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De plus en plus de loups identifiés en 2022 en Wallonie, une tendance qui ne va pas s’arrêter

© Jean-Paul Legrand

Le réseau Loup wallon a fait le bilan de l’année 2022. Davantage de loups ont été identifiés sur le territoire wallon cette année. Une tendance qui va continuer avec l’installation d’un nouveau couple dans l’est du pays. Plus de loups signifie aussi davantage d’attaques sur les moutons principalement. Mais la Région continue de conseiller, indemniser et aider financièrement les éleveurs à se protéger.

Neuf à dix loups sont installés de façon permanente en Wallonie. Dans les Hautes Fagnes, la seconde portée de Maxima et Akela comprend 5 louveteaux cette année. Trois des quatre jeunes nés l’année dernière ont quitté la meute à la recherche d’un nouveau territoire. L’une d’entre eux n’a d’ailleurs pas été très loin puisqu’elle a rejoint le loup déjà installé dans la zone de Butchenbach-Bullange pour former un second couple en Wallonie.

Loups dans les Hautes Fagnes

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En parallèle, treize autres loups ont été identifiés grâce à leur ADN en Wallonie durant l’année. De l’ADN retrouvé dans les déjections ou sur les morsures des proies sauvage ou plus souvent, domestiques : "Ce sont des loups de passage à la recherche d’un territoire. Il y a notamment un jeune venu de la meute limbourgeoise né en 2021 qui a tourné autour de la zone de présence permanente (ZPP) de la meute wallonne avant de partir pour la Basse-Saxe (en Allemagne proche de la frontière nord des Pays-Bas). Aucun d’eux n’est resté en Wallonie", explique Alain Licoppe du Réseau loup wallon. On considère généralement qu’un loup est installé quand nous avons des indices de présences pendant une période de 6 mois.

Carte des occurrences de loups en Wallonie pour l’année 2022.
Carte des occurrences de loups en Wallonie pour l’année 2022. © DEMNA

Plus de loups et donc plus d’attaques

En 2022, 76 attaques sur des proies domestiques (moutons surtout) ont été constatées en Wallonie. Neuf d’entre elles ont été commises par des loups de la zone de présence de la meute et du couple. Le réseau loup en dénombre autres 17 attribuées avec certitude en dehors de cette zone et donc par des loups de passages dits "dispersants". Par rapport à 2021, cela signifie 53% d’attaques supplémentaires avec notamment 3 bovins (jeunes veaux ou génisse).

Pour indemniser les éleveurs touchés, la Wallonie a dépensé 22.245 euros en 2021 et 29.548 euros en 2022. Une tendance à la hausse qui va continuer ces prochaines années : "Les populations, en Allemagne notamment grandissent et nous envoient des loups dispersants même si quelques individus de lignée italo-alpins venus de France ont été identifiés aussi, décrit Alain Licoppe. Le nombre de loups de passage devrait donc théoriquement continuer à augmenter, alimenté aussi à l'avenir par les portées des deux couples wallons et ceux de la meute flamande.

Protection pour les éleveurs et affaire de goût pour les loups

La Wallonie continue donc de conseiller les éleveurs, de leur fournir des clôtures électrifiées mobiles lorsqu’ils sont attaqués mais aussi de financer en partie des protections permanentes dans les territoires où le loup est installé. Pour contrer certaines idées reçues mais aussi rassurer les éleveurs, le réseau loup a constaté que les attaques ont été sous contrôle chez les éleveurs qui ont installé des protections efficaces. Une étude des excréments sur le territoire de la meute a également permis de démontrer que le loup se nourrit à 96,9% de proies sauvages et à 3,1% de proies domestiques seulement.

Théoriquement le territoire wallon pourrait compter de 15 à 20 meutes à l’avenir. Plusieurs massifs boisés et giboyeux conviennent parfaitement pour son installation. Si aucun des treize loups identifiés cette année n’a choisi de s’y arrêter, ce n’est que partie remise pour les prochaines années.

Le mâle de lignée italo-alpine a été rejoint par une jeune louve issue de la meute des Haute Fagnes pour former le deuxième couple de loups wallons en mai 2022.
Le mâle de lignée italo-alpine a été rejoint par une jeune louve issue de la meute des Haute Fagnes pour former le deuxième couple de loups wallons en mai 2022. © DEMNA

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