Santé & Bien-être

Des gènes "zombie" se réveillent dans votre cerveau après la mort

Des gènes "zombie" se réveillent dans votre cerveau après la mort

Décidément, le cerveau nous réserve encore bien des surprises. Après avoir découvert que le cycle menstruel modifie le cerveau des femmes ou encore que la solitude peut avoir un impact sur le cerveau et créer de nouvelles connexions, voici que les zombies envahissent le tableau. Mais tout cela est bien sérieux.

L’étude, publiée dans la revue Scientific Report, explique que les chercheurs ont observé que les cellules gliales se développent et poussent de longs appendices en forme de bras jusqu’à 24 heures après la mort, avec un pic d’activité à 12 heures.

La circulation sanguine n’irrigue plus le cerveau après que le cœur se soit arrêté. Sans oxygène, les neurones meurent et le cerveau cesse de montrer une activité électrique après quelques minutes, comme l’explique neurosciencenews. Un mécanisme qui a d’ailleurs donné sa définition à la mort puisque, comme l’OMS l’explique : la mort est la disparition irréversible de l’activité cérébrale. Ou du moins, c’est ce que l’on pensait… Une définition qu’il va donc falloir revoir puisque l’on sait maintenant que ce n’est pas le cas.

Mais pourquoi cette activité cérébrale post-mortem ?

Si cela vous paraît incroyable, les scientifiques n’en sont pas autant étonnés. Tout d’abord, ce phénomène a déjà été observé sur des animaux en laboratoire (comme la souris et le poisson-zèbre).

Ensuite, le phénomène en lui-même peut être expliqué : "Le fait que les cellules gliales s’agrandissent après la mort n’est pas trop surprenant étant donné qu’elles sont inflammatoires et que leur travail consiste à nettoyer les choses après des lésions cérébrales comme la privation d’oxygène ou un accident vasculaire cérébral", explique à ScienceDaily le Dr Jeffrey Loeb, auteur correspondant sur l’article.

Enfin, les scientifiques expliquent dans leur article que l’organisme est leurré et tente de revenir à un état précédant (la vie) en mettant en place ces gènes nettoyeurs.

Quelles implications ces gènes zombies ont-ils ?

Si l’on n’en est pas encore à faire revivre des êtres humains décédés, ces découvertes seront nécessaires pour interpréter la recherche sur les tissus cérébraux humains qui ne prennent pas en compte l’activité repérée.


Lire aussi : Des chercheurs parviennent à "ressusciter" les cellules du cerveau de cochons morts


"Nos résultats ne signifient pas que nous devrions abandonner les programmes de recherche sur les tissus humains, cela signifie simplement que les chercheurs doivent prendre en compte ces changements génétiques et cellulaires et réduire autant que possible l’intervalle post-mortem pour en réduire l’ampleur", continue d’expliquer Loeb.

Les recherches sur les cerveaux récemment décédés sont particulièrement utiles pour la compréhension de maladie comme Alzeihmer ou encore de trouble du neuro-développement comme l'autisme. "La bonne nouvelle de nos découvertes est que nous savons maintenant quels gènes et quels types de cellules sont stables, lesquels se dégradent et lesquels augmentent avec le temps, de sorte que les résultats des études cérébrales post-mortem peuvent être mieux compris."

Des cerveaux de cochons réanimés après leur mort

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