Le 6/8

Décès de Charlie Watts : en 1964, l’arrivée des Rolling Stones en Belgique crée l’hystérie

07 oct. 2020 à 09:44 - mise à jour 25 août 2021 à 12:14Temps de lecture3 min
Par François Saint-Amand

Le papy du rock Charlie Watts s’en est allé. Le 6-8 lui a rendu hommage avec une archive de la Sonuma sur le premier passage des Rolling Stones en Belgique et une intervention de Walter De Paduwa.

Le rock est en deuil après le décès de Charlie Watts, le légendaire batteur des Rolling Stones. Le musicien était actif depuis 1963 dans la formation britannique de blues rock, soit presque 60 ans de carrière dans l’un des groupes les plus mythiques de l’histoire de la musique.

En 1965 sort (I Can’t Get No) Satisfaction, un tube planétaire qui fera connaître un autre groupe britannique dans le monde entier juste après les Beatles, et qui renforcera la 'British Invasion' aux États-Unis : les Rolling Stones. Outre la mélodie entêtante à la guitare, le martèlement de la caisse claire sur les 4 temps par Charlie Watts donne son allure vive au morceau. Tout y est déjà : le flegme, le tempo, la sobriété.

Un an plus tôt, au moment où Sylvie Vartan se distingue en France avec La plus belle pour aller danser, les garçons 'rebelles' de la musique, les Stones, commencent à se faire un nom en Europe après la sortie de leur premier album éponyme. Formé en 1962, le groupe se compose alors de Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards, Bill Wyman et Charlie Watts.

Les Stones, les bad boys de la musique

En 1964, les premiers pas des Rolling Stones en Belgique créent déjà l'hystérie

Rapidement, les Beatles, vus comme les gendres idéaux au look propre et soigné, sont opposés aux Rolling Stones, les bad boys, qui représentent la déchéance, à l’attitude désinvolte et aux chansons vulgaires voire satanistes, par les médias.

La RTB ne manque donc pas le premier passage de ces rebelles à Zaventem. L’arrivée de ces stars naissantes à Bruxelles avec leur célèbre manager Andrew Loog Oldham, se déroulait dans le cadre d’une journée de promotion organisée par la firme de Decca en octobre 1964.

Le reportage, que Le 6-8 a ressorti des archives de la Sonuma pour rendre hommage à Charlie Watts, est réalisé pour l’émission Format 16/20. Cette émission passait à la RTB entre 1963 et 1967 et était consacrée à la jeunesse, signe d’ailleurs de son éclosion dans la société.

"Une institution éphémère", vraiment ?

En 1964, les premiers pas des Rolling Stones en Belgique créent déjà l’hystérie
En 1964, les premiers pas des Rolling Stones en Belgique créent déjà l’hystérie

"Ils ne sont pas doux, ils ne sont pas gentils, ils ne sont pas souriants, ils représentent la haine dé-convention, le sexe, la violence, mais eux aussi sont en passe de devenir une institution, une institution cependant éphémère" décrit sans beaucoup de retenue le journaliste suivant les images de l’arrivée du groupe par avion puis en hélicoptère de la Sabena, accueilli par une foule de fans presque hystériques à Bruxelles.


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Force est de constater que plus de 300 millions d’albums vendus plus tard à travers le monde, et des concerts qui rameutent encore des centaines de milliers de fans, les Rolling Stones sont tout, sauf une institution éphémère.

Format 16/20

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Pourquoi Charlie Watts est irremplaçable

Dans Le 6-8, Walter De Paduwa, le Dr. Boogie de Classic 21, a expliqué pourquoi Charlie Watts laisse un grand vide musical chez les Rolling Stones et dans le rock en général.

"Charlie Watts était le métronome des Stones. C’est pour cela que j’ai beaucoup de doutes quant à l’avenir du groupe parce que ce n’était pas qu’un batteur. C’est lui qui décide du tempo du morceau avec Keith Richards qui, depuis 60 ans le regarde quand un morceau démarre. Quel que soit le batteur qui le remplacera, en l’occurrence Steve Jordan (NDLR : il doit les accompagner pour leur tournée américaine), il ne sera jamais Charlie Watts" avance Walter De Paduwa.

Techniquement, Charlie Watts, amateur de jazz, possédait un jeu bien différent des autres batteurs comme l’explique le journaliste musical : "Au moment de taper sur la caisse claire, il ne tape pas sur la cymbale, pendant une demi-seconde cela laissait un vide, c’est le seul qui jouait comme cela […] le son des Stones ne tient presque qu’à ça".

Le batteur décédé à l’âge de 80 ans se démarquait aussi par son jeu épuré. "Il n’avait pas besoin de 50 cymbales, de 18 toms, ce n’était pas un batteur exubérant : il n’a jamais fait un solo de batterie de sa vie, c’est quelque chose qu’il n’aimait absolument pas".

Walter De Paduwa honore la mémoire de Charlie Watts

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