La passion selon...

Dans la France du XVIIe siècle, soufflent des airs de cour, des airs sérieux et des airs à boire

Peinture d'Abraham Bosse, les cinq sens

© Domaine public

07 déc. 2021 à 10:31Temps de lecture2 min
Par Céline Scheen

La soprano Céline Scheen nous emmène dans la France du XVIe et du XVIIe siècles, à la découverte des airs de Cour et des airs sérieux. 

L’air de Cour apparaît en France dans la seconde moitié du XVIe siècle, en parallèle du madrigal en Angleterre et en Italie, et se présente tel une pièce strophique pour une ou plusieurs voix, accompagnée au luth.

Air de cour, symbole de la culture galante

Il naît dans les foyers artistiques initiés par des princes mécènes, et des cercles raffinés tenus par des femmes cultivées de la bourgeoisie.

Dans ces lieux de rencontres, se côtoient les artistes, dont les meilleurs poètes du moment et les musiciens.

Forts de ces échanges humanistes, le langage musical est assez simple. Tout est fait pour privilégier l’intelligibilité du texte. Cette suprématie du texte lie le genre aux efforts des poètes pour formater une poésie française.

Souvent, ces airs sont rythmiquement mesurés, mais n’ont pas une battue régulière. Ils se calent sur les pieds de la poésie, et ces successions de "longues" et de "brèves".

Certains servent de Timbres ; cela veut dire qu’on pouvait y adapter divers textes, en fonction des pieds… c’est pour cela que nous retrouvons des musiques semblables portant des textes différents…

C’est aussi à cette époque que va naître la basse continue, cette basse chiffrée sur laquelle on construit les accords. Elle va doucement remplacer la tablature, sorte de mini-schéma sur lequel est indiqué la position des doigts sur l’instrument.

L’air de cour évoque le plus souvent les sentiments amoureux, souvent déçus et en souffrance en raison de l’absence de l’être aimé, ou encore de nostalgiques souvenirs d’une joie passée.

Après 1650, plusieurs formes de chansons détrônent parfois un peu l’air de cour. Ou alors il se transforme, s’élargit. Vont apparaitre l’air sérieux, l’air en rondeau ou encore l’air à boire…

L’air de Cour, dans son esprit populaire, a joué un grand rôle dans la formation du vaudeville, du théâtre en chansons, et même de l’opéra baroque français.

De l'air de cour à l'air à boire

L’air sérieux va, lui, s’appuyer sur de la poésie plus légère, précieuse, galante, divertissante.

Il est l’emblème musicale des "ruelles", ces salons et cercles lettrés où l’on pratiquait l’art de la conversation. Ses thèmes sont souvent galants ou champêtres…

L'air à boire, quant à lui, contraste en nous contant l’exubérance de la vie, avec des poésies récréatives et festives.

La définition de la chanson à boire nous dit : "chanson de fin de repas qui encourage la consommation de vin, plus largement d’alcool."

L’air à boire de l’époque porte en lui déjà tous les ingrédients de la chanson à boire, ajoutant les plaisirs absolus de la chair et de la vie…

Certains textes incitent à la gauloiserie ou à la licence sexuelle.

Céline Scheen nous propose d'en écouter des extraits dans sa chronique La passion selon.

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