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Crise au sein du gouvernement britannique : "Boris Johnson croit toujours avoir une chance en politique"

Dossier de la rédaction

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08 juil. 2022 à 09:38Temps de lecture2 min
Par Maud Wilquin sur base du Dossier de la rédaction de La Première

Depuis mardi, une soixantaine de membres du gouvernement britannique dont 65 ministres ont claqué la porte avec des mots durs à l'encontre de Boris Johnson : manque de confiance, mise en cause dans son intégrité, mensonge, les appels à la démission se faisaient de plus en plus pressants et finalement, le Premier ministre a annoncé le 7 juillet son départ au 10 Downing Street. 

On fait le point sur la crise politique au Royaume-Uni avec Leo Cendrowicz, correspondant à Bruxelles au journal The I et rédacteur en chef de Brussels Time Magazine.

Boris Johnson s'est accroché au pouvoir jusqu'au bout malgré les scandales et la pression. Devait-il faire un pas de côté ? "Oui, c'est la caractéristique de Boris Johnson, il se présente comme au-delà des règles du jeu classiques pour le reste de la société. Il a toujours assumé être spécial, exceptionnel. C'est la raison pour laquelle il est tombé. Après des années, on a remarqué qu'il y avait trop de mensonges, de malhonnêteté. Pour les députés conservateurs, c'était trop."

En quittant la tête de son parti conservateur, de facto il renonce au poste de Premier ministre. Mais le temps d'organiser les élections, son successeur ne sera sans doute désigné qu'en octobre. Que va-t-il se passer d'ici-là? Il gèrera les affaires courantes avec quelle crédibilité ? "Dans la semaine à venir, nous essayerons de définir le calendrier et son autorité. ce sera une sorte d'administration zombie. Beaucoup d'autorités disent qu'il doit quitter son poste maintenant. Il en va de la crédibilité du gouvernement mais il n'y a pas d'autre processus pour ça. il faut élire un nouveau chef du parti conservateur et ça prend du temps. il faut d'abord des élections avec les députés du parti conservateur puis une élection avec les membres du parti, 200.000 personnes dont l'âge moyen avoisine les 72 ans."

C'est vrai que le processus de désignation d'un nouveau chef e parti est assez long et en deux temps. D'abord de nombreux votes de députés pour éliminer des candidats puis les militants qui voteront par voie postale pour le vainqueur. On se souvient d'un délai de 7 semaines entre la démission de Theresa May et l'élection de Boris Johnson. Arrivé au pouvoir àl'été 2019, il a passé 3 ans à la tête du gouvernmement britannique. A-t-il encore un avenir en politique ? "Je pense qu'il pense qu'il en a un. On l'a vu avec son discours dans lequel il parlait de ses soit-disant triomphe sur les vaccins et le Brexit. Il pense avoir résolu les relations avec l'Europe. Tout cela indique qu'il pense qu'il pourrait revenir"

Est-ce que le profil politique d'un homme comme Boris Johnson, après tous ces scandales, a encore un avenir en politique. "C'est difficile à dire d'ici mais ce qui est sûr c'est que la confiance n'y est plus entre Boris Johnson et les Européens. Le Brexit et tout ce qui a suivi a profondément divisé européens et britanniques. Il y a ausis la question nord-irlandaise, cette province britannique restée dans le marché unique mais qui reste une province britannique. Ce conflit n'est pas résolu donc il est faux de dire que le Brexit a été réalisé. D'un point de vue européen, on n'est pas sûr que beaucoup de dirigeants souhaitent voir Boris Johnson revenir", explique Sandro Calderone, journaliste à la RTBF

Tout commençait pourtant bien pour le Premier ministre élu avec une majorité historique pour la Chambre des Communes pour son parti, les Conservateurs. Dans quel état laisse-t-il le parti ? "C'est vrai qu'ils ont gagné une majorité de 80 siège au sein des Communes. ça a l'air d'être assez grand mais des circonstances spéciales menées par quelquun qui était vu comme radical extrémiste. La question du Brexit était au-dessus de l'élection mais quasiement tout de suite on a vu des problèmes avec Boris JOhsnon qui n'était pas sérieurx, n'avait pas de vision. Maintnant, au parti conservtayer, il s sont toujours obsédés par le Brexit, mais il y a un désordre au sein du parti. "

Onl'a souvent comparé à Donald Trump qui se herche lui aussi un avenir en politique. "Ils ont beaucoup en commun. les cheveux, bien sûr. Et leur style populiste et l'idée qu'ils sont au-dessus des lois qui ne sont là que pour les mortels. Qu'elles ne s'appliquent pas à eux. Cet exceptionnilisme était une chose très marquante entre ces deux amis."

 

Toutefois selon Leo Cendrowicz, la démission du Premier ministre ne l'empêche pas de continuer à envisager une carrière politique. "Je pense qu'il pense avoir encore une chance. On l'a vu avec son discours dans lequel il parlait de ses soit disant triomphes sur les vaccins et le Brexit. Il pense avoir résolu les relations avec l'Europe." Reste à savoir si son souhait est réalisable : "C'est difficile à dire mais ce qui est sûr c'est que la confiance n'y est plus entre Boris Johnson et les Européens", assure Sandro Calderon, journaliste à la RTBF. "Le Brexit et tout ce qui a suivi a profondément divisé européens et britanniques. Il y a aussi la question nord-irlandaise, cette province britannique restée dans le marché unique mais qui reste une province britannique. Ce conflit n'est pas résolu donc il est faux de dire que le Brexit a été réalisé. D'un point de vue européen, on n'est pas sûr que beaucoup de dirigeants souhaitent voir Boris Johnson revenir."

Quoiqu'il en soit, Boris Johnson devrait conserver son poste de Premier ministre jusqu'au mois d'octobre, le temps de désigner un successeur. "Dans la semaine à venir, nous essayerons de définir le calendrier et son autorité. ce sera une sorte d'administration zombie", confie Leo Cendrowicz. "Il faut élire un nouveau chef du parti conservateur et ça prend du temps. il faut d'abord des élections avec les députés du parti conservateur puis une élection avec les membres du parti, 200.000 personnes dont l'âge moyen avoisine les 72 ans."

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