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Des étudiantes imaginent une paille anti-GHB

A Nantes, cinq étudiantes ont imaginé une paille pouvant détecter la présence de GHB.

© gettyimages

Dans la foulée de #balancetonbar, à Nantes, cinq étudiantes ont imaginé une paille pouvant détecter le GHB, également appelé "drogue du violeur".

Interrogées par BFMTV.com ces étudiantes expliquent avoir lancé ce projet lors d’un cours d’entreprenariat : "On devait construire un business plan autour d’une innovation. Et on s’est dit que commercialiser une paille anti-drogue ce serait une bonne idée parce qu’on connait toutes, de près ou de loin, quelqu’un qui a été victime." Elles parlent "d’accumulation de témoignages". Les résultats d’un sondage qu’elles ont réalisé dans le milieu universitaire sont glaçants puisque sur mille répondants, 50% connaissent une victime dans leur entourage et 80% se disent inquiets à ce sujet.

C’est justement "pour aller en soirée l’esprit tranquille" que ces étudiantes ont imaginé un détecteur : une paille en acier inoxydable entourée d’un arceau qui change de couleur en présence du GHB. Le projet en est pour l’heure au stade théorique mais elles travaillent avec une chimiste pour vérifier sa faisabilité.

Un état de soumission chimique

Le GHB, Gamma-Hydroxy-Butyrate, est une substance inodore, incolore et dont le goût est indétectable une fois mélangé à une autre boisson comme de l’alcool. Le GHB place la personne qui le consomme dans un état de "soumission chimique" qui peut être accompagné d’une amnésie, un "black-out". Utilisé notamment par les agresseurs sexuels pour droguer une victime à son insu et en abuser, le GHB est très difficile à détecter au-delà d’une dizaine d’heures. Des examens capillaires peuvent être effectués quelques semaines après l’ingestion mais ils coûtent cher, comportent un risque d’erreur et sont donc peu utilisés.

En attendant le détecteur de GHB, voici des conseils pratiques livrés par Pierre Schepens, psychiatre invité fin décembre à la RTBF : surveiller son verre, le couvrir si possible, observer la fabrication du cocktail et préférer une boisson en bouteille plutôt qu’en verre. Si après une soirée, on se réveille dans un état bizarre avec des souvenirs confus, il faut se rendre immédiatement chez son médecin ou aux urgences pour obtenir un constat médical puis porter plainte à la police.

#balancetonbar : soutenir les victimes et responsabiliser le secteur

Depuis les viols et agressions dénoncées cet automne dans des bars à Ixelles, le hashtag #balancetonbar met en lumière de nombreux témoignages de femmes victimes de violences sexuelles dans le monde de la nuit. Ce mouvement souhaite accompagner les victimes mais aussi sensibiliser les politiques et responsabiliser les tenanciers et le personnel des bars et discothèques.

Un combat primordial pour que, à quelques heures de la réouverture tant attendue des boites de nuit, tout le monde puisse aller en soirée l’esprit tranquille.

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