Inondations 2021

Daniel Bacquelaine de retour sur les berges de la Vesdre un an après les inondations : "Notre devise est de revivre et reconstruire"

L'invité de Thomas Gadisseux: Daniel Bacquelaine, Bourgmestre de Chaudfontaine

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13 juil. 2022 à 07:45Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin, sur base des propos recueillis par Thomas Gadisseux

Il y a près d’un an que les eaux de la Vesdre ravageaient les rues et 1.800 habitations de Chaudfontaine. Aujourd’hui, 25% des sinistrés n'ont pas encore réintégré leur habitation et 21 ménages sont toujours hébergés dans des conteneurs. 27 habitations situées le long de la berge sont toujours éventrées et seront bientôt détruites. A la place, la Ville élargira le lit de la rivière pour laisser davantage de place à l’eau et éviter d’importantes crues. Les maisons, elles, seront reconstruites un peu plus loin dans onze quartiers durables. Le tout avec une importante contribution financière de la Région wallonne. "Nous devons tenir compte de la réalité", justifie le bourgmestre de Chaudfontaine, Daniel Bacquelaine, présent sur les lieux un an après la catastrophe. "L’endroit coincé entre la Vesdre et la route ne peut plus accueillir d’habitation."

Pour cette raison, les autorités communales discuteront encore avec les propriétaires de ces biens inhabitables prochainement. "Je ne veux pas agir par contrainte mais par négociation et faire en sorte que nous puissions progressivement nous rendre propriétaires de cette zone et en faire un aménagement qui tienne compte des inondations. Je pense que les gens qui habitent ces maisons ne seront plus en sécurité à l’avenir", explique encore le bourgmestre qui reconnaît la difficulté pour ces habitants de voir une partie de leur vie s’envoler. "Nous avons beaucoup de solidarité et de considération pour ces personnes mais il faut agir pour leur intérêt."

Pour rappel, la cellule d’accompagnement psycho-social de la Ville mise en place lors de la catastrophe est toujours active. "Il y a encore des demandes chaque jour car les gens ont été très fortement attristés par ce qui est arrivé, par cette situation apocalyptique", commente le bourgmestre.

"Notre devise est de reconstruire, rebondir et revivre après la catastrophe"

À Chaudfontaine, les autorités n’ont qu’un mot d’ordre : reconstruire pour éviter que la Ville ne se transforme en une ville fantôme. "Il faut relancer les activités", maintient le bourgmestre. "Il n’y a rien de pire qu’une commune complètement éteinte comme c’était le cas après les inondations sans commerce, sans lumière. Notre devise est vraiment de reconstruire, rebondir, revivre après la catastrophe." Les écoles et crèches communales sont de nouveau accessibles, tout comme les commerces.

 

 

Des aides insuffisantes

Depuis les événements de juillet 2021, la Ville s’est constituée partie civile en signe de "considération envers les habitants qui ont beaucoup souffert et sont victimes des inondations, mais aussi être tenus informés de la suite des procédures et des responsabilités éventuelles" et a réalisé une commission d’enquête au niveau du Parlement wallon. "Il faut dégager des pistes pour l’avenir", assure Daniel Bacquelaine. "Nous avons une dette vis-à-vis des habitants sinistrés, c’est faire les réformes nécessaires pour que ce type de catastrophe ne se produise plus de la même façon. Un an plus tard, le travail moral a été fait : j’appelle à une évolution de la culture de sauvetage du pays parce que je pense qu’elle est déficiente."

Pour lui, les moyens disponibles n’étaient pas proportionnels à la situation. Les habitants ont été délaissés. "À liège nous avons six zones de secours, est-ce que c’est bien utile ? N’est-il pas préférable de n’en avoir qu’une seule ? Est-ce que la protection civile dans les zones de secours est nécessaire ? L’intégration d’une partie de l’armée sur le modèle de la sécurité civile en France ? Il y a des progrès à faire."

Dans un document, la Ville s'épanche plus longuement sur ses regrets. Ainsi, la SPAQUE, la Société publique d'aide à la qualité de l'environnement, a clôturé sa proposition d'analyser gratuitement les sols pollués le 31 mai "alors que de nombreuses demandes subsistent." Par ailleurs, 8% des sinistrés s'étaient tournés vers le fond des calamités après la catastrophe. Mais un an plus tard, presqu'aucun dossier n'a été clôturé. A l'inverse, 90 % des victimes des inondations restantes étaient assurées. Seules 15 % ont rencontré des difficultés avec leur assurance.

En revanche, le bourgmestre salue la "solidarité remarquable" venue de partout des bénévoles du pays, du milieu institutionnel, privé et des entreprises privées.

Le roi Philippe attendu pour des commémorations

Ce jeudi 14 juillet, le roi Philippe se rendra à Chênée (Liège) pour des commémorations. "Les gens ont sans doute encore du ressentiment et c’est légitime. Mais nous avons tenu à organiser cet événement avec une œuvre symbolique qui rappellera cet événement tragique", assure Daniel Bacquelaine. Selon lui, cette commémoration est "importante car c’est une reconnaissance du drame qu’ont vécu les sinistrés."

De ce tragique événement, le bourgmestre retient "la solidarité et la fraternité avec la population." "C’est gravé et c’est l’une des clés de la reconstruction à Chaudfontaine."

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