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Décès de Gorbatchev : "courage", "leader rare", "homme de paix", les réactions (Biden, Poutine, Scholz, Macron...) se multiplient

30 août 2022 à 22:35 - mise à jour 31 août 2022 à 10:02Temps de lecture5 min
Par Lavinia Rotili, Kevin Dero et Agences

Suite au décès du dernier dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, les réactions internationales se sont multipliées.

Le président russe Vladimir Poutine a exprimé ses "profondes condoléances à la suite du décès de Mikhaïl Gorbatchev, il enverra dans la matinée un télégramme de condoléances à la famille et aux proches" de l’ancien dirigeant, a indiqué mercredi le porte-parole du Kremlin.

Contenu du Télégramme

"Mikhaïl Gorbatchev est un politicien et un homme d'État qui a eu une grande influence sur l'évolution de l'Histoire du monde. Il a guidé notre pays à travers une période de changements complexes et dramatiques, et de grands défis de politique étrangère, économiques et sociaux", a-t-il déclaré dans un télégramme de condoléances publié par le Kremlin en fin de matinée.

Un homme d'État qui a eu une grande influence sur l'évolution de l'Histoire du monde

Comment était perçu Gorbatchev en Russie? (31/08/2022)

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Réaction de Joe Biden

Le président américain Joe Biden a rendu hommage au dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, décédé mardi, en le qualifiant de "leader rare". 

(...) Le résultat fut un monde plus sûr et davantage de liberté pour des millions de personnes

Ses actes furent ceux d'un dirigeant ayant assez d'"imagination pour voir qu'un autre avenir était possible et le courage de risquer toute sa carrière pour y parvenir. Le résultat fut un monde plus sûr et davantage de liberté pour des millions de personnes", a dit Joe Biden dans un communiqué.

Les réactions des dirigeants européens

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rendu hommage à Mikhaïl Gorbatchev, décédé mardi, saluant "un dirigeant digne de confiance et respecté".

Le dernier dirigeant de l’Union soviétique "a joué un rôle crucial pour mettre fin à la guerre froide et faire tomber le rideau de fer. Il a ouvert la voie à une Europe libre. C’est un héritage que nous n’oublierons pas. R.I.P. Mikhaïl Gorbatchev", a écrit Mme von der Leyen sur Twitter.

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Emmanuel Macron

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"Réformateur courageux" pour Olaf Scholz

Le chancelier allemand Olaf Scholz a salué mercredi la mémoire du dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, soulignant que sa mort intervenait "à une époque où la démocratie a échoué en Russie".

Le chancelier social-démocrate a salué en Mikhaïl Gorbatchev celui qui a "rendu la Perestroïka possible" et qui a "tenté d'établir une démocratie" en Russie, en marge d'un séminaire du gouvernement au château de Meseberg, près de Berlin. Le terme de "Perestroïka", littéralement "reconstruction", renvoie aux réformes socio-économiques instaurées par Mikhaïl Gorbatchev au milieu des années 1980.

"Il est mort à une époque où non seulement la démocratie a échoué en Russie, mais où la Russie et le président russe (Vladimir) Poutine ont creusé de nouveaux fossés en Europe et ont lancé une terrible guerre contre un pays voisin, l'Ukraine", a déclaré Olaf Scholz à la presse, rendant hommage à M. Gorbatchev, qualifié de "réformateur courageux".

Le dirigeant soviétique, affectueusement surnommé "Gorbi" en Allemagne, a fait que ce pays "a pu être uni" et que "le rideau de fer a disparu", a ajouté Olaf Scholz.

Il est mort à une époque où (...) la démocratie a échoué en Russie

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a, lui, remercié l'ancien dirigeant soviétique "pour sa contribution décisive à l'unité allemande".

Par ses actes, Mickhaïl Gorbatchev a montré qu'il était "un grand homme d'État" doté d'un "courage pour l'ouverture démocratique et la construction de ponts entre l'Est et l'Ouest" et pour la paix en Europe, a souligné M. Steinmeier dans un communiqué. Ce rêve est "en ruine, brisé par l'attaque brutale de la Russie contre l'Ukraine", a-t-il ajouté.

