RTBFPasser au contenu

Regions Liege

Début de l'édition 2022 de Nourrir Liège, le festival de la transition alimentaire

Début de l'édition 2022 de Nourrir Liège, le festival de la transition alimentaire

La sixième édition de Nourrir Liège, le festival de la transition alimentaire, débute ce 5 mai. L’angle choisi pour cette année est celui du rapport entre alimentation et santé.

Le QG de Nourrir Liège est installé place Cathédrale. Mais jusqu’au 15 mai, des activités sont prévues aux quatre coins de Liège.

Nourrir Liège offre une vitrine aux acteurs de la transition alimentaire. Elisabeth Gruié est la coordinatrice du festival : "Le festival Nourrir Liège, c’est vraiment un point clé, pendant 11 jours, qui permet de montrer qu’il y a beaucoup de diversité et beaucoup d’acteurs en lien avec l’alimentation locale et qui propose énormément de choses, festives aussi, pour parler de ce qu’on a dans notre assiette, comment c’est produit et pourquoi il faut manger sainement.".

La transition alimentaire ne peut pas s’envisager sans l’adhésion des citoyens. Le festival leur propose plus de soixante activités. "Le grand public peut rencontrer directement des producteurs et des productrices parce que, souvent, on ne les voit pas. Là, pendant 11 jours, ils sont présents sur la place Cathédrale, avec le marché Court Circuit de la Ville de Liège, aussi. Mais aussi, quand il y a des événements plus spécifiques, comme des grandes conférences ou des films percutants, le public peut avoir accès à des personnalités inspirantes.", explique Elisabeth Gruié.

Dans le programme, elle épingle, par exemple, également : "Beaucoup d’ateliers cuisine, faire son pain, du granola bio local, tout un tas d’astuces en fait pour apprendre à utiliser les produits locaux pour se nourrir plus sainement.".

La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise

Cheville ouvrière du festival Nourrir Liège, la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise est une plateforme lancée en 2013 et qui fédère des acteurs de la filière alimentaire, accompagne les nouveaux projets et promeut les initiatives dans ce domaine. Son coordinateur, Christian Jonet, explique : "La notion de ceinture fait référence à la manière dont l’alimentation des villes s’est dessinée historiquement. La ville s’alimentait en couronne : une première couronne avec les produits maraîchers, une deuxième couronne avec la production de fruits, ensuite les activités d’élevage et puis, encore plus loin, les productions céréalières. Nos territoires, évidemment, ont été extrêmement déstructurés par l’exode rural, les nouveaux modes d’habitat. L’objectif, c’était vraiment de fédérer les acteurs de l’alimentation locale et durable autour de la recréation de filières qui permettent de nourrir les Liégeois avec une alimentation locale produite dans les meilleures conditions écologiques et sociales possibles. Ça a vraiment permis d’enclencher un mouvement, une dynamique qui est assez puissante.".

Capture d’écran : la carte des maraîchers de la province de Liège publiée sur le site de la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise
Capture d’écran : la carte des maraîchers de la province de Liège publiée sur le site de la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise Google Maps/Ceinture Aliment-Terre Liégeoise

Christian Jonet poursuit : "D’abord, il fallait recréer toute une série de chaînons manquants. Ça s’est notamment réalisé par la création de toute une série de coopératives qui ont permis de lancer de nouvelles activités, des nouveaux producteurs. Par exemple, c’est une centaine de personnes qui se sont lancées dans des activités de maraîchage sur la province de Liège. Il fallait créer de nouvelles activités, des coopératives de production, de transformation, de distribution, convaincre évidemment les citoyens de consommer ce type d’alimentation. Il fallait aussi essayer d’emmener les pouvoir publics. On a eu la chance de pouvoir tisser des partenariats très intéressants, d’abord avec la Ville de Liège et puis avec toutes les autres communes de l’arrondissement de Liège, autour notamment de la mobilisation des terres que possèdent souvent les pouvoirs publics locaux ou autour du fait de mobiliser les cantines scolaires comme un moyen, justement, à la fois d’alimenter beaucoup mieux les jeunes qui les fréquentent mais aussi de soutenir les filières locales. Il y a une vingtaine de coopératives de production, de transformation et de distribution alimentaires qui ont été créées dans notre réseau. Donc, ça bouge, c’est extrêmement dynamique. Il y a des infrastructures qui sont en train de se construire. Maintenant, la majorité de l’alimentation qui se consomme dans nos villes, par nos populations passe essentiellement, malgré tout, par les centrales d’achat de la grande distribution. Nos réseaux, même s’ils sont dynamiques, même s’ils se développent, restent quand même à la marge du système majoritaire. C’est pour ça que c’est vraiment important de tisser ces partenariats avec les pouvoirs publics, pour vraiment franchir un cap et atteindre une masse critique beaucoup plus importante de consommateurs.".

Transformer la prise de conscience en actes

A ce propos, nous nous tournons à nouveau vers Elisabeth Gruié, la coordinatrice de Nourrir Liège, pour lui demander si l’adhésion du grand public a progressé. "Il y a, je pense, une prise de conscience qui est importante. On l’a vu pendant la période de confinement. Par contre, dans les actes, ça ne se transforme pas forcément puisqu’il y a encore beaucoup d’épiceries qui ferment actuellement. Donc on voudrait vraiment dire aux gens : "OK, maintenant vous êtes sensibilisés mais il faut aussi transformer votre pensée en action.".", répond-elle.

Les organisateurs du festival soulignent par ailleurs que Nourrir Liège a été un pionnier qui, désormais, a essaimé. "En juin, à Verviers. Actuellement à Herstal. Mais aussi à Visé en septembre prochain. A Bruxelles, aussi, à la rentrée prochaine. Et puis, potentiellement jusqu’en France, à Strasbourg, cet été.", relève Elisabeth Gruié.

Précisons encore que Nourrir Liège se déroulera en parallèle et en collaboration avec l’ex-TempoColor Festival rebaptisé L’Autre Festival et déplacé de septembre à mai. Le festival urbain, notamment soucieux depuis toujours du droit à l’alimentation, se tiendra du 6 au 8 mai sur la place de Carmes et aux alentours.

 

Articles recommandés pour vous