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Justice

Des peines de 2 à 20 mois de prison requises à l'encontre d'agents pénitentiaires de Forest

13 mai 2022 à 16:10Temps de lecture2 min
Par RTBF Info avec Belga

L'avocat général a requis, vendredi après-midi, devant la cour d'appel de Bruxelles, des peines de 2 à 20 mois de prison à l'encontre d'agents pénitentiaires et d'une directrice de la prison de Forest, prévenus pour des faits de violence physique et morale à l'encontre de détenus, entre 2014 et 2015. Le magistrat a demandé, pour certains, un sursis partiel; pour d'autres, un sursis total.

L'avocat général a requis une aggravation de certaines peines prononcées par le premier juge, et la confirmation du jugement pour d'autres prévenus. Il a ainsi requis la confirmation d'une peine de 20 mois de prison à l'encontre d'un agent pénitentiaire, mais en s'opposant au sursis qui lui avait été accordé. Il a également requis des peines de 18 mois de prison à l'encontre de trois autres, avec sursis pour les deux tiers seulement, et des peines de 15 mois de prison à l'encontre de deux autres prévenus, avec un même sursis partiel.

Le magistrat a poursuivi en requérant une peine de 10 mois et une peine de neuf mois de prison, avec sursis total, à l'encontre de deux autres agents encore, des peines de six mois de prison avec sursis total à l'encontre de quatre autres et enfin des peines de deux mois de prison avec sursis total pour les deux derniers.

Quant à la directrice, poursuivie pour avoir ordonné une mise à l'isolement d'un détenu souffrant de graves troubles psychiques, le ministère public a requis une peine de six mois de prison avec sursis total. Il a estimé que la suspension du prononcé, qui avait été accordée en première instance, ne sanctionnait pas suffisamment les faits.

Quatorze gardiens de la prison de Forest comparaissent devant la cour d'appel de Bruxelles pour répondre de faits de violence physique et morale grave à l'encontre de détenus, entre 2014 et 2015. Les faits ont été commis dans l'aile D de la prison, et dans l'annexe psychiatrique. La situation dans cet établissement pénitentiaire était alors extrêmement problématique, en raison d'une surpopulation carcérale, d'un manque de personnel et d'une infrastructure vétuste.

Il est question d'expéditions punitives qui étaient menées le soir, particulièrement auprès de détenus fragiles et isolés. Plusieurs agents auraient considéré comme un jeu le fait d'insulter, d'humilier ou de provoquer des détenus, pour que ceux-ci soient poussés à bout et se montrent agressifs, amenant alors les gardiens à les conduire au "cachot", la cellule d'isolement. Les auteurs auraient ensuite dressé de faux rapports disciplinaires pour justifier l'usage de la force.

Une attachée directeur de la prison est également poursuivie dans ce procès, non pas pour avoir directement exercé un traitement dégradant à l'encontre de détenus, mais pour avoir pris la décision de placer à l'isolement l'un de ces détenus martyrisés par les gardiens.

En première instance, en mars 2019, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait établi la plupart des faits dénoncés et avait prononcé des peines entre deux et 20 mois de prison, toutes avec sursis, à l'encontre de quatorze agents sur vingt-deux. Un appel a ensuite été formé du côté du ministère public comme de la défense.

Les agents qui comparaissent actuellement devant la cour contestent avoir abusé de leur autorité auprès de détenus pour s'en prendre à eux par plaisir. Certains ont aussi déploré avoir été qualifiés de racistes par des témoins. La parole sera donnée à leurs avocats dès mercredi pour leur défense.

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