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Début du procès de l'explosion rue Léopold à Liège: "On attend que la vérité soit faite"

Début du procès de l'explosion rue Léopold à Liège: "On attend que la vérité soit faite"
07 sept. 2020 à 14:55 - mise à jour 07 sept. 2020 à 14:55Temps de lecture3 min
Par RTBF

Le procès de l'explosion de la rue Léopold à Liège a repris cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Liège. Le drame avait tué 14 personnes et en avait blessé 20 autres dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010.

Quatre personnes se trouvent sur le banc des prévenus: le propriétaire de la maison qui a explosé, deux employés de la Ville de Liège et l'intercommunale des pompiers qui était venue sur place trois jours plus tôt pour une alerte au gaz et qui n'avait rien trouvé.

Pour les familles des victimes, dix ans d'attente, c'est long. Trop long. Aujourd'hui, elles réclament que la lumière soit faite sur cette explosion.

La vérité parait évidente, mais manifestement pas pour tout le monde

Maître Joseph Georges est l'avocat de la soeur d'une des victimes décédées. Ce que sa cliente attend de ce procès, c'est que la vérité soit faite: "C'est une longue attente" explique-t-il, "parce que la tragédie est devenue vraiment vivante pour la personne, parce qu'attendre dix ans pour avoir une réponse... Je crois que les victimes ont droit aussi à un peu de résilience, un peu de compassion, un peu d'attention. Et ici, c'est une longue attente avant de pouvoir être reconnus comme victimes. On attend que la vérité soit faite. Elle nous parait évidente, mais, manifestement, ce n'est pas le cas de tout le monde".

Selon l'avocat, le propriétaire des lieux est manifestement coupable. Mais pas seulement: "C'est un marchand, non pas de sommeil, mais un marchand de mort. Quand on voit comment il entretenait son immeuble, ce qu'il en faisait, ça, c'est manifeste. Et alors le doigt est mis aussi sur la responsabilité des services de sécurité qui étaient au courant de la situation, et il nous apparait que s'ils avaient pris les mesures voulues en temps utiles, on aurait pu éviter ce drame".

Il faut trouver le ou les coupables, ça a assez duré

Benoît Robert est, lui, le père d'une des victimes décédées. Lui aussi attend de ce procès que la vérité soit faite: "Ce que j'attends, c'est que la justice soit impartiale et que, au moins, on trouve un ou des coupables parce que ça a duré assez longtemps. Je pense que là, c'est le moment de dire la vérité, qui est coupable, parce que si on ne trouve pas quelqu'un, une explosion de gaz, ça arrivera encore".

Et pour Benoît Robert, d'autres personnes auraient dû être prévenues à ce procès: "J'aurais bien voulu que d'autres personnes aussi soient prévenues, en tout cas l'ALG, parce qu'il y a un faux, ça a été constaté, et les responsables de l'ALG ne sont pas prévenus. Il y a aussi évidemment la Ville de Liège en la personne de Monsieur le bourgmestre puisque c'est lui le patron de la ville et qu'il a reçu à son bureau, en 2008, deux courriers des assurances qui disaient que la maison était insalubre. Dans une ville, qui prend les décisions pour classer une maison insalubre?, c'est le bourgmestre".

On aurait pu éviter ce massacre procédural

Si la ville n'est pas prévenue dans cette affaire, elle est toutefois civilement responsable. Elle pourrait donc être appelée à indemniser les victimes. Maître Jean-Dominique Franchimont, l'avocat de la Ville de Liège: "Évidemment, pour les parties civiles, dix ans d'attente, c'est intolérable aussi. On aurait pu éviter ce massacre procédural, me semble-t-il, mais malheureusement, le droit, c'est le droit, la procédure, c'est la procédure, et elle doit être respectée, à quelque niveau que ce soit, même quand il y a des malheureuses victimes. Actuellement, la Ville de Liège n'est pas prévenue, elle est civilement responsable". Et s'il y avait des indemnités à verser aux victimes, ce serait plutôt la compagnie d'assurances qui interviendrait puisqu'elle couvre les frais de l'entité Ville de Liège, explique l'avocat.

Mais est-ce que la Ville de Liège se sent responsable de ce qui s'est passé? Me Franchimont répond: "Je pense que la Ville de Liège a toujours eu beaucoup d'empathie pour les victimes. En ce qui concerne le sentiment de tristesse, bien sûr elle l'a. En ce qui concerne l'autre sentiment de culpabilité, ça je ne peux évidemment pas y répondre parce que, à mon avis, ça échappe à toute notion actuellement de l'instruction d'audience".

 

Journal télévisé 13H

Explosion rue Léopold : Première audience du procès

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