Regions Liège

Des caravanes ou des roulottes pour offrir des moments de répit aux SDF ou aux migrants

La roulotte est en cours d'aménagement

© RTBF - Martial Giot

30 oct. 2020 à 07:18Temps de lecture2 min
Par Martial Giot

Durant le confinement, le collectif "Sortir du bois" a aidé des SDF à Liège en distribuant, par exemple, plus de 5000 repas.

Il se lance dans un nouveau projet : permettre à des SDF ou à des migrants de se reposer quelques jours dans une caravane ou une roulotte installée sur le terrain d’un particulier solidaire.

Le projet de "Sortir du bois" a récemment trouvé sa première concrétisation à Nandrin.

En région hutoise également, Thierry Delgaudinne et des amis accueillent déjà momentanément des SDF dans un gîte qu’ils louent en hiver. Ils viennent à présent d’acquérir une roulotte. L’acheter et l’équiper, cela représente un budget global de l’ordre de 7500 euros. "Je peux vous dire comment j’ai trouvé l’argent.", nous confie Thierry Delgaudinne, "En fait, on est un groupe d’amis et on joue des petites pièces de théâtre. Nous avons eu les bénéfices. Nous avons eu une personne qui nous a donné 1500 euros. Et les deux tiers viennent de la franc-maçonnerie hutoise. On a eu des collectes et des dons de ce côté-là."

"Au départ, je suis allé passer, il y a 3 ou 4 ans, les nuits à Thermos à Liège avec les SDF. Je les voyais, puis ils retournaient quand même dans la rue et cela me semblait difficile. Avec trois ou quatre amis, on loue un gîte dans le Condroz et notre but c’est de donner des périodes de repos à ces personnes qui sont dans la rue. De fil en aiguille, nous sommes partis vers une roulotte."

La roulotte a été livrée en kit il y a un mois. Elle est montée, mais il reste du travail. "Il faut mettre un peu de couleur, du balatum, aménager l’intérieur… Elle sera fonctionnelle, ça c’est certain, au mois de mars. On a décidé de l’appeler la roulotte de Stéphanie, parce que Stéphanie est une SDF qui venait justement au gîte avec nous et qui est décédée au printemps dernier.", explique Thierry Delgaudinne.

Cette roulotte sera un hébergement d’été. "En fait, il y a des abris de nuit en hiver. Alors qu’en été, il n’y a pas d’abris de nuit. Donc, ils sont tout le temps dans la rue. Ici, ils peuvent venir pendant dix jours, se ressourcer, prendre des forces, se reposer… Ces gens sont dehors tout le temps sur le qui-vive. Ils ont tout le temps peur qu’on leur vole leurs sacs. Ils n’ont que ça. Cette roulotte, aussi, va changer d’endroits à certains moments."

Thierry Delgaudinne nous fait également remarquer que : "Trouver l’argent est assez facile. Les gens sont généreux. Le plus difficile, c’est de trouver un endroit pour la mettre. D’ailleurs, il faut des autorisations. On aurait bien pris une yourte. Mais une yourte, il faut un permis de bâtir. Alors qu’une roulotte, elle se déplace. Elle pourrait même en été aller dans un camping."

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