Chroniques

Dans deux ans, on vote

Philippe Walkowiak

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05 avr. 2022 à 10:11Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

 

La petite polémique née autour des déclarations de la ministre Lalieux révèle aussi les tensions électorales à venir. Le PS bruxellois enchaîne les mauvais sondages, même si l’heure n’est pas encore à la panique, cela relève d’un état d’esprit. Le Parti Socialiste de la région bruxelloise tente de se rassurer comme il le peut, s’appuyant ainsi maladroitement sur ses participations au pouvoir.

Leadership

Le PS a enregistré en 2019, son pire score électoral depuis l’instauration du suffrage universel. Mais demeurant le premier parti de Bruxelles et de Wallonie, cela lui a permis de garder la main sur la formation des gouvernements de Bruxelles et de Wallonie et co-former l’exécutif fédéral.

Autant dire que bien plus que le résultat, c’est l’ordre d’arrivée qui importe dans notre système politique particratique.

Selon le dernier baromètre Ipsos, Ecolo et MR sont au coude à coude pour la première place à Bruxelles, le PS glissant au 4ème rang, derrière le rival PTB tandis qu’en Wallonie, les libéraux talonnent les socialistes, alors que les Bleus se situent à un des niveaux les plus bas depuis 40 ans ! Dans le même temps, PTB et Ecolo gardent la forme.

Tout cela peut expliquer une certaine fébrilité au Parti Socialiste.

Deux ans de campagne

Dans ce contexte, on peut s’attendre à des regains de tensions entre des formations par ailleurs partenaires gouvernementaux.

Le président du MR s’est fixé un objectif de 30% des voix pour sa formation en 2024 ; il en reste loin mais l’ambition est bel et bien celle-là. Georges-Louis Bouchez s’en donnera les moyens, quitte à heurter ses partenaires au fédéral ou dans les exécutifs wallon et communautaire.

Face à cela, Ecolo se la joue profil bas et responsable, comme lorsque les Verts prennent à rebrousse-poil leur électorat traditionnel sur le nucléaire. Cela ne semble pas peser sur l’adhésion.

Entre la virulence du PTB sur les dossiers sociaux, le pragmatisme d’Ecolo et la rivalité avec un MR dont il est le partenaire, le Parti Socialiste se retrouve au centre de tensions électorales centrifuges, principalement à Bruxelles.

Bien entendu, à deux ans de l’échéance, les jeux sont loin d’être faits mais les tendances lourdes persistent. De quoi pour certains, la tentation de lancer la campagne de loin…

 

@PhWalkowiak

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