Belgique

Crise énergétique : pour Elio Di Rupo, "sur le long terme, la solution c’est réduire drastiquement la consommation d’énergie"

L'invité de Matin Première: Elio Di Rupo, ministre président wallon

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10 oct. 2022 à 07:42Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

Le gouvernement wallon a trouvé avant le week-end un accord sur le budget 2023. Au menu : primes, loyers, sobriété politique. Mais comment la Wallonie va-t-elle traverser ces différentes crises ? Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo était l’invité de la Première pour en parler ce matin.

Et le fédéral ?

Mais avant d’aborder le budget wallon, rappelons que les négociations se poursuivent au niveau fédéral. Parmi les thèmes abordés, il y a une proposition de taxation des surprofits, sur les comptes titres, etc. 

Le ministre-président wallon n’a pas commenté les débats en cours, mais il a souhaité préciser que tant au niveau fédéral qu’au niveau de la Wallonie les efforts ont été considérables en raison des différentes crises de ces dernières années : Covid-19, les inondations "rien que pour nous. Ça a coûté une dizaine de milliards d’euros."

Selon Elio Di Rupo, le gouvernement fédéral fait un effort remarquable, mais il y a des accommodements à faire car : "l’argent ne tombe pas du ciel et qu’on ne peut pas, tout le temps, dépenser des moyens financiers. Il faut rester très sérieux. C’est ça la difficulté."

Isoler, la solution à long terme

Le marché n’est pas du tout contrôlé et il devient fou

Concernant le volet énergie, notons que le gouvernement wallon a annoncé vendredi qu’il allait mobiliser environ 3 milliards d’euros pour faire face à la crise actuelle. Mais Elio Di Rupo a rappelé que l’institution qui peut apporter le plus de solutions à court terme, c’est la Commission européenne.

Cette dernière a beaucoup de mal à avancer en raison d’un "problème idéologique." Le ministre-président wallon ajoute qu’en réalité "le marché n’est pas du tout contrôlé et il devient fou." Et il ajoute : "quand les factures d’énergie sont multipliées par 5, par 7, par 10, c’est l’absurde absolu."

Dès lors, pour répondre à la crise énergétique, la réponse de la Commission européenne et les décisions au niveau fédéral sont toujours attendues. Quant au niveau de la Région, ses compétences concernent les économies d’énergie "et on a mis beaucoup d’argent pour que nos concitoyens de Wallonie puissent isoler, puissent réduire la consommation d’énergie."

Ce point est essentiel selon Elio Di Rupo : "parce que même si on trouve des solutions pour les prochains mois avec l’Union européenne, sur le long terme, la solution c’est réduire drastiquement la consommation d’énergie."

19 °C plutôt que 22 °C, certains rient, mais ça fait des économies substantielles

Réduire la consommation d’énergie, cela passe par une isolation de la toiture, notamment. Mais cela passe aussi par un comportement adapté aux difficultés actuelles. Et le ministre-président d’ajouter : "quand on dit : 19 °C plutôt que 22 °C, certains rient, mais ça fait des économies substantielles."

Adapter son comportement est essentiel à l’avenir, car si le prix de l’énergie ne restera pas au prix actuel, estime Elio Di Rupo, "L’énergie restera chère." Il précise que l’on peut rire lorsque l’on parle d'"opération col roulé", mais "chez moi, je mets un pull et ce n’est pas la fin du monde."

Les primes

A propos des primes, il y a une volonté d’en faciliter l’accès et de les augmenter (isolation de la toiture, des murs, etc.). Ces primes seront disponibles en 2023. L’objectif est de proposer les primes très rapidement pour que les travaux puissent être réalisés sans tarder.

Autre mesure, la non-indexation des loyers des maisons qui sont "des passoires énergétiques." Le ministre-président wallon a rappelé qu’il existe des certificats qui donnent une indication sur la performance énergétique des bâtiments (PEB). Les habitations les moins isolées avec des certificats F ou G "on ne pourra pas indexer les loyers." Ce sera également le cas des bâtiments qui ne disposent pas desdits certificats.

La contribution demandée aux gestionnaires de réseau, n’est pas une taxe

Demander une contribution des gestionnaires de réseaux fait aussi partie des décisions actées et annoncées ce vendredi par le gouvernement wallon. Pour Elio Di Rupo "il ne faut pas les appeler des surprofits." Il poursuit : "Il y a des moyens financiers qui sont réservés, stockés. Aujourd’hui, compte tenu de la crise, tout le monde doit faire un effort. Et donc, nous demandons aux intermédiaires, c’est-à-dire des régulateurs de réseaux, qui ont des moyens – tous n’ont pas les mêmes moyens, ORES a beaucoup plus de moyens que RESA – mais on demande aux deux d’injecter ces moyens financiers pour réduire la facture énergétique de nos concitoyens."

Pour le ministre-président wallon, il ne s’agit pas d’une taxe supplémentaire, "mais tout le monde doit faire un effort."

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