Regions Bruxelles

Des étudiants de l'Institut Lallemand à Bruxelles dénoncent leurs conditions d'études

Des étudiants de l'Institut Lallemand mécontents de leurs conditions d'études

© Tous droits réservés

25 sept. 2020 à 12:43Temps de lecture3 min
Par Philippe Carlot

Ils étudient en cours du soir pour devenir éducateurs spécialisés ou bibliothécaire-documentaliste. Ils sont inscrits à l'Institut Lallemand, une école de promotion sociale établie dans le centre de Bruxelles. Et ils ne sont pas du tout satisfaits de la manière dont les cours sont organisés depuis la rentrée de septembre.

Locaux inadaptés, non respect des gestes barrières

Si certains cours se tiennent au siège de l'Institut, rue du Meiboom, d'autres se déroulent en dehors, comme au Sacré-Coeur de Lindthout à Woluwe-Saint-Lambert, près de Montgomery. Dans le vaste amphithéâtre, le respect de la distanciation physique ne pose aucun problème.

Mais, explique cette étudiante, l'endroit n'est guère adapté à l'enseignement : "Nous ne sommes pas dans de bonnes conditions pour pouvoir étudier, pour pouvoir prendre note, pouvoir écouter ce que les professeurs ont à nous enseigner. Du coup, c'est assez compliqué pour nous, étudiants, de pouvoir suivre le cours. Ce qui ne va pas? Nous sommes dans une salle de théâtre donc nous n'avons pas de bancs adaptés, nous n'avons pas de chaises adaptées, les lumières ne sont pas adaptées non plus. C'est assez compliqué". 

Des locaux surpeuplés

Un autre étudiant pointe du doigt la promiscuité régnant dans l'auditoire utilisé pour les cours du lundi soir à l'Institut Lallemand. "Nous sommes une centaine à suivre un cours de deux heures, l'un contre l'autre, agglutinés. Les normes sanitaires ne sont pas du tout respectées. Il y a aussi des retardataires qui arrivent alors qu'il n'y a plus de place. Donc on rajoute des bancs. Ce qui fait qu'on est assez stressés par rapport à cette situation."

En outre, poursuit cet étudiant de première année, tout le monde ne porte pas son masque. "Le port du masque est obligatoire seulement pour un cours, mais pas pour l'autre qui se donne dans la foulée et tous les élèves ne sont pas ok pour le porter."

Quant aux enseignants, ajoute notre témoin, ils ne sont guère enclins à rappeler aux élèves l'obligation de porter le masque. 

La direction réagit

Le directeur de l'Institut Lallemand, Muharem Emini, nous a fait part de sa réaction par mail. En voici le contenu : "En tant que directeur, je suis très à l’écoute des questionnements de nos étudiants. J’ai donc eu vent de l’inconfort ressenti par certains d’entre-eux en lien aux aménagements mis en place pour faire face à notre mission dans le contexte du COVID.

Nous avons pris toutes les mesures légales et nous les avons poussées au point que le maximum d’activités en présentiel puisse être mené pour les étudiants de première et de troisième année conformément à la demande du Cabinet de l’enseignement de promotion sociale.

Je peux donc affirmer que toutes les conditions nécessaires sont respectées tant sur l’hygiène que sur les distances sociales. Pour éviter la sur-occupation du bâtiment nous avons même loué une autre structure très ouverte et spacieuse en dehors du site pour éviter de trop fortes concentrations et nous courons de toutes parts afin de mettre les étudiants et les professeurs dans les meilleures conditions de travail.

En raison du caractère évolutif de la situation sanitaire, certaines circulaires indiquant les modalités de fonctionnement sont arrivées à la rentrée, ce qui ne nous a, forcément, pas permis d’avertir les étudiants avec beaucoup d’avance, voire même a nécessité de corriger des indications données pendant l’été aux premiers étudiants inscrits.

Nous avons été très scrupuleux et exigeants sur les conditions sanitaires et précautionneux sur les commodités d’accès pour la sélection du site extérieur qui est atteignable par 14 lignes de transport public.

Il est probable que le changement ait pu perturber l’un ou l’autre étudiant et nous le regrettons. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le COVID a bouleversé nombre de nos habitudes et que, de fait, il atteint aussi le fonctionnement des écoles.

Toutefois, je suis certain qu’en y mettant toutes et tous notre bonne volonté et en faisant œuvre de pédagogie, tout le monde comprendra l’intérêt individuel et collectif de ces aménagements."

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous