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Belgique

Dave Sinardet (politologue) : "Il y a une pile de dossiers explosifs que le gouvernement doit gérer"

Dave Sinardet (politologue): " Il y a une pile de dossiers explosifs que le gouvernement doit gérer "
22 mai 2021 à 07:10 - mise à jour 22 mai 2021 à 07:54Temps de lecture2 min
Par Lucie Hermant

Dave Sinardet, politologue à la VUB et à l’université Saint-Louis, était l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 22 mai sur La Première. Il fait l’état des lieux de la politique en Belgique à l’heure de la crise sanitaire, des violences qu’elle éveille et des défis qui restent à relever.

Le Grand Oral de Dave Sinardet

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"Le tandem De Croo–Vandenbroucke s’est rompu. Depuis le début, ils formaient un axe très fort, qui était aussi sur la même ligne que les virologues les plus strictes. Mais maintenant, je crois qu’Alexander De Croo a réalisé qu’on vivait un tournant dans la société, de plus en plus de gens commencent à avoir du mal à accepter les restrictions assez graves sur les libertés individuelles, sur les droits fondamentaux."

Mais Dave Sinardet ne pense pas que les problèmes du gouvernement viendront directement de là.

"Il faut toujours prendre un peu de recul. Parfois il y a des tensions à des moments spécifiques, mais ça ne veut pas dire que ça dure pendant des années. En revanche, ce gouvernement a toujours une pile de dossiers importants qui l’attend : une réforme fiscale, une réforme des pensions, une réforme du marché de l’emploi et peut-être même une réforme de l’Etat sur laquelle le CD&V voudra avancer. Tout cela avec un accord de gouvernement qui est extrêmement vague sur toutes ces questions.

C’est un peu l’ironie en Belgique : on a connu une des formations de gouvernement les plus longues de l’histoire avec un accord de gouvernement des plus vague. On a sept partis, qui sont autant assez à gauche qu’assez à droite, donc il est clair qu’il y a beaucoup d’explosifs pour les prochaines années."

Vers une Belgique à 4 ?

"La Belgique à quatre, c’est un peu la nouvelle formule magique ! Techniquement, ça voudrait dire qu’on se débarrasse des Communautés et qu’on garde les trois Régions actuelles et le fédéral. On entend beaucoup que ça va décomplexifier le système… C’est vrai qu’on passerait de 6 gouvernements à 5 gouvernements, mais est-ce que ça fera une grande différence ? On peut se le demander. La Flandre continuera quand même à organiser son enseignement et sa culture à Bruxelles. La RTBF va bien sûr continuer d’exister, il faudra des accords de coopération commune, etc. Ça donne l’impression qu’on ne va pas au fond de la logique. Je crois qu’un des grands problèmes, c’est aussi les Régions en tant que telles. Elles ont été établies en fonction des logiques linguistiques, mais en termes socio-démographiques, il ne s’agit pas du tout des bonnes frontières pour la Région bruxelloise."

L’éternel recommencement

Peut-on encore se permettre des querelles communautaires à l’heure où les extrémismes prennent de l’ampleur depuis le début de la crise ?

"Le problème avec la réforme de l’Etat, c’est que c’est un peu un mouvement perpétuel : la Belgique ne fonctionne pas, on veut réformer en y consacrant énormément d’énergie politique, de temps, on laisse tomber tout le reste. Puis finalement on réalise que tout est devenu encore plus compliqué, encore plus coûteux et de moins en moins de gens comprennent comment ça fonctionne. La solution est alors de refaire une nouvelle réforme de l’Etat, et ainsi de suite. Ça n’a pas beaucoup de sens."

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