Politique

D’après Georges-Louis Bouchez, la création d’emploi est "la seule solution pour réduire le déficit public"

L'invité de Matin Première: Georges Louis Bouchez, président du MR

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02 juin 2022 à 07:21 - mise à jour 02 juin 2022 à 12:24Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck sur base de l'Invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

Le MR veut faire de la création d’emploi la priorité des différents gouvernements. Est-ce le retour du "Jobs, jobs, jobs" de Charles Michel ? Et comment intégrer tout cela parmi toutes les priorités actuelles ?

Selon Georges-Louis Bouchez, ce sont les "emplois, emplois, emplois" qui font face aux "taxes, taxes, taxes". "Aujourd’hui, j’entends du côté de la gauche plein de créativité en matière de taxes. Mais quand on parle de création d’emploi, on ne le fait pas par dogmatisme, c’est la seule solution pour réduire le déficit public", ajoute-t-il.

Le président du MR pointe trois chiffres : "la Belgique fait partie des cinq pays européens qui ont le plus faible taux d’emploi, des trois pays européens qui ont le plus haut niveau de fiscalité ainsi que des trois pays européens qui ont le plus haut taux de déficit."

"Moins vous avez de gens qui travaillent, plus vous devez prélever beaucoup d’impôts sur eux pour avoir les moyens de votre politique. Et quand vous avez plus de prestations sociales, votre déficit est plus important."

L’augmentation de quotité exemptée d’impôt

Pour rappel, l’accord de gouvernement vise 80% de taux d’emploi d’ici 2030. Or, la Belgique connaît deux problèmes sur le marché du travail : le chômage (315.000 personnes) et les malades de longue durée (500.000 personnes).

"En matière de chômage, il faut augmenter l’activation, c’est-à-dire avoir des sanctions plus strictes pour les personnes qui refusent deux emplois dans des secteurs en pénurie ou deux formations. Cela après deux ans", explique le président du MR. Alors, va-t-on vers une dégressivité totale ? Pas pour l’instant, explique-t-il. "Cela veut dire une dégressivité beaucoup plus importante."

On propose que vous ne payiez pas d’impôt jusqu’aux 12.000 premiers euros

Par ailleurs, le MR propose l’augmentation de quotité exemptée d’impôt. "Aujourd’hui, vous ne payez pas d’impôt sur les 9000 premiers euros. On propose que vous ne payiez pas d’impôt jusqu’aux 12.000 premiers euros."

D’après Georges-Louis Bouchez, cela va revaloriser prioritairement les bas salaires. "Les personnes qui gagnent 1200-1300 euros par mois, ce sera plus de cash dans leurs poches. Et donc ça veut dire que vous aurez un plus grand intérêt à travailler par rapport à l’allocation sociale, ce qui n’est pas suffisamment le cas aujourd’hui."

Les malades de longue durée

Quid des malades de longue durée ? Faut-il être plus ferme pour réactiver ces malades de longue durée sur le milieu du travail ?

"Il faut la sanction, mais il faut aussi l’incitant", estime Georges-Louis Bouchez. "Aujourd’hui, vous pouvez travailler jusqu’à 20% sans perdre votre allocation d’incapacité ou d’invalidité. Nous proposons d’augmenter ce chiffre à 30%."

"Parce qu’il y a un grand problème en Belgique, c’est le système ON/OFF. Soit vous ne travaillez pas, parce que vous être en incapacité, en invalidité ou en chômage. Mais dès que vous commencez à travailler un petit peu on vous sanctionne tout de suite sur votre allocation."

Le MR propose un système plus progressif. "Cela veut dire que vous pourriez travailler dans un tiers-temps, par exemple, et garder l’entièreté de votre allocation d’incapacité/invalidité pendant un certain temps pour que vous ayez le petit coup de boost qui remette en activité."

Quid des bas salaires ?

En ces temps de crise, même les travailleurs sont susceptibles de basculer dans la précarité. En effet, certains bas salaires gagnent déjà trop pour bénéficier du tarif social et de la protection des différentes institutions. A court terme, que peut faire le gouvernement ?

"Dans les deux prochaines années, les entreprises vont dépenser vingt milliards de plus en augmentation salariale via l’index", commence Georges-Louis Bouchez. Or quand l’index augmente, les revenus pour l’Etat augmentent – ce qui nourrit d’ailleurs la sécurité sociale et donc les finances publiques.

"Ce que nous proposons, c’est que sur un des index, on immunise le paiement des cotisations sociales par les entreprises, des cotisations sociales par le travailleur. Cela veut dire un milliard d’euros économisé par les entreprises pour maintenir la compétitivité et le niveau d’emploi. Et de l’autre côté, 500 millions pour les travailleurs, qui s’ajoutent à deux paquets d’un milliard qui ont déjà été fait", explique-t-il.

En d’autres termes, il s’agit d’un glissement : les recettes engendrées par l’indexation des salaires basculent vers les entreprises et les travailleurs.

Il y a une poche de vingt millions qui doit aller sur les salaires bas et médians

"Ce que l’on dit au niveau du MR, c’est qu’il y a une poche de vingt millions qui doit aller sur les salaires bas et médians. Pour nous c’est important de penser aussi aux salaires médians, qui sont toujours les grands oubliés."

"Ça ne coûte rien aux finances de l’Etat, puisque c’est une non-recette", ajoute le président du MR.

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