Crise au Venezuela : le Parlement veut un référendum contre les élections

Crise au Venezuela : le Parlement veut un référendum contre les élections

© FEDERICO PARRA - AFP

02 oct. 2020 à 07:27Temps de lecture2 min
Par Belga

Le Parlement du Venezuela, où l’opposition est majoritaire, a approuvé jeudi le principe d’une "consultation populaire" pour rejeter les élections législatives prévues le 6 décembre prochain, dont l’opposition estime qu’elles feront l’objet de fraudes massives.

Estimant que ces élections, destinées à renouveler ce qui est actuellement le seul pouvoir encore contrôlé par l’opposition au président Nicolas Maduro, feront forcément l’objet de fraudes, l’opposition a annoncé qu’elle les boycotterait.

"Nous présentons une alternative […], une consultation populaire qui permettra au pays de s’exprimer", a déclaré sur Twitter le chef du Parlement Juan Guaido, actuellement reconnu comme président légitime du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.

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Cette consultation sous forme de référendum demandera aux électeurs deux choses : leur appui à "tous les mécanismes de pression nationale et internationale" pour obtenir "des élections présidentielles et parlementaires libres", et leur rejet des élections organisées par le pouvoir.

Le texte voté par le Parlement ne précise ni la date ni le mécanisme de cette initiative, puisque le Conseil national électoral (CNE) est considéré par l’opposition comme au service du pouvoir.

"La farce électorale"

Cette consultation, qui ne sera pas contraignante puisque l’ensemble des institutions sont sous contrôle du président, "doit permettre la participation de tous les Venezueliens aptes à voter partout dans le monde", précise le texte voté.

L’idée est de montrer "clairement" que "la farce électorale du 6 décembre n’est pas légitime", a déclaré un député, Juan Pablo Guanipa, au cours de la session parlementaire.

L’opposition estime que les législatives de décembre n’ont aucune chance de se dérouler de façon équitable puisque le CNE est désormais contrôlé par des membres nommés par le Tribunal Suprême, au service du pouvoir.

Ce Tribunal considère comme nulles les décisions du Parlement qu’il a déclaré en "outrage" à la justice depuis que l’opposition y a remporté la majorité lors des élections de 2015.

Les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas les législatives de décembre, et l’Union européenne a demandé qu’elles soient différées jusqu’à ce que la situation soit clarifiée, ce que le gouvernement de Maduro a refusé, estimant "inadmissible" cette demande.

Le Parlement avait déjà convoqué une consultation populaire en juillet 2017, après des mois de protestations antigouvernementales, et affirmait avoir réuni 7,6 millions de votes, dans ce pays de 30 millions d’habitants, s’opposant à la création de l’Assemblée constituante voulue par le président.

Mais cela n’a pas empêché la mise en place de cette Assemblée, qui dans les faits assume depuis les fonctions du Parlement.

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