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De Bruxelles à Sète à vélo avant le Maroc : 1300 kilomètres et un défi pour douze jeunes de Molenbeek

Ali El Abbouti à gauche avec une partie de jeunes cyclistes de Molenbeek, à Villegusien le lac.

© FACEBOOK

Plus que neuf jours avant d'arriver à Sète, dans le sud de la France. Les mollets et les cuisses brûleront encore d'ici là mais le défi sera relevé pour douze jeunes de Molenbeek: 1300 kilomètres à vélo depuis Bruxelles, avant de prendre le bateau direction le Maroc.

Ils sont âgés entre 16 et 22 ans et ont décidé de passer un été sportif. Une idée qui a germé au sein de l'ASBL du Foyer des Jeunes de Molenbeek et qui s'est concrétisé le vendredi 1er juillet lors du grand départ. Ce dimanche, le peloton dont la motivation n'a rien à envier à celle des coureurs en lice au Tour de France est déjà à une centaine de kilomètres de Lyon. 

Une idée venue après le confinement 

Sur son deux-roues, pédalant avec les jeunes, Ali El Abbouti, éducateur spécialisé au Foyer. L'idée de ce périple, nous dit-il, lorsque nous le contactons par téléphone, est venue après le confinement de 2020. "Avec les autres éducateurs, on ne pouvait pas à cette période-là rencontrer les jeunes. Donc, on s'est dit qu'il fallait organiser des activités en extérieur, pour garder le lien. L'idée de balades à vélo est venue avec des trajets courts d'abord, vers Huizingen en périphérie par exemple. Et puis, un jour nous sommes allés jusqu'à Amsterdam. 350 kilomètres tout de même!"

Au retour des Pays-Bas, les jeunes se chambrent: et si on allait à vélo jusqu'au Maroc? Une autre paire de manches et de jantes. "Et puis, ça a pris forme", s'étonne lui-même Ali El Abbouti, surnommé "Ali Bob".

La phase d'entrainement est lancée. Mais le parcours ne sera pas aussi long: partir sur la route deux mois et avaler plus de 2000 kilomètres est impossible pour certains jeunes scolarisés qui doivent aussi préparer leur rentrée. Le compromis sera de rallier Sète en 20 jours avant de prendre le ferry jusqu'au Nord du Maroc. Soit 40 heures de malle!

Le projet, ce n'est pas juste faire du vélo

"On a dû tout organiser avec mon collègue Ayoub. C'est-à-dire segmenter le trajet, définir les étapes. Nous avons fait en fonction des villes sur le trajet. Nous avons aussi décidé de ne pas dormir à l'hôtel. C'est camping - nous avons pris avec nos tentes - ou accueil par les mairies, les maisons de jeunes, dans des gymnases, des salles de fêtes..."

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Ce contact avec les habitants était essentiel pour le Foyer des Jeunes de Molenbeek. "Le projet, ce n'est pas juste faire du vélo. C'est aussi découvrir une autre culture, d'autres jeunes, d'autres parcours..."

Comme à Saint-Dizier, en Haute Marne (Est de la France). "On y a reçu un accueil royal. Les jeunes de la commune et leur maman nous ont préparé à manger. On a joué un match de foot ensemble. Ils ont passé un vrai bon moment. L'échange était très riche pour les deux groupes. On a pu montrer également aux Français une autre image de Molenbeek. Nous sommes des ambassadeurs positifs. Les gens sur place ont été agréablement surpris par la joie de vivre de notre groupe. Et on sait déjà qu'à Lyon, des jeunes sur place nous attendent. Il y aura un barbecue, une soirée jeux de société... Ce sont des beaux moments de partage" immortalisés à chaque fois pour être relayés sur les réseaux sociaux, quand la presse locale n'en fait pas écho.

Une dizaine de crevaisons

Pour arriver à bon port, les Molenbeekois, cinq filles et sept garçons, ont suivi un entraînement, on l'a dit. Mais ils ne sont pas des forçats de la route. "Nos étapes font 60 kilomètres. Jamais moins. La plus longue faisait tout de même 115 kilomètres. A ce moment-là, c'est le mental qui joue, pas juste le physique."

Sur ces longues distances, tout peut survenir. Le coup de fringale, l'incident mécanique, la crevaison... "Une dizaine déjà", soupire en souriant Ali Bob... "Une voiture-balai nous suit avec le matériel et deux vélos de secours. Les jeunes ont même reçu une formation pour pouvoir réparer leur vélo. En général, on réalise les réparations le soir, à l'arrivée."

Une expérience unique

A mi-parcours, les jeunes ressentent déjà beaucoup de fierté. "C'est une expérience unique pour eux. Elle valorise la confiance en soi. Certains n'étaient pas trop confiants au départ. Mais là, ils se rendent compte qu'ils ont déjà roulé plus de la moitié du chemin. Ils s'encouragent entre eux, ils sont solidaires les uns les autres."

Le dépassement, la rencontre, la solidarité et l'écologie. "On sensibilise nos jeunes à cette question. C'est la raison pour laquelle nous avons opté pour des modes de transports plus doux: vélo, bateau...

L'arrivée à Sète est prévue le 19 juillet. Pas de remise de maillot jaune mais le sentiment d'avoir réalisé un bel exploit. Le périple des douze Molenbeekois est à suivre en récits et en photos, en quotidien, sur la page Facebook du Foyer des jeunes.

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