RTBFPasser au contenu
Rechercher

Des hamsters pour tester les nouveaux médicaments contre le coronavirus

Les hamster ont un récepteur au virus proche de celui de l'homme.

Il n’existe pour l’instant ni vaccin, ni traitement contre le coronavirus. Mais depuis le début de l’épidémie, la recherche s’accélère. Transferts de plasma, administration de médicaments immunosuppresseurs… Des chercheurs de la faculté vétérinaire de l’Université de Liège proposent de tester les nouvelles molécules sur des hamsters.

Depuis le début de cette pandémie, la faculté vétérinaire de Liège a tissé des liens étroits avec le CHU. Les vétérinaires s’affairent aujourd’hui à trouver un modèle animal : c’est-à-dire à trouver un animal qui aurait une réaction similaire à celle de l’Homme face au virus, afin de procéder à des expérimentations.

Le récepteur que le virus utilise chez l’Homme est assez similaire à celui du hamster.

Après quelques tâtonnements, c’est vers le hamster que se sont tourné les vétérinaires liégeois. " Très rapidement il est apparu que le récepteur que le virus que le virus utilise dans les poumons et les voies respiratoire, chez l’homme est assez similaire à celui du hamster ", précise Daniel Desmecht qui pilote ces recherches.

Le virus a été récupéré sur un écouvillon fourni par le service des soins intensifs du CHU, un échantillon prélevé sur l’un des premiers malades graves admis à l’hôpital. " On dépose quelques gouttelettes d’un liquide contenant le virus sur les narines du hamster. Cela prend une quinzaine de secondes seulement ", explique le vétérinaire.

L’intuition des chercheurs s’est révélée exacte : les hamsters développent bien des symptômes du coronavirus. " Ils ont de la fièvre, ils arrêtent de manger, ils s’endorment pendant un certain temps et font une maladie respiratoire typique. Chez le hamster, cette maladie dure 6 ou 7 jours, après quoi il guérit en 48 heures et reprend son poids en quelques jours. "

Le modèle ne permettra pas de tester des médicaments visant à soigner des formes graves de la maladie.

La maladie reste donc relativement bénigne chez le hamster par rapport aux formes grave développées par certains Hommes. " C’est clairement une limite. Le modèle ne permettra pas de tester des médicaments visant à soigner des formes graves de la maladie", admet Daniel Desmecht.

Le Pr Daniel Desmecht, de la faculté vétérinaire de l'ULiège, pilote cette recherche sur un "modèle animal".
Le Pr Daniel Desmecht, de la faculté vétérinaire de l'ULiège, pilote cette recherche sur un "modèle animal". RTBF

D’autres pistes sont donc explorées pour ces cas de figure. " On cherche à générer un modèle un peu plus sévère. Une possibilité serait d’habituer le virus à une autre espèce comme la souris ou de voir si, après passage répété chez le hamster, le virus pourrait devenir plus virulent pour cette espèce. "

Les hamsters seront néanmoins utilisés pour expérimenter certaines molécules prometteuses. " De nouvelles options thérapeutiques naissent pratiquement tous les jours. Toutes les idées neuves sont bonnes à prendre, d’où l’importance de ce modèle animal. "

Mais avant d’être utilisées sur des animaux, les molécules candidates seront testées in vitro, c’est-à-dire sur " un tapis " de cellules, enfermées dans une boîte.

Articles recommandés pour vous