Covid19 et crise économique : et si le lin revenait en France ?

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21 juil. 2020 à 15:52Temps de lecture2 min
Par Esmeralda Labye

La France est le premier producteur mondial de lin. Cette fibre est une véritable pépite agricole mais elle est transformée à 80% en Chine.

Le Covid19 fait changer les mentalités. De nombreux liniculteurs et élus français se demandent si la filière ne pourrait intégralement revenir dans l’hexagone. Cela limiterait la dépendance à l'empire du milieu.

Ce serait génial

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Bertrand Lefèvre est liniculteur à Parfouru-l’Eclin dans le Calvados. Depuis quelques semaines, récolte oblige, il fait vrombir le tracteur qui arrache et couche sur le sol les plants aux reflets verts et jaunes vifs. Le lin destiné au textile n’est pas coupé, mais arraché, et il doit rester plusieurs semaines au sol avant que la fibre ne soit extraite en usine.


"Avec la crise, on voit qu’on est dépendant de la Chine et d’autres pays. Si on relocalisait, on le serait moins", ajoute ce fils et petit-fils de liniculteur.

La Coopérative linière du nord de Caen, à laquelle il appartient avec 250 producteurs, compte 4000 hectares de lin contre 1350 en 2013. Au niveau national, l’interprofession affiche une hausse de 50% de la production sur dix ans.

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Le lin a bonne presse ! Même si elle est rarement bio (à peine 1% de la production), cette plante à fleurs bleues est plus écologique que le coton. Et de la racine à la graine, tout est utilisé.

Problème : avec un virus qui a touché d’abord l’Asie, les liniculteurs ont été totalement privés de débouchés durant de longs mois. "Ça redémarre un petit peu", indique Marc Vandecandelaere, président de la coopérative. " Mais les prix ont chuté, presque de moitié, selon des producteurs. "


Cette culture, risquée car très dépendante d’une savante alternance de pluie et de soleil, peut aussi être très rémunératrice (de 2000 à 6000 euros à l’hectare contre 500 à 1000 pour le blé). Alors l’idée d’avoir un lin 100% Made in France n’apparaît pas comme un projet fou.

la fibre de lin

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Un retour des filatures ?

Cinq députés LREM (La République en marche) ont plaidé pour "relocaliser toute la filière dans les régions de production" (Normandie, Hauts de France) qui comptent "4000 producteurs et un millier de salariés".
Les usines de teillage (séparation des fibres par broyage et battage) sont nombreuses en France. Celle de la coopérative caennaise emploie ainsi 40 personnes à Villons-les-Buissons. Les producteurs y ont même une boutique de vêtements en lin. Mais les filatures ont disparu de l’Hexagone depuis 20 ans. Ou presque.

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Emmanuel Lang est tisseur. Il vient d’ouvrir une filature à Hirsingue (Haut-Rhin), après avoir importé des machines de Hongrie. "C’est une aberration d’avoir abandonné la filature en France, surtout avec la transition écologique", explique son patron Pierre Schmitt, qui souligne que le lin peut aussi remplacer des dérivés du pétrole ou isoler les logements.


"Je suis à 200% pour, mais on arrivera à filer chez nous à un prix qui sera presque le double de l’Asie. Est-ce que le consommateur suivra ?", s’interroge toutefois M. Vandecandelaere.

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Emmanuel Lang promet pour l’automne des jeans en lin 100% made in France, sans surcoût dus à la relocalisation. Selon lui, la "production intégrée", la proximité des différents métiers, compensera le surcoût de la main-d’œuvre.

 

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filiere du lin

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