Chroniques

Crise de l’énergie : l’impuissance politique

Philippe Walkowiak

© RTBF

06 sept. 2022 à 09:59Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

 

La semaine dernière, après le Comité de Concertation, les particuliers comprenaient qu’ils avaient très peu de choses à attendre de nos différents gouvernements pour enrayer la hausse vertigineuse des prix de l’énergie et la dégradation profonde de leur pouvoir d’achat. Ce lundi, les entreprises et les indépendants sont ressortis de leur rencontre avec le gouvernement fédéral avec la même sensation. Ce mercredi, les syndicats savent déjà ce qui les attend.

Sans argent

Les autorités belges, à différents niveaux, entérinent ainsi leur impuissance. L’endettement public se retrouve à niveau tel que toute action rapide, comme l’exige la situation actuelle, devient impossible.

De plus, les partenaires de la coalition s’observent, divergent sur les options à prendre et donc se neutralisent. La Wallonie déplore son manque de moyens, la Flandre avance un plan de soutien à ses entreprises. Comme lors de la pandémie de Covid, les mesures d’aides différeront entre les régions bien plus qu’en fonction de la situation économique.

Les prix à la consommation flambent bien plus en Belgique que chez nos voisins. Le gouvernement fédéral en est à s’interroger sur cette différence qui est pourtant une réalité depuis des années. Les hypermarchés du nord de la France peuvent témoigner de la présence massive des consommateurs belges depuis longtemps. Les hausses d’accises sous le précédent gouvernement avaient déjà provoqué une réaction similaire.

Sans levier et sans volonté

La Belgique peine à agir. Pourtant des pays comme l’Espagne et le Portugal ont pris des mesures, certes aidés en cela par une situation particulière. L’Italie ou la Grande-Bretagne ont décidé de leur côté de taxer les surprofits des sociétés d’énergie.

L’inaction belge s’explique à la fois par ses divergences politiques internes et un secteur de l’énergie hors du contrôle, même indirect, des pouvoirs publics.

Chez nous, à la différence de bien des pays, le gaz et l’électricité ont toujours été gérés le privé, longtemps belge (Société Générale, GBL) passés dans les années 90, dans des mains étrangères, dans l’indifférence quasi-générale du monde politique belge. Le même qui se retrouve à mendier aujourd’hui la clémence d’Engie pour tenter de sauvegarder son approvisionnement électrique.

La situation d’aujourd’hui résulte aussi d’une gestion publique erratique ces trente dernières années.

@PhWalkowiak

Le regard des syndicats sur la crise actuelle :

L'invité: Thierry Bodson, président de la FGTB

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Énergie : l’échec politique d’une génération

Chroniques

Social et énergie : l’automne de tous les dangers

Chroniques

Articles recommandés pour vous