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Déficit et endettement en hausse à tous les niveaux de pouvoir en Belgique, c’est grave Docteur ?

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03 oct. 2022 à 05:52 - mise à jour 03 oct. 2022 à 09:17Temps de lecture3 min
Par Marc Sirlereau

Le contexte est connu. Les attentes des citoyens et des indépendants sont de plus en plus nombreuses vu la hausse des factures énergétiques et les gouvernements sont parallèlement confrontés à une hausse des déficits et du taux d’endettement. Alors que les budgets se confectionnent au niveau fédéral, des régions et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les présidents des trois partis francophones de la majorité ne cachent pas leurs inquiétudes. Mais au-delà du constat, les divergences d’appréciation et de solution apparaissent vite.

Pour Jean-Marc Nollet, le coprésident d’Ecolo : " L’état des finances est préoccupant. Ce que l’on vit maintenant, ce n’est pas une énième crise mais le bout de l’impasse. C’est la fin d’un modèle."

Pour Georges-Louis Bouchez, le président du MR : "Si on prend l’ensemble des structures et plus particulièrement les francophones, la situation est dramatique. Il est minuit moins une. On ne va pas pouvoir continuer à ne pas régler la question des déficits. L’argent gratuit n’a jamais existé mais ça existe encore moins aujourd’hui."

Et pour Paul Magnette, le président du PS : " La situation est très compliquée mais je pense que quand on est dans une situation de crise sociale, de crise énergétique majeure comme celle que nous connaissons, la question budgétaire doit passer au second plan."

De son côté, Joseph Pagano, spécialiste des Finances publiques, nuance le contexte. "C’est bien sûr inquiétant car l’endettement est toujours un risque mais pour l’instant, avec des taux d’intérêt encore très bas, le monde politique a une certaine période pour s’adapter."

Mais Joseph Pagano rajoute que le risque que la situation devienne intenable existe. "Pas dans l’immédiat car même si les taux remontent fortement, ce ne sera pas tout de suite mais le monde politique doit profiter de cette période encore soutenable pour se préparer à une éventuelle nouvelle crise économique et pour pouvoir assumer les coûts liés au vieillissement et au climat qui sont inévitables et qui vont demander beaucoup d’efforts."

Georges-Louis Bouchez : "Le quoi qu’il en coûte est mort"

Pour le président du MR, le quoi qu’il en coûte, formule rendue célèbre par Emmanuel Macron en période de Covid, est aujourd’hui terminé. " Pendant la pandémie, dit Georges-louis Bouchez, le quoi qu’il en coûte était possible car à ce moment-là, comme le Covid touchait le monde entier, tous les pays augmentaient leur déficit et leur endettement de façon assez proportionnelle et identique. Par contre, aujourd’hui, la situation de l’énergie chère ne touche que l’Europe et donc, on ne peut plus se dire, avançons dans une bulle protégée, Les marchés financiers n’auront aucun état d’âme sur le fait que les Européens paient leur énergie plus chère pour toute une série de bonnes et mauvaises raisons. "

Et pour le président du MR, c’est désormais le retour du politique. "La politique, rajoute-t-il, c’est de faire des choix en se disant que les besoins des gens sont illimités mais les ressources limitées." Et donc, pour lui, pour aider les particuliers et les indépendants, il faut notamment supprimer certaines dépenses et en réduire d’autres pour rediriger les budgets pour pouvoir assumer les aides à apporter.

Paul Magnette : "Ce serait irresponsable"

Pour le président du PS, "ce qu’on a déjà décidé au gouvernement fédéral est nécessaire mais ça doit être prolongé. Et il faudra aller au-delà et si on ne le décide pas maintenant au moment de la confection du budget, dans un ou deux mois, on dira que ce n’est pas suffisant et il faudra reprendre alors un nouveau train de mesures. "

Et Paul Magnette de rajouter : " si vous vous dites, on ne va pas intervenir parce qu’on n’a pas les moyens, on risque d’avoir des faillites, d’avoir des citoyens qui ne paieront plus leurs factures et à la fin, tout cela va quand même retomber sur des dépenses de sécurité sociale et c’est la collectivité qui va devoir l’assumer. A quoi ça servirait d’avoir des comptes en équilibre et à côté de cela, une dette sociale, une dette environnementale majeure qu’on fait reporter aux générations futures. C’est maintenant qu’il faut agir."

Jean-Marc Nollet : "Il faut plutôt mettre des balises que des limites au quoi qu’il en coûte"

Pour le coprésident d’Ecolo, " le quoi qu’il en coûte ne peut pas être sur tout et sur n’importe quoi." Il faut des balises, dit-il. " Il faut que les dépenses soient des dépenses d’investissement qui accélèrent la transition énergétique. On ne peut pas non plus laisser des gens sur le bord du chemin sans aide. Enfin, il faut que les épaules les plus larges contribuent davantage qu’elles ne le font aujourd’hui. Et je vise les revenus du patrimoine et du capital lorsqu’on voit que 1% des Belges possèdent autant en richesse que 74% des Belges les moins riches."

Le débat est lancé et il risque d’être encore d’actualité dans… les années qui viennent.

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