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Créer et restaurer des malles, un savoir-faire qui s’apprend à Manhay

Apprendre le métier de malletier, c’est ce qu’offre Jean-Pierre Bal dans son Ecole Nicolas Gilbert
06 mai 2022 à 05:33 - mise à jour 06 mai 2022 à 05:33Temps de lecture2 min
Par Clément Larue avec TvLux

Il n’existe que deux écoles de malletiers en Europe, dont une en Belgique : à Manhay ! Jean-Pierre Bal, en est le fondateur mais aussi un collectionneur et restaurateur de malles de voyages. Depuis l’atelier qu’il a fondé, l’artiste redonne vie à ces objets qui peuvent avoir une grande valeur tant matérielle que personnelle.

Situé à Manhay, en province de Luxembourg, Jean-Pierre Bal forme au métier de malletier. Lui-même dans cette profession depuis 2009 avec son musée et atelier appelé Maison Belmal, il enseigne depuis déjà quatre ans l’art de fabriquer et restaurer ces objets.

En 2017, il fonde l’Ecole Nicolas Gilbert : l’une des deux seules du genre en Europe qui fabriquent et restaurent des malles de transport. Un nom tiré du malletier de Charles Quint, et qui peut compter jusqu’à huit personnes en apprentissage.

C’est littéralement des tranches de vie que l’artiste restaure, comme il l’explique à TvLux. Il raconte l'histoire de trois malles liées à une famille de Belges qui avaient émigré aux Etats-Unis avant de revenir en Belgique "Tout était dedans, les passeports, les cartes de visite. Ce sont des tranches de vie". L’une des raisons qui l’a poussé à fonder son école est de transmettre son savoir-faire, appris en autodidacte il y a plus de 20 ans.

malletier

Ce métier très répandu au 19e siècle, s’est raréfié – voire même est devenu une exception - suite à l’évolution de nos valises et des matières qui les composent.

Une évolution de l’usage

Il est aujourd’hui beaucoup plus rare d’utiliser une malle plutôt qu’une valise lors d’un voyage. Cet objet est désormais voué à d’autres domaines bien plus précis, notamment "des objets de collection ou de consommation", comme l’explique Jean-Pierre Bal. On s’en sert tel un écrin pour des spiritueux, des cigares, du champagne ou d’autres produits de luxe.

Vu comme une spécialisation de la maroquinerie, le malletage s’apprend sous différentes formes à l’Ecole Nicolas Gilbert. Certaines sont dédiées à la création d’œuvres uniques comme celles demandées afin de transporter les produits et objets énoncés plus haut. D’autres se concentrent sur la restauration, aussi bien pour les propriétaires de malles que les apprentis à cette spécialisation.

Comme Estelle Moureau, historienne de l’art, venue se spécialiser aux techniques de restauration. "J’ai appris les marques, l’histoire des malletiers", décrit-elle pour la partie théorique, mais aussi la réalisation "les matériaux de base, la structure de l’objet". La majorité de la formation réside tout de même dans la partie pratique. Une école qui s’est déclinée en France, toujours par Jean-Pierre Bal à l’automne 2021.

 

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