Regions Bruxelles

De Schaerbeek à Haren : une trentaine de Roms slovaques campent dehors sans eau ni sanitaires

Une partie de la famille Sivak, dont une quinzaine d’enfants, campe dans des conditions précaires après avoir dû quitter la maison qu’ils occupaient depuis neuf mois.
28 juil. 2022 à 09:00Temps de lecture2 min
Par Véronique Fievet

Depuis ce lundi, une famille élargie, composée de plusieurs couples et une quinzaine d’enfants, a installé un campement précaire sur un terrain vague de Haren. Au bout d’un petit chemin, dissimulées derrière quelques buissons, quelques tentes, des packs de bouteilles d’eau et de gros sacs de vêtements. Aucun accès à l’eau ni aucun sanitaire ne sont prévus. Des conditions de vie très précaires qui font suite à l’expulsion de la maison qu’ils occupaient à Schaerbeek depuis fin 2021.

De squats en foyers d’accueil ou en campements précaires, depuis dix-sept ans

Milan Sivak, le patriarche, est assis sur une caisse, entouré de ses fils, ses filles et ses nombreux petits enfants. Ils expliquent tant bien que mal ce que fut leur parcours depuis leur arrivée en Belgique en 2005. Le parc Maximilien, la gare du Nord, les squats, les foyers du Samu social. Cette (grande) famille a connu toutes les formes de logements précaires mais dix-sept ans après son arrivée à Bruxelles, les trois générations errent toujours dans Bruxelles sans avoir jamais pu s’installer durablement nulle part.

Le Fonds du Logement, propriétaire de la maison, voulait récupérer son bien

Depuis fin 2021, la famille squattait une maison à Schaerbeek. Une maison que le propriétaire, à savoir le Fonds du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale, a souhaité récupérer pour entamer des travaux. Cette expulsion était-elle indispensable ? Oui selon Philippe Jacquemein, responsable de la gestion du patrimoine locatif :"Cet immeuble unifamilial devait faire l’objet d’une rénovation importante avant d’être confié à une famille qui est en liste d’attente chez nous depuis longtemps. 4143 noms figurent actuellement sur cette liste, certains depuis plusieurs années. Il n’y avait pas de raison de leur accorder un passe-droit".

Loading...

Alors combien de temps la famille Sivak dormira-t-elle sous tente à Haren ? Les militants du Comité contre le mal logement tentent de leur venir en aide et dénoncent l’expulsion de la famille. Mais leur trouver un logement sûr et durable risque d’être très compliqué. La Slovaquie fait partie de l’Union Européenne, ses ressortissants ne sont ni réfugiés ni demandeurs d’asile. Les communes ne se bousculent pas non plus pour les prendre en charge. Quant au Samusocial, (où ils ont été déjà hébergés), il ne dispose malheureusement pas de places en suffisance pour toutes les familles qui dorment à la rue.

Articles recommandés pour vous