Coronavirus

Covid-19 : un plan de crise plus strict, avec fermeture des écoles et des commerces, si la situation sanitaire se dégrade

Un plan de crise plus strict encore se prépare si la situation sanitaire se dégrade

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Plus de 3700 contaminations au coronavirus en Belgique, ce lundi : c'est clair, les chiffres de l'épidémie repartent à la hausse, particulièrement en Flandre. Les experts sanitaires, dans leur note préparatoire pour les autorités politiques, sont d'ailleurs très clairs : "Il n'y a pas lieu de procéder à de nouveaux assouplissements."

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Le ton est donc donné avant le comité de concertation de ce vendredi. Sur la table, peu de mesures sanitaires nouvelles, mais tout sera mis en œuvre pour faire respecter davantage les règles actuelles. Le montant des amendes "Corona" a été augmenté, les quarantaines obligatoires seront davantage contrôlées, le télétravail sera mis sous surveillance. Mais surtout, les autorités préparent un plan d’urgence si les chiffres dérapent.

Pour la rentrée, le 4 janvier prochain, si l’épidémie ne ralentit pas davantage, la fermeture des magasins non-essentiels est étudiée. Dans le pire des scénarios, les experts évoquent aussi la prolongation d’une semaine des vacances scolaires de Noël. C’est ce que préconise le "GEMS", le nouveau conseil d'experts que consultent les autorités politiques. Reste à voir, comme lors de chaque comité de concertation, ce qui sera tranché et annoncé à l’issue de la réunion de ce vendredi.

Décourager les voyages durant deux mois

L’un des défis durant cette période de vacances sera de faire respecter la quarantaine obligatoire en cas de déplacement dans une zone rouge. Les contrôles aux frontières terrestres seront renforcés, ainsi que dans les différents aéroports du pays.

C’est ce qu’annonçait ce mercredi le vice-premier ministre libéral Vincent Van Quickenborne.  Les experts mettent en évidence que cette quarantaine forcée "doit être rendue possible sur le plan logistique", et "la preuve d'un test récent négatif doit être disponible avant l'entrée dans le pays". Le document, s’appuyant sur les recommandations de l’OMS, met en avant la nécessité de créer "des lieux où les personnes pourraient respecter leur quarantaine" (par exemple, des hôtels vides).

La recommandation est donc faite aux autorités de "décourager explicitement les voyages internationaux en provenance et à destination de la Belgique au cours des deux prochains mois", et de se positionner clairement à propos des vacances de Carnaval.  

Une attention particulière sera portée à la situation aux frontières. "Comme les magasins sont fermés dans les pays voisins, de nombreuses personnes venant de l'étranger pourraient venir faire leurs achats en Belgique et nous pourrions avoir une foule encore plus ingérable".

Là aussi les experts du GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19) demandent "d’éviter à tout prix les foules et les situations à risque dans les rues commerçantes en augmentant l'utilisation du crowd control. En cas d'impossibilité ou de force majeure au vu des mesures prises dans les pays voisins, il convient d'envisager de refermer les magasins et de privilégier le click & collect." Les autorités locales pourraient donc activer des dispositifs plus stricts en fonction de situations spécifiques aux frontières néerlandaises, allemandes, luxembourgeoises ou françaises.


En ligne de mire également, le respect du télétravail. Les bouchons dans les grandes villes en témoignent : les Belges circulent trop, et se rendent encore massivement sur leur lieu de travail. Les experts préconisent dès lors " le port obligatoire des masques sur le lieu de travail et d'autres mesures de sécurité renforcées, en évitant les fêtes et les réunions non autorisées sur le lieu de travail ".  Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises un renfort des contrôles, sans que les résultats ne soient apparemment assez probants.  Des secteurs sont particulièrement pointés du doigts : les entreprises dans le domaine des assurances, la finance, mais aussi les gouvernements, eux-mêmes, qui en tant qu’employeur pourraient davantage respecter les règles.

Un plan catastrophe avec fermeture des magasins et des écoles

Mais ce qui inquiète particulièrement l’ensemble des autorités, c’est la courbe de l’épidémie en Belgique qui n’évolue pas de manière favorable. " Une résurgence de l'incidence peut maintenant être observée ", constate le rapport des experts. Dans les provinces d’Anvers, de Flandres occidentale et orientale, du Limbourg et de Namur, les augmentations sont supérieures à 15 % ; en Communauté germanophone, l'augmentation est supérieure à 50 %.

Les projections réalisées pour les 14 jours prochains jours ne sont pas plus rassurantes. " La situation épidémiologique actuelle est très préoccupante et doit être surveillée de très près, ainsi que le besoin futur de mesures supplémentaires, compte tenu également de l'évolution internationale. Un scénario d'escalade devrait être élaboré si la situation s'aggrave encore dans les prochains jours. "

Ce scénario d’escalade, dont il sera question lors du comité de concertation prévoit la fermeture des magasins, et/ou la prolongation des vacances scolaires de Noël. " Il convient de se préparer à ce que ce scénario puisse être déployé sans délai lorsque la situation épidémiologique se détériorera davantage ", précisent les experts.  Il se peut néanmoins que la période de congé qui démarre ce weekend ait un effet positif sur la courbe épidémiologique. Les experts insistent sur la nécessité de " pouvoir agir sans délai ".

Concernant les établissements scolaires, la note de GEMS précise qu'il s'agit bien d'un scénario du "dernier recours". Les experts préconisent, à situation inchangée, la poursuite du code "rouge", avec le format hybride 50/50 pour les écoles secondaires, une attention particulière autour des rassemblements en sortie d'école et d'éviter la surpopulation dans les transports publics. 

La note envoyée aux membres du comité de concertation met aussi en garde le monde politique. Les experts observent une baisse de motivation au sein de la population " renforcée par une communication contradictoire, dans laquelle les spéculations d'assouplissement et de resserrement sont exprimées par des acteurs ayant un rôle formel dans la gestion de la crise ". Un élément observé via les "feed-back des organismes de crise, les infractions, les incidents avec les forces de l’ordre, les propos sur les réseaux sociaux."

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