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Présidentielle en France

Daniel Cohn-Bendit sur le débat Macron Le Pen : "Quand vous avez marqué 5 buts et qu’il reste une heure à jouer, vous en avez un peu ras-le-bol"

Matin Première : Daniel Cohn-Bendit

21/04/2022

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21 avr. 2022 à 06:43 - mise à jour 21 avr. 2022 à 10:30Temps de lecture3 min
Par Ambroise Carton sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux et François Heureux

C’est un moment incontournable de la vie politique française : les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle s’affrontaient ce mercredi soir lors du traditionnel débat de l’entre-deux tours. Un face-à-face qui opposait Emmanuel Macron, président sortant, et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen.

Qui sort gagnant de ce débat ? Pour Daniel Cohn-Bendit, ex-député européen, c’est clairement l’actuel président de la République qui l’emporte. "Si elle voulait démontrer qu’elle était présidentiable, elle n’a pas réussi", tacle-t-il d’entrée de jeu. Et d’ajouter : "Si on juge le débat, si on juge non seulement la qualité mais aussi ce qu’elle a apporté, Marine Le Pen est une bonne candidate… une candidate qui pourrait être députée. Quand je me projette l'idée de qui peut être présidentiable, elle ne l’est pas."

L’ancien coprésident du groupe Verts/Alliance Libre Européenne au Parlement européen estime que la candidate avait perdu avant même de commencer. "Comme ses projets ne tiennent pas debout, elle peut se préparer comme on veut. On l'a vu dès le début où elle a été étouffée sur le pouvoir d'achat qui est quand même sa stratégie. [...] Mais ce qu’elle propose est ridicule. [...] Dès le début, on voit que ses propositions ne tiennent pas debout. Ce n’est pas qu’elle n’est pas bien préparée, c’est qu’elle n’a rien à dire qui tienne fondamentalement la route."


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En résumé : Emmanuel Macron a frappé et Marine Le Pen a pris des coups. Ce grand amateur de ballon rond se lance alors dans une métaphore footballistique. "Quand, à un moment, vous sentez qu’en face de vous ça ne tient pas la route, vous commencez à vous ennuyer. Quand vous jouez au foot, que vous avez marqué 5 buts et qu’il reste une heure à jouer, vous en avez un peu ras-le-bol."

Bien calé dans son fauteuil, le président n’avait plus qu’à récolter les points, analyse Daniel Cohn-Bendit. "C’est là qu’on a vu qu’il se relâchait et qu’il voyait les choses de haut. Certains le lui reprochent."

Fallait-il qu’Emmanuel Macron accepte ce débat avec Marine Le Pen ? Celui qu’on a jadis surnommé "Dany le rouge" à l’époque de Mai 68 pense qu’il "faut débattre". Selon lui, "l’extrême droite fait partie du paysage politique français, ce n’est pas en ne débattant pas que vous protégez un pays de l’extrême droite."

Daniel Cohn-Bendit décrit alors une France divisée en deux camps. "Ce débat sert au moins à essayer de faire comprendre à ceux qui le regardent qu’il y a des limites qu’il faut décrire. Et je crois que là on a vu en tout cas qu’il y a deux France qui s’opposent : une France qui pense qu’on peut faire n’importe quoi contre une religion au nom d’un combat contre l’islamisme ; et une France plurielle qui dit qu’il faut lutter contre l’islamisme, mais qu’on n’a pas le droit de faire n’importe quoi dans une démocratie."

"Climatosceptique" vs. "climatohypocrite"

Actif par le passé au sein du parti Europe Ecologie en France, Daniel Cohn-Bendit est revenu sur la passe d’arme climatique du débat de ce mercredi. Une séquence où Emmanuel Macron a qualifié sa rivale de "climatosceptique". Réponse du tac au tac de Marine Le Pen : "Vous, vous êtes un peu climatohypocrite". Verdict de Daniel Cohn-Bendit sur la vision écologique du président : "Je crois qu’il apprend beaucoup. Les écolos disent pas assez vite. Il évolue. Dans sa conception politique, le changement de paradigme qu’impose la transition écologique et le débat sur le réchauffement climatique, cahin-caha, il y va."

Dans ce contexte, il prédit que "pour les législatives, l’écologie sera un marqueur important du débat politique". Mais, enchaîne-t-il, "le grand problème de la France, c’est que le scrutin majoritaire à deux tours étouffe la démocratie. En France, on ne sait pas ce que c’est que négocier, on ne sait pas ce que c’est qu’un compromis".

Un compromis à la belge peut-être ? "Je l’avoue, la Belgique n’est pas toujours un bon exemple", sourit Daniel Cohn-Bendit. Il n’empêche, conclut-il, "le prochain quinquennat en France doit être un quinquennat de la négociation et du compromis. Si  Emmanuel Macron n'arrive pas à cela, il affrontera en permanence 60% de la société qui sera toujours contre lui".

Sujet du journal de la mi-journée sur le débat en question :

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