RTBFPasser au contenu

Info

Dans le sport, les femmes continuent de marquer des points

La Semaine Viva - Gaëtane Vankerkom et Christine Schréder sur les sports féminins

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

25 janv. 2020 à 07:214 min
Par Maxime Maillet

Les Belgian Cheetah, les Belgian Cats, les Red Flames et les Red Panthers. Peut-être ces noms vous sont-ils inconnus ? Il s’agit en réalité des surnoms – respectivement – des équipes nationales féminines de 4x400 mètres, de basket-ball, de football et de hockey sur gazon.

Le 24 janvier marque la journée internationale des sports féminins qui – longtemps dans l’ombre de leurs pendants masculins – gagnent aujourd’hui en succès et en reconnaissance. Le chemin reste toutefois encore long.

La Semaine Viva a invité deux journalistes sportives – Gaëtane Vankerkom et Christine Schréder – pour parler de l’évolution des pratiques sportives féminines, mais aussi de leur expérience en tant que journalistes travaillant dans un milieu encore très masculin.

Les Red Flames
Les Red Flames © Tous droits réservés

Des sportives performantes

Si les médias ont longtemps boudé les sports féminins, les deux journalistes sportives reconnaissent aujourd’hui une belle évolution.” J’ai l’impression que 2020 sera une année charnière. “avance avec enthousiasme Gaëtane Vankerkom, adjointe à la rédaction des sports et journaliste sportive depuis 18 ans. Preuve en est : la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège “version dames” seront diffusées pour la première fois cette année en direct télé !

Cet intérêt récent des médias s’explique d’abord par la grande qualité de nos sportives belges et leurs résultats dans les différentes compétitions européennes et internationales – résultats parfois meilleurs que ceux de leurs confrères masculins ! “Nous avons des sportives qui nous représentent bien et qui sont assez performantes.” indique Gaëtane Vankerkom. Ainsi, aujourd’hui, des figures sportives féminines émergent et s’imposent dans leur discipline comme Nina Derwael (gymnastique), Nafissatou Thiam (athlétisme), Elise Mertens (tennis) ou Emma Meesseman (basket-ball).

Christine Schréder, journaliste sportive depuis 22 ans que vous pouvez retrouver notamment sur La Deux pour l’Europa League, met en avant un deuxième facteur : l’intérêt de notre société pour une plus juste représentation des femmes. “C’est dans l’ère du temps de se pencher – plus que jamais – sur ce que font les femmes dans la société. Le sport n’y échappe pas. “

Nina Derwael
Nina Derwael © Tous droits réservés

De nouvelles générations de sportives soutenues par les fédérations

Cette valorisation du sport féminin – à travers les performances de nos sportives et une plus grande représentation médiatique – inspire de plus en plus des jeunes filles prêtes à se lancer dans l’aventure sportive. “Quand on était jeune, les filles pratiquaient moins le sport – individuellement ou collectivement – à un haut niveau. “explique Christine Schréder.

L’ancienne chroniqueuse de la Tribune souligne également le rôle des fédérations sportives. “Peut-être ces fédérations étaient autrefois plus frileuses avec le suivi de nos sportives, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. On peut le voir par exemple avec nos hockeyeuses où la fédération met aussi bien l’accent sur les Panthers [équipe féminine] que les Lions [équipe masculine].” La médiatisation des sports féminins s’accompagne en fait d’un financement qui permet aux fédérations de mettre en place un encadrement et un suivi plus adapté aux sportives.

En ce sens, les fédérations jouent désormais un rôle clé de soutien dans le passage au niveau professionnel, comme l’explique Gaëtane Vankerkom. “Les fédérations font de nos jours plus attention, parce que les filles ont plus tendance à abandonner au moment où il faut se professionnaliser et se consacrer pleinement à son sport.” Ainsi, par exemple, si les footballeuses belges gagnent évidemment bien moins que les Diables Rouges, elles reçoivent néanmoins des salaires assez “honorables” et peuvent désormais vivre de leur pratique sportive.

Les Red Panthers
Les Red Panthers © Tous droits réservés

Être une journaliste sportive

Dans un premier temps, Gaëtane Vankerkom reconnaît qu’elle a dû au départ un peu batailler pour proposer des sujets de sport féminin au sein des rédactions sportives. “Mais aujourd’hui nous sommes suffisamment de journalistes féminines pour ne pas devoir justifier la proposition de ces sujets. La rédaction des sports de la RTBF n’est pas si masculine et nos confrères masculins sont très chouettes ! “

Christine Schréder n’a pas spécialement connu de difficultés pour s’imposer dans ce milieu – en rédaction ou sur le terrain. “J’ai rencontré à mes débuts André Remy, un rédacteur en chef très à l’écoute. Il ne souhaitait pas faire de distinction de genre. […] Il est vrai toutefois qu’il faut arriver dans ce milieu avec une certaine dose de confiance en soi.” Elle reconnaît également qu’en tant que femme, elle n’a pas le droit à l’erreur. “Une femme doit avoir parfois un fameux aplomb pour tenir tête à des hommes […] On est parfois la seule femme au milieu d’une confrérie masculine.

Gaëtane Vankerkom, elle, met en avant certaines évolutions. “Lorsque j’étais une jeune journaliste, les interviews se faisaient encore dans les vestiaires. Je me souviens de ma première interview au Sporting d’Anderlecht comme stagiaire : j’ai dû attendre devant le vestiaire et j’ai été chassée comme si j’étais une espèce de groupie…” Le sport – et en particulier le football - reste parfois un milieu très masculin. “Pendant longtemps, sur les invitations des conférences de presse, on pouvait lire “Bonjour Messieurs”. On ne pouvait pas s’imaginer qu’on s’adressait peut-être à des dames…” Dernièrement, la journaliste de la RTBF est également tombée sur un entraîneur de football – un peu macho – qui faisait semblant de ne pas comprendre sa question.” Je me suis dit que si j’étais un homme, je n’aurais probablement pas vécu ce moment gênant…

Les Belgian Cheetah
Les Belgian Cheetah © Tous droits réservés

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous