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Coronavirus

Covid Safe Ticket, vaccination obligatoire : qu’en pense le Conseil supérieur de la Santé ?

04 févr. 2022 à 14:59 - mise à jour 04 févr. 2022 à 15:19Temps de lecture4 min
Par Johanne Montay

Le Conseil Supérieur de la Santé a présenté un rapport très détaillé en Commission santé de la Chambre, à propos de l’utilisation du CST et de l’obligation vaccinale.

Lorsqu'on parle du Covid Safe Ticket, on distingue 3 options : le système actuel (baptisé 3G) vacciné, testé ou guéri, un système (2G) excluant le test et limité au fait d'être vacciné ou guéri, ou enfin, un encore plus restrictif (1G) qui ne garderait plus que la vaccination comme condition d'accès.

Le Covid Safe Ticket "permet de limiter la circulation du virus au sein de la population et de réduire le risque de transmission à grande échelle lors des pics d’infections". Ça, c’est côté pile. Côté face, il pourrait avoir "un impact défavorable sur les autres programmes de vaccination, en particulier chez ceux qui ont déjà peu confiance dans les programmes existants et les autorités", et "donner un faux sentiment de sécurité" nuisible aux autres mesures de précaution. 

On ne peut pas affirmer, en Belgique, comme l’ont fait d’autres pays étrangers, que le CST a augmenté la couverture vaccinale. Mais surtout, dit le Conseil supérieur de la santé, il ne faudrait pas que le CST revienne à "imposer une obligation vaccinale "cachée"." La question n’est donc pas, selon le Conseil, d’envisager le CST OU l’obligation vaccinale, mais de les considérer comme des mesures indépendantes et non contradictoires, aux objectifs différents. Le CST n’exclut pas l’obligation vaccinale, et une obligation vaccinale n’exclut pas l’utilisation d’un CST.

Une vaccination ciblée sur l’âge ?

Le Conseil ouvre une porte à une vaccination obligatoire limitée à certaines tranches d’âge, plus à risque : "Selon l’objectif que les autorités politiques souhaitent maintenant poursuivre avec l’introduction de la vaccination obligatoire, réfléchir selon certaines limites d’âge est pertinent", affirme-t-il. Trois options sont envisagées.

- Obligatoire pour les 65 ans et plus : "Par exemple, si l’objectif des autorités est de réduire la mortalité, elle pourrait ne s’appliquer qu’aux personnes de par exemple plus de 65 ans."

- Obligatoire pour les 40 ans et plus : "Si l’objectif principal est de soulager le système hospitalier et de minimiser le report des soins, une limite d’âge à partir de 40 ans et plus serait pertinente."

- Obligatoire pour tous les adultes : Cela "pourrait avoir comme objectif de limiter la surcharge de travail des médecins généralistes et des soins primaires." A partir de 1 § ou 18 ans ? L’âge minimum est donné pour information et doit être adapté en fonction des recommandations. "Il est important de considérer dans la discussion l’âge de survenue, la sévérité et la fréquence des très rares effets secondaires qui se produisent avec les vaccins actuels", dit le CSS.

Attention, cette position ne concerne absolument pas une obligation vaccinale pour les mineurs, au stade actuel, pour des raisons scientifiques, éthiques et légales.

Une durée limitée

Si obligation il y avait, pour combien de temps ? Pour le CSS, "une durée limitée" est admissible. Il faudrait en revoir la pertinence régulièrement, en fonction de l’avancée des connaissances, des futurs variants, des nouveaux vaccins et de la situation épidémiologique. Le Conseil estime aussi qu’il faudrait envisager de façon approfondie "un système de compensation et de prise en charge des effets secondaires rares et graves".

Communiquer clairement les choix

C’est souvent le plus difficile, une fois un choix politique adopté : en communiquer clairement la pertinence. Le CSS souligne qu’après un débat politique en profondeur, il faudrait une communication claire et transparente au public. A défaut de vision concertée en Europe

L’avis du réseau d’experts du CSS

Le Conseil a réalisé un sondage en ligne parmi ses experts : 300 scientifiques belges ont spécialisés ont donné leur opinion sur les questions précitées. Cependant, les réponses ont été données au cours de la phase Delta, et non pendant la période Omicron. Ce bémol est important.

A l’époque, 93,4% des participants se sont déclarés en faveur du CST. La moitié des personnes préférait le système actuel permettant 3 options (vaccination complète, test négatif ou certificat de rétablissement). Un tiers préférait un système limité au certificat de vaccination.

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A la question de la vaccination obligatoire, 72%, soit un peu moins de 3 experts sur 4, ont répondu qu’ils y étaient actuellement favorables, mais pas nécessairement pour une durée indéterminée.

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Omicron, le variant qui change tout ?

Le CSS précise qu’une sévérité moins grave du variant Omicron ne signifie pas que le système hospitalier et la première ligne ne puissent pas être mis fortement sous pression dans les semaines et les mois qui viennent.

Si l’on prend en considération les caractéristiques du variant Delta, et les incertitudes du variant Omicron, particulièrement en termes de transmission, d’échappement immunitaire chez des personnes infectées auparavant, et d’échappement vaccinal, tout comme l’efficacité des différents types de vaccins sur le marché contre la transmission, "l’idée d’un seuil de vaccination qui permettrait d’aboutir à l’immunité collective n’est pas réaliste et ne devrait pas guider les décisions politiques dans ce domaine". Ce qui est réalisable par contre, c’est la réduction de la mortalité, la protection des personnes vulnérables (âgées et / ou avec comorbidités) et le fait d’éviter que le système de santé soit surchargé.

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