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Des scientifiques ont ressuscité 13 virus zombie trouvés dans le permafrost sibérien

© Getty Images

Une équipe de l’Université d’Aix-Marseille (France) a ressuscité 13 virus remontant jusqu’à 48.500 ans pour étudier leurs origines.

Si certains y voient le début d’un film catastrophes, d’autres félicitent la prouesse scientifique. Comme l’explique un article d’IFLScience, les virus "ont été trouvés dans cinq clades différents à partir d’échantillons prélevés dans l’Extrême-Orient russe glacé." Jean-Michel Claverie, professeur de génomique et de bio-informatique à la faculté de médecine d’Aix-Marseille Université, a déclaré à New Scientist : "48.500 ans est un nouveau record" puisque son équipe avait déjà réalisé cette prouesse mais sur des échantillons de 30.000 ans.

C'est au total une vingtaine de germes qui ont été découverts, seulement 13 ont réussi a être "ressuscités". Les scientifiques les ont rebaptisés "virus zombies" : " Une partie de la matière organique est constituée de cellules ressuscitées telles que les procaryotes et les eucaryotes unicellulaires, ainsi que de virus restés en sommeil depuis la Préhistoire ", écrivent-ils dans un article publié sur BioRxiv relayé par Bloomberg.

Trois des 13 virus ont été trouvés dans un morceau de caca de mammouth laineux vieux de 27.000 ans ce qui a influencé leurs noms : mammouth Pithovirus, mammouth Pandoravirus et mammouth Megavirus. Si ces virus n’attaquaient que les amibes à l’époque, les chercheurs ont découvert qu’ils avaient le "potentiel d’être des agents pathogènes infectieux" (vous voyez venir le scénario du film catastrophe ?), expliquent-ils dans leur étude publiée.

Le corps d’un bébé mammouth congelé qui a été enterré dans le permafrost, en Sibérie pendant 40.000 ans – 2012
Le corps d’un bébé mammouth congelé qui a été enterré dans le permafrost, en Sibérie pendant 40.000 ans – 2012 © Getty Images

"Comme malheureusement bien documenté par les pandémies récentes (et en cours), chaque nouveau virus, même lié à des familles connues, nécessite presque toujours le développement de réponses médicales très spécifiques, telles que de nouveaux antiviraux ou vaccins", poursuivent-ils. "Il n’y a pas d’équivalent aux 'antibiotiques à large spectre' contre les virus, en raison du manque de processus pharmacologiques universellement conservés dans les différentes familles virales.

"Il est donc légitime de s’interroger sur le risque que des particules virales anciennes restent infectieuses et se remettent en circulation par le dégel d’anciennes couches de permafrost."

Leur étude conclut qu’il faudrait beaucoup plus de recherches sur les "virus infectant les eucaryotes". En effet, la communauté scientifique craint que si le changement climatique continue, les virus qui ont été enfermés dans des glaciers ou dans le permafrost sibérien pourraient se réveiller naturellement…

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