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Crise énergétique : l’ISPPC ne pourra pas tenir longtemps face aux surcoûts, le secteur des soins appelle à l’aide

Le secteur hospitalier et des soins de santé tire la sonnette d'alarme: avec l'augmentation des coûts liés à la crise énergétique, sans aide des pouvoirs publics ils ne vont pas pouvoir honorer leurs factures très longtemps.

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L’ISPCC, l’institut de Santé Publique du Pays de Charleroi, tire la sonnette d'alarme : à la fin du mois, le contrat fixe qui lie les hôpitaux et les maisons de repos publiques carolos à leur fournisseur d'énergie prendra fin. Mauvaise nouvelle, évidemment, en pleine crise énergétique car les montants réajustés seront exorbitants. L'institution appelle donc les gouvernements wallon et fédéral à intervenir parce que la situation financière ne sera pas tenable longtemps.

Des coûts multipliés par trois

On peut même la qualifier de critique, la situation financière. Dans un hôpital ou une maison de repos, on n’a pas vraiment de marge pour réaliser des économies. Une certaine température est indispensable pour le bien-être des patients et des résidents ; pas question non plus de se priver du matériel médical, gourmand en électricité.

Conséquence : la facture énergétique va exploser, immanquablement. "Actuellement, sur base annuelle, nous explique Frédéric Dubois, porte-parole de l’ISPPC, on est à 6,2 millions d’euros. Sauf qu’ici, le contrat fixe avec Ceneo se termine à la fin de ce mois. On va donc passer à une formule variable. Et on évalue le coût à quelques 19 millions d’euros." Soit, fois trois !

Des augmentations tous azimuts et pas de porte de sortie

Mais l'énergie n'est pas le seul coût qui explose en milieu hospitalier. L’ISPPC emploie plus de 4000 personnes, et ce personnel – comme tous les travailleurs – il a bénéficié cette année de toutes les indexations de salaire liées à l’inflation. L’enveloppe salariale a donc elle-aussi explosé.

"Cela représente environ 250 millions d’euros. On a déjà subi cinq indexations en 2022 ; il devrait au moins y en avoir deux en 2023… soit 9,3 millions supplémentaires."

Une facture finale salée mais à laquelle il ne faut pas non plus oublier d’ajouter le coût du matériel et des produits utilisés dans les hôpitaux : eux-aussi ont augmenté.

Sans la crise, l’ISPPC aurait présenté un budget 2023 avec une petite marge. Au lieu de cela, c’est un trou de près de 30 millions d’euros qui s’annonce.

L'ISPPC tire donc la sonnette d'alarme. Comme tout le secteur hospitalier, pas question de toucher au prix que paient les patients pour leurs soins, ils sont fixés par convention avec les mutuelles. Il n’y a donc pas d’augmentation des recettes à attendre, sauf qu’avec de tels déficits, les banques ne prêtent plus d’argent… Or, il faut bien continuer à assumer les factures. Sans intervention des pouvoirs publics, c’est tout le secteur des soins qui est en danger. C’est l’appel lancé par l’ISPPC.

 

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