Cyclisme

Cyril Saugrain : "Le choix d'Ineos est le meilleur choix possible"

Dave Brailsford (au centre) a donc tranché : Egan Bernal sera leader au Tour, Chris Froome à la Vuelta.

© GUILLAUME HORCAJUELO - AFP

À chacun son pré-carré : Ineos a donc tranché en construisant autour d’Egan Bernal, le vainqueur sortant, sa sélection pour le Tour de France 2020 qui débute dans 10 jours. Geraint Thomas est envoyé sur le Tour d’Italie, tandis que pour ses adieux, Christopher Froome sera le leader de la formation britannique au Tour d’Espagne. Ineos se privera donc, au départ de Nice, de ses deux vainqueurs de 5 des 8 dernières éditions du Tour !


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Ce choix ne me surprend qu’à moitié " analyse Cyril Saugrain, consultant RTBF sur la prochaine Grande Boucle. " D’abord, le niveau de forme et de condition physique de Froome n’est pas celui qui est attendu, c’est donc un choix logique qui devait être fait en interne. Pour Thomas, c’est un peu plus étonnant, car sa forme était meilleure mais il restait loin du niveau attendu pour un tel coureur. Sur le plan du management, cela situe le niveau de cette équipe Ineos qui peut choisir ses hommes sur de purs critères sportifs et pas sur leur nom ou pour leur faire plaisir. C’est un choix légitime d’Ineos, le meilleur possible sur le plan sportif. "

Eviter les polémiques

Le récent Critérium du Dauphiné a situé les états de forme : Thomas y a terminé 37e à plus de 53 minutes… tandis que Froome s’est classé 71e à près d’une heure et demie ! On ne parle plus ici de cacher son jeu… En répartissant ses 3 leaders historiques sur les 3 grands Tours, Dave Brailsford le patron sportif d’Ineos écarte aussi les éternels débats sur la concurrence interne, qui avait fait les choux gras médiatiques dans le passé.

Chacun des trois coureurs va retrouver une place exposée et enviable sur un grand Tour, mais il ne faut pas non plus exagérer ces questions relationnelles " poursuit Saugrain. " Bernal a déjà dit qu’il se mettrait au service de Froome à la Vuelta, les relations ne sont pas non plus dégradées à ce point. Thomas a sans doute été un peu plus surpris, mais je suppose qu’il a été consulté en interne et qu’il a pu donner son avis. Il est transparent, et il a dû reconnaître qu’il ne serait pas au niveau, si vite, au Tour. Pour Froome, les choses sont claires : il est parti l’année prochaine, donc il n’est plus une priorité. Maintenant, c’est vrai que Brailsford se simplifie la vie : il écarte les polémiques et il avance sur un terrain très clair. Ineos a souvent évolué avec deux têtes, ça a marché souvent mais parfois ça a suscité des tensions dont ils veulent se passer. Donc en avant pour un leader unique mais si avec un lieutenant comme  Carapaz, un capitaine de route comme Kwiatkowski et un jeune comme Sirakov, l’équipe garde fière allure. "

Gagner sur 3 fronts ?

Leader Ineos désigné sur le Giro qui démarre le 3 octobre, Thomas n’y a jamais, en 3 participations, réalisé de résultats probants. Froome, lui, a encore 2 mois pour tenter de relever le curseur pour être prêt au départ de la Vuelta, qu’il a remportée deux fois en 2011 et 2017. Mais Ineos peut-il rêver de concrétiser son coup de poker en remportant les 3 Tours avec ses 3 grands noms ?

Vu le niveau de forme actuel, je dirais que c’est possible pour le Tour… mais pas pour le Giro, ni pour la Vuelta " réfléchit le consultant RTBF. " Et même pour le Tour de France, la lutte sera ouverte et donc très féroce… Après, un état de forme, ça évolue aussi. Nous ne sommes qu’au mois d’août, et dans cette saison très atypique, la gestion des peaks de forme et des plages de récupération est totalement bouleversée. Au Dauphiné, Froome savait peut-être déjà qu’il ne serait pas au départ de Nice et il n’est pas allée à fond : ce Dauphiné était sans doute un étalonnage car son planning avait été revu en fonction de la Vuelta. Cette année, tout est plus condensé : il est compliqué d’enchaîner deux grands Tours. Mais on connaît la qualité des hommes : je ne vais pas dire maintenant que Froome ne peut pas gagner la Vuelta, les cartes seront peut-être rebattues d’ici un mois et demi… "

Roglic vainqueur à Paris ?

Pour la Grande Boucle, le décompte est amorcé. Et pour notre consultant, le dernier Dauphiné conserve son statut de juge de paix.

À deux semaines du grand départ, les prétendants à la victoire finale à Paris restent ceux qui sont sortis en forme du Dauphiné. Vu la situation sanitaire, le Critérium est, cette année plus que jamais, la seule épreuve pour se jauger : cette course reste la formule magique. Et sur cette base, je vois Primoz Roglic s’imposer à Paris devant Thibaut Pinot et Tom Dumoulin... "

Pas de Bernal à Paris pour Saugrain : Ineos manquerait donc son pari…
 

 

 

 

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