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Sous couverture

Découvrez l’auteure Halima Hamdane à travers ses œuvres

Halima Hamdane lors de son passage sur le plateau de Sous Couverture à la Foire du Livre 2020
06 avr. 2020 à 11:15Temps de lecture3 min
Par Sous Couverture (Audrey Vanbrabant)

Début mars, alors que le coronavirus commençait à méchamment pointer le bout de son nez de notre côté du globe, la Foire du livre se tenait dans les énormes hangars de Tour et Taxis. Elle fût le dernier grand rassemblement avant le début du confinement. Qui dit événement littéraire, dit présence de Sous Couverture évidemment. Comme à notre habitude, nous étions partis à la rencontre d’une poignée d’auteur.e.s venu.e.s présenter leur dernier ouvrage. L’écrivaine et conteuse marocaine, Halima Hamdane, en faisait partie. En plus d’être présente pour notre émission spéciale en directe de la Foire, Halima Hamdane nous a accordé un entretien intimiste.

Depuis quelques dizaines d’années, Halima Hamdane écrit pour petits et grands, en arabe et en français. D’ailleurs, la plupart des histoires qu’elle raconte s’inspirent de la littérature orale marocaine. "Dans le conte, je retrouve ces deux amours : celui de ma langue maternelle et celui de la langue française", raconte-t-elle en direct sur notre plateau. Pour apprendre à mieux la connaître, nous lui avons proposé de se raconter à travers trois de ces œuvres. Un défi que Halima Hamdane a jugé d’entrée difficile tout en le relevant haut la main. Et quoi de mieux pour commencer que de livrer un conte marocain ? "Un jour, un homme demande à un père lequel de ses enfants il préfère. Celui répond : 'c’est le petit jusqu’à ce qu’il grandisse, celui qui voyage jusqu’à ce qu’il revienne et celui qui est malade jusqu’à ce qu’il guérisse'". Des images chaque fois qu’elle parle, voilà à quoi ressemble une conversation avec la passionnante Halima Hamdane.

"Mahboul le sage" publié en 2013 aux éditions Didier Jeunesse

Il s’agit d’un recueil de trois contes marocains traditionnels que j’ai mis au goût du jour. Je suis partie de ce que me racontait ma grand-mère et j’ai mélangé le marocain au français. Ma langue maternelle étant là pour illustrer et apporter une musicalité au récit. Je pense que ces comptines ont marqué quelque chose de nouveau.

"Laissez-moi parler !" paru en 2006 aux éditions Le Grand Souffle

"Laissez-moi parler !" de Halima Hamdane

Dans ce premier roman, j’avais envie de raconter l’histoire d’une ancienne esclave que j’ai côtoyé et qui m’a confié son histoire. Il n’y a pas si longtemps que ça, les familles bourgeoises marocaines employaient des esclaves qu’on appelait des dadas. Ces femmes étaient perçues comme une sorte de marchandise qu’on pouvait échanger. Le récit que je raconte dans mon roman est celui d’une femme très intelligente qui a eu une vie extraordinaire. Elle est tombée amoureuse du fils de la famille qui l’utilisait et cet amour était réciproque. Quand ce mariage a cessé de lui convenir, elle a pris ses affaires et a claqué la porte pour toute recommencer ailleurs.

En écrivant, je me suis rendu compte que d’autres voix de femmes me parasitaient. J’ai donc cherché à les inclure et j’ai construit ce roman comme les Mille et une nuits avec toujours l’histoire de cette ancienne esclave en toile de fond. Ma casquette a été très utile pour ce travail. Ce roman m’a permis de devenir la porte-parole des femmes qui n’ont pas le droit de dire les choses. C’est un texte qui m’a beaucoup donné. Je suis très sensible à la condition des femmes et aux combats qu’elles mènent pour l’égalité.

"L’homme qui voulait voir le lion" paru en 2017 aux éditions Le Grand Souffle

"L’homme qui voulait voir le lion" de Halima Hamdane

Et troisième, je choisis ce roman qui est une sorte d’autobiographie fictionnelle. J’ai perdu mon père il y a plusieurs années. Nous sommes cinq sœurs dans ma fille. Le soir de sa mort, nous avons toutes fait un constat : mon père nous a dit à chacune que nous étions sa fille préférée. Toute ma vie, je me suis construite en tant que femme sur cette idée. Ce fameux soir, j’ai écrit dans mon cahier "mon père avait cinq filles préférées". Dix ans plus tard, je suis revenue à cette phrase et j’ai imaginé un huis clos qui aurait eu lieu ce soir-là durant lequel les cinq filles racontent leur père. Ce qui est incroyable, c’est qu’on a toutes partagé le même secret sans jamais le trahir.

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