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Des pièges à pucerons comme alternative aux pesticides

Des pièges à pucerons comme alternative aux pesticides
15 janv. 2022 à 16:33 - mise à jour 16 janv. 2022 à 11:411 min
Par V.Fouya ; B.Carlier

Depuis 2018 , L'Europe interdit l'utilisation de certains néonicotinoïdes en raison de leurs effets délétères sur l'environnement. On sait pertinemment que ces pesticides contribuent à la disparition des populations d'abeilles. Un peu partout en Europe, on fait le même constat : les abeilles disparaissent sensiblement et elles constituent  un marqueur important de notre biodiversité.

Cette vérité se heurte néanmoins à la réalité du terrain, telle que la vivent les agriculteurs :  législation ou pas, ils n'ont pas encore à leur disposition d'alternative réellement satisfaisante . Dans la famille Jonckheere par exemple, on cultive la betterave depuis des générations et on recourt aux néonicotinoïdes. "On les utilise pour combattre les maladies transmises par certains insectes. Le puceron est un petit insecte qui, pour se nourrir, pique la betterave et prélève un peu de sève. Le problème, c’est que certains de ces pucerons sont porteurs de virus qui occasionnent des pertes de rendement : la racine de la betterave reste naine. Si on laisse un champ sans protection et qu’on a une année avec énormément de pucerons porteurs du virus, on peut avoir des pertes de 30 à 50%."  

Devant l'absence d'alternative convaincante , des dérogations ont donc été accordées aux agriculteurs depuis deux ans et en Wallonie, ce sera encore le cas en 2022 , notamment pour les champs de betterave. 

Protéger la betterave

C'est dans ce contexte que s'inscrivent les travaux de l'Agro-Bio Tech de Gembloux . Pour éviter que les betteraves ne soient décimées par des cohortes de pucerons, les chercheurs ont eu l'idée de créer des pièges. Ils envisagent de les attirer avec certaines molécules, à proximité des cultures, puis de les attraper dans des pièges collants. Le travail de recherche ne s'arrête pas là. Il faudra ensuite identifier la variété de betterave la plus résistante et développer un champignon capable de neutraliser la maladie . Bref , il y en a encore pour deux ou trois ans de travail.  L'enjeu est important, la Fédération wallonne du secteur espère bien pouvoir déployer cette solution mais les chercheurs concèdent que si leurs recherches aboutissent , elles généreront  probablement davantage de travail pour les agriculteurs.

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