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Des cosmonautes russes aux couleurs du drapeau ukrainien à leur arrivée à l’ISS ? "Parfois, du jaune est juste du jaune"

20 mars 2022 à 10:12Temps de lecture3 min
Par Adeline Louvigny avec agences

Jaune et bleu : ce sont les couleurs du drapeau ukrainien, et celles des tenues que portaient les trois cosmonautes russes arrivés à l’ISS ce vendredi 18 mars. De quoi donc se questionner sur une possible intention de ces hommes de montrer leur soutien aux Ukraniens, alors que la Russie a lancé l’invasion du pays depuis presque un mois, et est sous le coup de nombreuses sanctions internationales.

Alors que des photos de ces cosmonautes de jaune et bleu vêtus circulaient sur internet, l’agence spatiale russe Roscosmos a mis les choses au clair sur sa chaîne Télégram, rapporte Reuters : "Parfois, le jaune est juste du jaune." Et de préciser que ces couleurs sont en fait celles de l’Université dont sont originaires les trois cosmonautes, l’Université technique d’État de Moscou-Bauman. Cette tenue de vol a été confectionnée il y a six mois, précise Roscomos.

Lors d’une conférence de presse, le commandant de la mission, Oleg Artemyev, a lui rappelé que "chaque équipage doit choisir une couleur différente. En vérité, nous avions accumulé beaucoup de tissu jaune, il fallait donc l’utiliser. C’est pourquoi nous devions porter des combinaisons de vol jaunes."

Des cosmonautes russes arrivent à l'ISS en tenue jaune et bleue

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Les nouveaux arrivants doivent effectuer une mission de six mois et demi et vont remplacer trois autres membres actuellement présents à bord de la station, les cosmonautes russes Piotr Doubrov et Anton Chkaplerov et l’astronaute américain Mark Vande Hei, qui regagneront la Terre le 30 mars.
 

Une coopération spatiale mise à l’épreuve

Lancée en 1998, l’ISS, plate-forme spatiale de recherche scientifique, tourne en orbite à 400 km environ au-dessus de la Terre. Elle est constamment occupée depuis novembre 2000 et gérée en partenariat par la Russie et les Etats-Unis, ainsi que le Canada, le Japon et 11 pays européens.

L’antagonisme opposant actuellement Moscou et Washington en raison de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe et des mesures de représailles économiques imposées à la Russie par les Occidentaux met à l’épreuve la solidité de cette collaboration russo-américaine.

Dans le cadre des sanctions américaines, le président Joe Biden a ordonné de restreindre les exportations de composants high-tech à la Russie afin de "dégrader" l’industrie aérospatiale russe, notamment son programme spatial.

Dmitri Rogozine, le directeur général de l’agence spatiale russe Roscosmos, a réagi en laissant entendre dans une série de tweets que ces sanctions pourraient "détruire" le travail d’équipe de l’ISS et conduire à la chute incontrôlée de la station orbitale.

Le patron de Roscosmos a également annoncé, entre autres mesures, la fin des lancements de fusées russes depuis le cosmodrome de Kourou, en Guyane française. Il a également déclaré que la Russie cesserait de fournir des lanceurs à la
Nasa et suggéré aux astronautes américains d’utiliser des manches à balai pour se placer en orbite.

Ces saillies ont incité certains experts à préconiser de mettre un terme à cette coopération spatiale inédite entre Russes et Américains, justement pensée pour réduire les frictions entre Moscou et Washington après la guerre froide.

Contactée par Reuters, Ann Kapusta, directrice exécutive de la Space Frontier Foundation et ancienne chercheuse pour la Nasa, a jugé "toxique" le comportement de Dmitri Rogozine qui montre selon elle "qu’il n’y a pas de distance entre Roscosmos et la machine de guerre de (Vladimir) Poutine".

Les responsables de la Nasa, l’agence spatiale américaine, assurent pour leur part que les membres d’équipage de l’ISS, informés des événements qui se déroulent sur Terre, continuent quelle que soit leur nationalité de travailler avec professionnalisme. Les tensions géopolitiques, ajoute la Nasa, n’ont pas contaminé la station spatiale internationale.
 

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