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Biodiversité

Des crédits biodiversité, sur le même fonctionnement que les crédits carbone, seront-ils bientôt mis en place ?

L’idée de compensation biodiversité est née aux Etats-Unis dans les années 1970 et plus d’une centaine de pays aujourd’hui prévoient un principe de compensation lorsqu’un projet porte atteinte à l’environnement.
28 juin 2022 à 10:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Pourra-t-on un jour compenser ses impacts négatifs sur la nature avec des crédits biodiversité, à l’image de la compensation des émissions de gaz à effet de serre avec les crédits carbone ? L’idée peut paraître séduisante, mais est très complexe à mettre en œuvre.

L’idée de compensation biodiversité est née aux États-Unis dans les années 1970 et plus d’une centaine de pays aujourd’hui prévoient un principe de compensation lorsqu’un projet porte atteinte à l’environnement, indique Matthieu Wemaere, avocat spécialisé dans le droit de l’environnement et chercheur associé au think tank IDDRI.

En France, par exemple, une entreprise construisant une autoroute doit éviter au maximum les impacts négatifs, les réduire et compenser ceux qu’elle ne peut pas éviter, aussi appelés impacts résiduels.

Un système de crédit de biodiversité comme les crédits carbone

Fin mai, le ministre des Eaux et Forêts du Gabon, Lee White, plaidait pour "un système de crédit de biodiversité comme les crédits carbone".

Mettre sur pied un tel système suppose d’avoir des crédits compensatoires issus de projets de protection de la nature et de les placer dans une "biobanque, "où chaque crédit représente un gain quantifié en biodiversité résultant de mesures visant à restaurer, établir, améliorer et/ou préserver la biodiversité", détaille Matthieu Wemaere.

Le promoteur d’un projet portant atteinte à l’environnement peut alors acheter "le crédit au fournisseur qui a généré le crédit et l’a placé dans la biobanque", poursuit-il.

Mais "à la différence du marché carbone, où chaque tonne de CO2 réduite peut être remplacée par une autre tonne de CO2, peu importe de savoir où elle a été réduite, la biodiversité est unique et parfois endémique", explique Matthieu Wemaere.

"Si vous détruisez un grand hamster d’Alsace et son habitat pour construire une route, vous ne compensez pas cette perte par des cigognes", donne-t-il en exemple.

S’il n’existe pas de marché mondial d’échange régulé, rien n’empêche des entreprises d’acheter dans le cadre d’une démarche volontaire "des unités de réduction d’atteinte à la biodiversité qu’elles peuvent ensuite afficher dans leur bilan RSE (responsabilité sociétale des entreprises) pour revendiquer leur soutien financier à la conservation de la biodiversité, y compris dans les pays en développement ", indique Matthieu Wemaere.

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