"La fin de la guerre froide et l'unité allemande sont son héritage. Nous pleurons la perte d'un homme d'État à qui nous sommes éternellement reconnaissants", a pour sa part souligné la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

La fin de la guerre froide et l'unité allemande sont son héritage

Dans l'opposition, le chef de la CDU conservatrice Friedrich Merz a également dit "pleurer la perte d'un homme d'État en qui l'Allemagne pouvait avoir confiance et qui nous a fait confiance", dans un message sur Twitter. Sans lui, "l'unité allemande dans la liberté" n'aurait pas été possible, a-t-il conclu.

Olaf Scholz le 30 août 2022 à Meseberg, dans le Brandebourg
Olaf Scholz le 30 août 2022 à Meseberg, dans le Brandebourg © Tous droits réservés

Autres réactions allemandes

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a, lui, remercié l'ancien dirigeant soviétique "pour sa contribution décisive à l'unité allemande".

Par ses actes, Mickhaïl Gorbatchev a montré qu'il était "un grand homme d'État" doté d'un "courage pour l'ouverture démocratique et la construction de ponts entre l'Est et l'Ouest" et pour la paix en Europe, a souligné Frank-Walter Steinmeier dans un communiqué. Ce rêve est "en ruine, brisé par l'attaque brutale de la Russie contre l'Ukraine", a-t-il ajouté.

"La fin de la guerre froide et l'unité allemande sont son héritage. Nous pleurons la perte d'un homme d'État à qui nous sommes éternellement reconnaissants", a pour sa part souligné la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

La fin de la guerre froide et l'unité allemande sont son héritage

Dans l'opposition, le chef de la CDU conservatrice Friedrich Merz a également dit "pleurer la perte d'un homme d'État en qui l'Allemagne pouvait avoir confiance et qui nous a fait confiance", dans un message sur Twitter. Sans lui, "l'unité allemande dans la liberté" n'aurait pas été possible, a-t-il conclu.

Boris Johnson

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a salué "le courage et l’intégrité" du dernier dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, mort mardi, affirmant que son "engagement inlassable" était un "exemple" à l’heure de l’invasion russe de l’Ukraine.

"Je suis attristé d’apprendre la mort de Gorbatchev. J’ai toujours admiré le courage et l’intégrité dont il a fait preuve pour mettre fin à la Guerre Froide", a tweeté Boris Johnson. "A l’heure de l’agression de (Vladimir) Poutine en Ukraine, son engagement inlassable pour l’ouverture de la société soviétique reste un exemple pour nous tous."
 

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La Chine salue la "contribution positive" de Gorbatchev au rapprochement Pékin-Moscou

La Chine a présenté mercredi ses condoléances à la famille de Mikhaïl Gorbatchev et salué le rôle du dernier dirigeant soviétique au rapprochement entre Pékin et Moscou, après trois décennies de rupture.

"M. Gorbatchev a contribué de manière positive à la normalisation des relations entre la Chine et l'Union soviétique", a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

 

Après 30 ans de brouille idéologique et géopolitique entre la Chine et l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev s'était rendu à Pékin en mai 1989 pour sceller la normalisation avec le dirigeant chinois d'alors Deng Xiaoping.  Cette visite historique du numéro un soviétique s'était déroulée au moment où un mouvement de contestation étudiante paralysait Pékin. Ces protestations seront étouffées quelques semaines plus tard dans la violence place Tiananmen.

Figure admirée en Occident, Mikhaïl Gorbatchev est une personnalité décriée au sein du pouvoir communiste en Chine. De nombreux responsables chinois attribuent à l'ouverture politique le destin tragique de l'Union soviétique. Selon des commentaires privés rapportés en 2013, le président chinois Xi Jinping estime qu'il manquait alors en URSS de "vrais hommes" prêts à défendre le système.

Réaction d'Antonio Guterres (ONU)

Le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa "profonde tristesse" mardi après la mort de Mikhaïl Gorbatchev, rendant hommage à "un homme d'Etat unique qui a changé le cours de l'Histoire".

"Il a fait plus que n'importe qui pour provoquer de façon pacifique la fin de la Guerre froide", a ajouté Antonio Guterres dans un communiqué, estimant que "le monde avait perdu un immense dirigeant mondial, engagé envers le multilatéralisme, et défenseur infatigable de la paix".

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