio Day 2022".

Les ondes FM recueillaient l'an dernier 63% des audiences radio en Fédération Wallonie-Bruxelles et 67% en Flandre, selon des données récoltées par maRadio.be, le consortium réunissant l'ensemble des radios belges francophones privées et publiques autour de la radio numérique.

Le numérique progresse mais l'analogique domine toujours

Toutefois, le numérique progresse, ce qui se marque notamment dans la proportion de récepteurs domestiques radio compatibles avec le DAB+. L'an dernier, près de la moitié (45%) des postes vendus proposaient cette option, comme la quasi-totalité (98%) des autoradios installés dans les voitures neuves. Depuis le 20 décembre 2020, les constructeurs automobiles sont en effet obligés de proposer le DAB+ dans leurs véhicules neufs, selon le Code des communications électroniques européen.

Si le mouvement de bascule de l'analogique au numérique est en marche, des freins subsistent avant de débrancher la prise de la FM. Le taux d'équipement de la population en DAB+ reste faible, la FM accaparant encore 55% des appareils radio domestiques. Pour contourner cet écueil, "nous avons besoin du politique" afin de réguler le secteur de la distribution, a souligné le président de maRadio.be, Francis Goffin.

Les capacités techniques et en personnel pour plonger dans le numérique sont en outre limitées pour certaines petites radios indépendantes, qui souffrent déjà de problèmes de financement, ont également relevé le co-président de Radio Z, Nicolas Boulart, et le président de la CRAXX, Fred Cools.

Enfin, la couverture n'est pas encore optimale, certaines zones comme Arlon n'ayant pas la possibilité d'émettre en DAB+.

Le basculement vers le DAB+ ne se fera pas au détriment des radios indépendantes

Or, la diversité médiatique reste un enjeu primordial. "Il faut donc accompagner tout le monde" dans la transition vers le numérique, a rappelé le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Karim Ibourki.

Un appel que semble avoir entendu mercredi le cabinet de la ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Le basculement vers le DAB+ ne se fera pas au détriment des radios indépendantes", a assuré son conseiller Vincent Chapoulaud. La RTBF est en outre "disposée à mettre à disposition des infrastructures et du support pour accélérer ce passage", a confirmé son administrateur général, Jean-Paul Philippot. Il s'agit là d'un "intérêt collectif", a insisté M. Philippot, qui a souligné l'importance de se coordonner aussi avec la Flandre.

À ce propos, la RTBF avait déjà émis le souhait de couper la FM à l'horizon 2028, note maRadio.be. Quant à la Flandre, elle a récemment attribué ses nouvelles fréquences pour les 5 ans à venir. Francis Goffin y voit dès lors une opportunité pour le nord et le sud de s'accorder sur un calendrier commun.

 

Sur le même sujet...

Archive du JT du 4/11/19

DAB+ : la radio à l'heure du numérique

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Où puis-je écouter la radio en DAB+ et que faire en cas de problème de réception DAB+ ?

radio

Quinze radios indépendantes bientôt diffusées en DAB+

Articles recommandés pour vous