On n'est pas des pigeons

Des sinistrés des inondations aux prises avec un entrepreneur douteux

Inondations: entrepreneur arnaqueur

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Ils sont trois dans la même rue à Tilff, en région liégeoise. Lors de la reconstruction de leur maison, ils estiment être victimes d’escroquerie d’un entrepreneur. " On n’est pas des pigeons " a enquêté.

Les témoignages sont édifiants 

Ladder, construction materials during disassembling floors and walls.
Ladder, construction materials during disassembling floors and walls. © Tous droits réservés

Je ne pouvais pas m’imaginer qu’il puisse envisager d’escroquer des sinistrés. 

Le pire, c’est cette histoire avec l’entrepreneur. C’est ça qui m’a traumatisée. J’en ai fait des cauchemars, j’en fais toujours ", dit Anne Lorenzi. Cathy Philippin ajoute : " Je ne pouvais pas m’imaginer qu’il puisse envisager d’escroquer des sinistrés ". Et pour Jean-Marc Zanette : " Dire qu’on vient et qu’on ne vient pas et " faire le mort ", pour moi, c’est vraiment de l’escroquerie ".

Des acomptes jusqu'à 12.500 euros

L’histoire commence quelques semaines après les inondations de juillet dernier. 

La stabilité du bâtiment est compromise.

Anne Lorenzi engage les services de la société " Antoine Construct ", de Gozée, près de Charleroi. L’affaire commence mal : " L'entrepreneur a laissé la maison dans un état absolument incroyable. Tout ce qu’il a fait, c’est mettre trois-quarts du carrelage sans mettre des joints. Il a aussi placé une poutrelle. Mais il a fait cela très mal, ce qui fait que la stabilité du bâtiment est compromise. J’ai payé un acompte de 7.000 euros ". 

Mais depuis, plus personne !

Un peu plus loin, Cathy Philippin a payé à la même société un acompte de 12.500 euros. " Les travaux ne sont pas terminés", précise Cathy Philippin, "ils sont venus déplafonner tout début septembre. Ensuite, ils sont revenus au mois d’octobre pour commencer à remonter le mur en blocs ytong du côté de la cuisine . Mais depuis, plus personne ! ".

Il avait pris 750 euros de frais pour rupture de contrat.

Jean-Marc Zanette lui, l’a échappé belle. Il a versé un acompte de 10.000 euros. " J’ai surtout eu beaucoup de chance, dit-il, parce que j’ai rompu le contrat avant qu’il ne commence réellement des travaux ". Pourtant l’entrepreneur a conservé de l’argent. Jean-Marc Zanette précise : " Il a envoyé un message en disant qu’il m’avait remboursé, que je pouvais contacter mon assurance, mais qu’il avait pris 750 euros de frais pour rupture de contrat ".

Rester anonyme

Aujourd’hui, Jean-Marc Zanette veut récupérer son argent … Anne et Cathy ont, de leur côté, réclamé le remboursement de leur acompte.

Je réponds aux mails quand j’ai le temps.

Nous avons retrouvé la société " Antoine Construct ". En fait, aujourd’hui elle s’appelle " VerandAluver ". Elle est basée à Gosselies. Son patron nous a accordé une interview, mais il a demandé à rester anonyme. Ses clients que nous avons rencontrés se plaignent de la difficulté de le contacter. A cela, il répond : " Ecoutez, j’ai des machines qui tournent, vous avez entendu le compresseur. J’ai trois compresseurs. Et une fois que les machines tournent, j’entends rien ! ". Assez surprenant pour un chef d’entreprise qui doit aussi avoir une adresse mail, non ? Sa réponse : " Oui, je réponds aux mails quand j’ai le temps ".

Pas de remboursements !

Nous lui parlons des plaintes de ses clients de Tilff. Remboursera-t-il l’acompte de 7.000 euros d’Anne Lorenzi ? " Non ! Parce que nous avons effectué des travaux chez elle et qu’il y a encore un chassis en aluminium en commande ".

Par ailleurs, Jean-Marc Zanette récupérera-t-il les 750 euros ? Non ! Parce que c’est marqué dans les conditions générales de vente et encore, dans les conditions générales de vente, on peut prendre plus ".

Menacée si elle parle aux médias

Pourtant, après notre passage dans sa société, il rembourse une partie de l’acompte à Cathy Philippin. Il la menace néanmoins d’une action en justice si elle parle aux médias. Face aux accusations d’escroquerie, il se défend : "Je ne suis pas un escroc, si des gens me demandent de rembourser, je rembourse. Maintenant s’il y a des gens chez qui on a fait une partie des travaux, je déduis, c’est tout ".

Difficile à croire: le temps du reportage, nous avons trouvé huit personnes encore en litige avec l’ex-société " Antoine Construct ", de Tilff à Quevaucamps, pour des sommes allant de 750 euros à 100.000 euros. Par ailleurs, tous les avis négatifs concernant cette société du genre " mes appels sont restés lettre morte " ou " Une fois l’acompte est versé, vous être foutus ! " ou encore FUYEZ !!! FUYEZ !!! FUYEZ !!! ", tous ces avis ont, comme par hasard, disparu du guide des entreprises belges de maçonnnerie.site.

Un "truc" Pigeons

Wooden planks and construction equipment at site
Wooden planks and construction equipment at site © Tous droits réservés

Attention donc : avant de verser un acompte, avant de faire réaliser des travaux chez vous, renseignez-vous bien sur le professionnel que vous engagez ! Pour cela un " truc Pigeons ", consultez cette brochure avant de vous engager. 


Retrouvez "On n'est pas des pigeons" en replay sur Auvio.

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