Régions Brabant wallon

Découragement et incompréhension pour les porteurs d’un projet de maison médicale à Braine-l’Alleud

Découragés, les porteurs du projet ont décidé de revendre le bâtiment

© S. Vandreck

Des affiches "à vendre" ont fleuri récemment sur le n°12 de la place Ste Anne à Braine-l’Alleud, à proximité de la gare. Le bâtiment, une ancienne polyclinique, avait été acheté en juin 2021 par une asbl constituée notamment de deux jeunes médecins généralistes, d'une infirmière, d'un kinésithérapeute, dans le but d’y installer une maison médicale. C’est-à-dire une structure pluridisciplinaire, axée sur la prévention, où le patient est pris en charge de manière globale. Une structure qui propose également des prestations médicales au forfait, directement remboursées par les mutuelles. "Tout un chacun peut être soigné en maison médicale, tient à préciser Julie Dubois, la secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales. Ce n’est pas une maison qui ne soigne que des personnes plus pauvres. Evidemment nous avons aussi un public précaire du fait que c’est plus accessible. Mais ce n’est pas là-dessus qu’on base notre projet de santé publique". Il existe 123 structures de ce type en Belgique francophone, dont sept en Brabant wallon. La Fédération insiste également sur leur caractère pluraliste.

Difficultés de stationnement et sécurité incendie

Pourquoi les porteurs du projet brainois l’ont-ils dès lors abandonné ? A leur grand étonnement, leur demande de permis pour la rénovation et l’aménagement du bâtiment introduite auprès de la commune s’est soldée par un refus. "Lavis de la fonctionnaire déléguée de la Région wallonne avait été demandé et celui-ci était tout à fait favorable à notre projet. Mais vu que cet avis est facultatif, la commune ne l’a pas suivi et a décidé de rendre un avis défavorable", raconte le Dr Maëlle Sens, l’une des généralistes de l’asbl. Les griefs de la commune portaient sur l’évacuation en cas d’incendie et le stationnement. "Je pense qu’il va y avoir beaucoup de difficultés à trouver des emplacements de parkings en suffisance à cet endroit qui est déjà sous pression en journée", argumente le bourgmestre, Vincent Scourneau. Pas convaincue par ces arguments, l’asbl a ensuite décidé d’introduire un recours auprès du Ministre wallon de l’Aménagement du territoire, qui n’a pas non plus abouti en sa faveur. Elle se disait prête à faire les travaux nécessaires pour rendre le bâtiment conforme aux normes incendie mais, découragée, et confrontée entretemps à la flambée des prix des matériaux, elle a préféré ne pas insister et revendre le bâtiment.

Nous étions prêts à venir combler le manque de médecins sur la commune

Une question taraude cependant les membres de l’asbl et la fédération des maisons médicales. Ce projet était-il vraiment le bienvenu à Braine-l’Alleud ? En tout cas, le bourgmestre nous affirme qu’il n’est "ni pour ni contre les maisons médicales", mais ne souhaite apparemment pas non plus se fâcher avec les médecins de sa commune, qui verraient d’un mauvais œil l’arrivée de ce cabinet travaillant au forfait. "Je pense que c’est lié à des idéologies qui font partie du passé, avance la secrétaire générale de la fédération. C’est vrai que par le passé il y a eu de gros conflits avec des médecins libéraux qui refusaient de voir ce genre de structure se développer car cela sonnait trop "médecine sociale"". Elle insiste également sur leur caractère pluraliste des maisons médicales, subsidiées par ailleurs par le fédéral et la région. Ces arguments-là, le Dr Sens regrette ne pas avoir pu les défendre devant les généralistes locaux. "Une rencontre était prévue début 2020, mais nous avons dû l’annuler à cause de l’arrivée du Covid", se souvient-elle. Une maison médicale verra-t-elle un jour le jour à Braine-l’Alleud ? La généraliste n’en est pas sûre. "Nous étions prêts à venir combler le manque de médecins sur la commune, mais cette dernière a pris d’autres dispositions entre-temps pour y remédier, constate-t-elle avec amertume. Nous croyons toujours dans les maisons médicales mais devant autant d’incertitudes, on ne sait pas si on restera à Braine, si on va dans une autre commune ou si on a appris plein de choses et qu’on en restera là".

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