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Début du démantèlement du site de Chertal, l’un des emblèmes de la sidérurgie liégeoise

Le site de Chertal est l’un des emblèmes de la sidérurgie liégeoise.
09 mars 2022 à 20:532 min
Par Natacha Mann avec C. Adam

Ça y est ! Après des années sans aucune activité, les travaux de démantèlement d’une ampleur exceptionnelle commencent ce mardi 9 mars à Chertal.

Ce site industriel, inauguré en 1963 et qui a connu plusieurs rachats dont le dernier par ArcelorMittal, a joué un rôle majeur dans la sidérurgie liégeoise. Seuls quelques éléments patrimoniaux et deux bâtiments seront conservés. Le reste sera détruit, mais non sans difficultés.

30 millions d’euros de travaux

Le site est abandonné depuis presque 10 ans.
Le site est abandonné depuis presque 10 ans. Tous droits réservés

Aujourd’hui, Chertal ressemble à l’image que l’on peut se faire d’un décor de fin du monde. Au total, 180 hectares où la vie semble s’être brutalement arrêtée. Mais sur ce site presque abandonné depuis bientôt 10 ans, quelques centaines de bâtiments vont pratiquement tous disparaître. Avec eux, les célèbres poches à scories et autres objets sans valeur que les nombreux pilleurs n’ont pas emportés.

Le plus gros démantèlement jamais réalisé en Belgique

Le démantèlement exceptionnel va débuter mais il prendra 4 années. "Concrètement, il y a trois phases qui vont être mises en œuvre pour chacun des bâtiments" explique Sabine Huc, responsable communication du démantèlement de Chertal. "La première phase, c’est la phase de désamiantage. Ensuite, on va avoir la phase de curage où on va nettoyer le site de tous ses déchets. Et ensuite, la phase d’affalement. Il va y avoir des dizaines d’affalement qui vont avoir lieu. On n’est pas sur un chantier comme le haut-fourneau 6 de Seraing où là, on a fait exploser un bâtiment principal qui est parti."

Ce démantèlement, c’est l’un des plus gros jamais réalisé en Belgique. Soixante personnes y travailleront. Mais qui dit chantier d’exception dit aussi difficultés, notamment pour mettre à terre l’ancienne aciérie. "C’est un bâtiment de 65 mètres de hauteur, il n’y a pas une machine dans le monde qui existe qui sait découper ça, surtout avec les tailles des poutres qui sont là, avec les tailles des fers. On parle de fers qui ont une épaisseur de 11 à 13 centimètres. C’est vraiment énormément lourd. On va donc découper avec des chalumeaux, et on va laisser tomber tranche par tranche" précise Kris Martens, directeur général de SDC Democom, l’entreprise chargée du démantèlement de Chertal.

Certains éléments conservés

Certains éléments seront toutefois conservés. Parmi eux, 21 wagons torpilles.
Certains éléments seront toutefois conservés. Parmi eux, 21 wagons torpilles. RTBF

21 wagons torpilles seront conservés, tout comme deux bâtiments et le château d’eau. A l’arrêt depuis 2013, les machines qui n’ont pas été entretenues ne pourront pas être réutilisées, mais pour des questions environnementales et financières, elles feront l’objet de tri, comme tout ce qui se trouve dans l’usine.

"On n’attaque pas ça avec une grue" ajoute Kris Martens. "Il y a beaucoup de choses qui vont derrière. C’est une grue qui va démolir, mais derrière, il y a des autres grues qui vont trier. Elles vont trier les plastiques, les tôles, les poutres, pour qu’on puisse recycler un maximum. On va séparer les briques, on va les recycler, c’est vraiment pièce par pièce."

Et après ?

Le démantèlement coûtera 30 millions d’euros à ArcelorMittal, toujours propriétaire du site. Après cette première phase viendront l’assainissement des sols et enfin l’éventuelle reconstruction. Tout cela prendra au moins 10 ans, mais à terme, que deviendra le site de Chertal ? A ce stade, il n’y a pas encore de réel projet pour l’un des emblèmes de la sidérurgie liégeoise.

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