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Football

Crasson : "Quand Anderlecht perd un match, on dit presque que c'est prévu… C'est hallucinant"

Le résumé de FC Bruges-Anderlecht (0-1), 05 mai 2001 (C. de Wasseige)

05 mai 2001

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04 oct. 2020 à 05:00Temps de lecture3 min
Par Christophe Reculez

Anderlecht se déplace à Bruges ce dimanche et, pour toute une génération, à l’évocation du Topper, une image revient à l’esprit : le but de Bertrand Crasson. Au printemps 2001, d’une frappe lointaine, le défenseur iconique des mauves dépoussiérait la lucarne d’un Dany Verlinden impuissant. "C’est un magnifique souvenir évidemment", se remémore l’ancien back droit du Sporting. "C’est l’un des points forts de ma carrière. Cela m’a fait un peu de publicité mais j’ai surtout le souvenir de l’équipe extrêmement performante qui m’entourait à l’époque. On a fait des résultats en Champions League (NDLR : Anderlecht s’était qualifié pour la seconde phase de poule – stade de la compétition disparu aujourd’hui – en battant, entre autres, le Real Madrid ou Manchester United). On était une bande de copains. Mais c’est vrai que, gagner à Bruges, c’est déjà compliqué en soi. Donc, avec ce but, cela avait une saveur particulière.", explique le seul buteur de cette rencontre (victoire 0-1).

Ce but avait d’ailleurs fait le buzz, via les télévisions du monde entier, alors que les réseaux sociaux n’étaient pas encore d’actualité. "Aujourd’hui, on est tombé dans la génération "Foot-Instagram". Ça a changé. Il faut l’accepter. Il y a beaucoup de qualités chez les joueurs et le moindre geste ou détail d’un match est filmé, analysé et commenté. C’était différent à mon époque mais cela avait aussi son charme", plaisante Bertand Crasson.

Ce qui a également changé, c’est la mainmise d’Anderlecht sur le football belge. D’ailleurs, après cette victoire sur le terrain brugeois, Anderlecht allait célébrer son 26e titre la semaine suivante. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée et Bruges fait clairement office de favori dans ce topper. "Les points d’interrogations sont du côté anderlechtois. Ils ont connu des difficultés face à des équipes dites plus faibles. Si on analyse la situation froidement, Bruges est clairement favori. Anderlecht peut toujours créer la surprise mais leur adversaire reste une machine qui a désormais trouvé son rythme de croisière."

Bertand Crasson, en compagnie de Walter Baseggio.

Dans les griefs régulièrement lancés aux mauves, il y a la fragilité défensive en fin de match. Un constat qui n’étonne pas Bertrand Crasson. " A partir du moment où l’on opte pour les jeunes – et je ne parle pas d’un ou deux mais bien six, sept ou huit – il faut vivre avec l’irrégularité logique de leurs prestations. C’est un choix que je peux comprendre. Je suis même partisan de cette politique. Mais, à Anderlecht, c’est compliqué d’encaisser des buts gags chaque semaine. D’ailleurs, le retour d’Adrien Trebel prouve le besoin d’expérience. Il n’y a pas de Coupe d’Europe. Il n’y a qu’une rencontre par semaine. Ce n’est pas le moment de perdre des points. Ce manque de résultats peut durer un temps mais pas trop. "

Du temps, justement, Vincent Kompany en réclame régulièrement. Le coach des mauves avance souvent la nécessité de se montrer patient avec cette équipe en construction. Des arguments qui ont une certaine limite selon Bertrand Crasson. " Ces jeunes ont du talent. Mais je m’étonne un petit peu que l’on soit à ce point patient. A mes débuts, cela m’est arrivé de faire des erreurs mais pas chaque semaine. Ici, cela semble être normal. Une fois, c’est l’un, une fois, c’est l’autre qui commet une erreur. On est très indulgent. Je veux bien que le Sporting ait changé, parfois de manière méconnaissable, mais il faut quand même des résultats. Quand on perd un match, on nous dit presque que c’est prévu. Cela fait presque partie du plan. C’est hallucinant d’entendre des choses pareilles.", rigole, un peu jaune, Bertrand Crasson.

Mais malgré ces critiques, le défenseur garde foi en Vincent Kompany qu’il dépeint comme un gagnant. Il mesure aussi les difficultés financières du club qui l’empêchent de viser des joueurs de grandes qualités. Un club dont il a, un temps, souhaité rejoindre l’organigramme. Un vœu qui ne se réalisera, à ces yeux, sans doute pas. "Clairement, cela fait 10-15 ans que la porte a été, en général, fermée aux anciens joueurs. Les personnes qui décident, à Anderlecht ou ailleurs, ne sont plus vraiment issues du football. Les anciens, moi comme d’autres, ne sont pas actifs dans le foot belge. Mais ce n’est pas pour autant que j’estime la porte fermée. Je suis d’ailleurs toujours comme à la maison au Sporting. Je viens voir des rencontres dès que je le souhaite. Cela reste ma maison. Mais, pour y être actif, ce n’est pas de mon ressort. En attendant, me concernant, j’ai des possibilités à l’étranger mais je ne peux pas encore communiquer. On y verra plus clair dans les prochaines semaines."

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