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Des crèches néerlandophones forcées de fermer partiellement à Bruxelles, faute de personnel

La crèche De Zinnekes à Laeken n'est plus en mesure d'accueillir tous les enfants en même temps

© Google street view

Le personnel manque dans les crèches néerlandophones de Bruxelles. Au point que certaines d’entre elles n’ont pas d’autres choix que de réduire les jours ou les heures d’accueil des enfants. A Laeken, par exemple, la crèche De Zinnekes n’accueille plus qu’une section à la fois pour éviter la fermeture pure et simple. Pepijn Kennis est le papa d’un petit garçon de 2 ans et demi qui la fréquente : "On a droit de fréquenter la crèche une semaine sur trois jusqu’à nouvel ordre. Les autres semaines, on essaie de trouver une solution avec les grands-parents ou alors avec les parents qui s’alternent".

Elle n’est pas la seule crèche en difficulté. Bruno De Lille est le directeur de l’association Sint Goedele qui chapeaute 13 lieux d’accueil néerlandophones de la capitale dont "De Zinnekes". Sur les 110 postes de puériculteurs de ces différentes crèches, il manque aujourd’hui 15 personnes. "On a dû prendre des mesures difficiles pour nous et surtout pour les parents. Dans une autre crèche on a aussi dû limiter les heures d’ouverture. Au lieu de 7 à 18 heures, elle est ouverte de 8 à 17 heures et comme cela, on essaye de garantir qu’il y a assez de puéricultrices pour le nombre d’enfants".

Le métier attire moins. Il est lourd pour des salaires modestes. Et surtout côté flamand, insiste la députée flamande Vooruit Hannelore Goeman : je pense que la charge de travail dans les crèches néerlandophones de Bruxelles est juste beaucoup trop élevée. La norme flamande est d’une puéricultrice pour 8 ou 9 enfants. Je trouve ça presque inhumain. Le personnel a juste le temps de changer les couches ou donner à manger aux enfants". A titre de comparaison, côté francophone, l’ONE a fixé la limite à un encadrant pour 7 enfants.

Pour Bruno De Lille, à cela s’ajoute le frein de la langue : "On demande un niveau de base de néerlandais à nos puéricultrices, ce que tout le monde n’a pas. On réfléchit d’ailleurs actuellement à une manière de leur apprendre le néerlandais sur le lieu de travail".

Côté francophone, la pénurie existe aussi, mais dans une moindre mesure. Interrogée jeudi dernier au parlement francophone, la Ministre Bénédicte Linard répondait à une interpellation : "La difficulté de recrutements des accueillantes est réelle aussi en Fédération Wallonie-Bruxelles dans le secteur de la petite enfance. Mais pas de manière aussi grave qu’en Flandre ou en France. Et il faut apporter quelques nuances, par exemple il y a des disparités. Certains territoires sont plus impactés comme Bruxelles. Et certains secteurs d’accueillantes sont plus touchés, celui des accueillantes à domicile".

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